L’actuel diocèse de Gap correspond au département des Hautes-Alpes. Il regroupe la plupart des territoires qui, jusqu’en 1801, ont appartenu à deux diocèses différents : celui d’Embrun et celui de Gap.
I - Le diocèse d’Embrun (363 - 1801)
L’évangélisation de la partie Nord de l’actuel diocèse de Gap fut faite par saint Marcellin et ses compagnons, Vincent et Domnin. Ils furent
envoyés comme missionnaires depuis le Piémont par saint Eusèbe de Verceil. Saint Marcellin fut sacré premier évêque d’Embrun en 363. Il est le patron secondaire de notre diocèse. Le Concile de
Nicée avait posé comme règle : un évêque par « cité » et un métropolitain par « province ». Devenue l’une des 21 métropoles de l’Empire sous Charlemagne, Embrun se trouve métropolitain des
diocèses de Digne, Grasse, Vence, Senez, Glandève et Nice, c’est-à-dire des diocèses montagneux à l’est de la Durance.
Au Moyen Age sous l’influence des monastères, la vie religieuse se développe. Après la fondation par saint
Eldrade en 860 d’un prieuré dépendant de la Novalaise à Monétier les Bains, ce sera la fondation de Notre-Dame de Boscodon en 1132, filiale de l’Ordre de Chalais en Chartreuse qui deviendra
autonome en 1303 et durera jusqu’à la Révolution Française.
De 1170 à 1225, construction de la Cathédrale d’Embrun, joyau de l’art roman, avec ses pierres bicolores et ses
lions, signes de l’influence lombarde. Au XIIIe siècle, un prieuré franciscain s’ouvre à Briançon. Les Dominicains en ouvrent un en 1226. Et à Monêtier, des cisterciens relèvent le prieuré ruiné
des moines de la Novalaise. A partir de 1349, date où le Dauphiné passe à la couronne de France, les rois vont manifester une dévotion particulière à Notre-Dame d’Embrun, sous le vocable de
Notre-Dame du Réal. On note que l’archevêque Jacques Gelu, son contemporain, fut un vaillant défenseur de Jeanne d’Arc et de sa mission. Au XVIe siècle, ce diocèse fut très meurtri par les débats
et les violences de la Réforme : surtout à Briançon, en Vallouise et au Queyras, sans oublier la vallée de Freissinières où, au siècle précédent, s’étaient réfugiés les disciples de Pierre Valdo,
les « vaudois ». A la suite de l’Edit de Nantes de 1598, des temples sont construits partout, et une cohabitation, même si elle est difficile, s’établit. Cet apaisement fut ruiné en 1685, à la
révocation : les temples furent rasés, et les huguenots pourchassés s’ils ne se ralliaient pas au catholicisme; beaucoup fuirent vers le Piémont et l’Allemagne.
Dès 1583, les jésuites avaient tenté d’ouvrir un collège à Embrun, ils peuvent le faire en 1606. Ce collège aura
un rayonnement considérable, même au delà de 1764, où il passera aux mains du diocèse, l’Ordre des jésuites ayant été interdit à cette date par le roi. A la fin du XVIIe siècle, l’archevêque
Charles de Genlis eut la tâche délicate de discerner, puis de reconnaître, avec difficulté à cause d’influences jansénistes, l’authenticité des apparitions de la Vierge Marie à Benoîte Rencurel,
au hameau du Laus. Cette sainte fille, éduquée et guidée par Marie, resta de 1664 à sa mort en 1718 au service de la miséricorde de Dieu et de la conversion des pécheurs. Ce fut l’origine du
sanctuaire et du pèlerinage de Notre-Dame du Laus, refuge des pécheurs, dont le rayonnement reste considérable aujourd’hui.
En 1727, l’archevêque Pierre de Tencin convoque à Embrun un Concile régional visant à
stopper l’expansion janséniste. L’évêque de Senez y fut sanctionné. Les grilles du sanctuaire de la cathédrale, mises à cette occasion, en sont encore le témoin... Le dernier archevêque d’Embrun,
Pierre-Louis de Leyssin, fuyant la Révolution, se réfugia en Allemagne où il mourut en 1802. Ce diocèse a disparu. Il n’a pas été rétabli.
2. Le diocèse de Gap jusqu’en 1801
Gap étant situé sur la voie romaine ouverte par Cottius, la pénétration de l’Evangile dans le Sud du diocèse actuel depuis la Provence en fut
facilitée. La première mention d’un évêque propre à la ville de Gap, du nom de Constantin, apparait dans le martyrologe hiérominien, qui date sa sépulture en 456. L’évêque saint Arey (+ vers 610)
marque la vie du diocèse : il organise les paroisses, établit une maison épiscopale qui sert de lieu de formation. Le pape saint Grégoire, son ami, lui recommande, lorsqu’ils passeront à Gap, les
moines qu’il envoie de Rome à Cantorbery...
Après les invasions sarrazines qui remonteront jusqu’à Gap (pillage de Romette en 903) la période du Moyen Age
fut difficile. Au XIe siècle, deux évêques en illustrent les contradictions. L’évêque Ripert, simoniaque et violent, fut déposé par le pape Alexandre II. Il est alors remplacé par l’évêque
Arnoux, originaire de Vendôme. De 1062 à 1078, Arnoux va avec courage déraciner les abus, rétablir justice et dignité, aussi bien chez les clercs que chez les laïcs. C’est Saint Arnoux, qui est
aujourd’hui le patron principal du diocèse. Au XIIe siècle, le diocèse s’est beaucoup agrandi. Il comprend alors quatre secteurs appelés archiprêtrés : celui du Gapençais, celui du Champsaur
(plus le Dévoluy), celui du Rosanais (jusqu’au Ventoux) et celui de l’Outre-Durance (bords de la Durance jusqu’à la Bléone). Au XIIIe, du vivant de saint François d’Assise, un couvent de son
Ordre (surnommé Cordeliers) s’établit à Gap en 1220. Les dominicains viendront en 1320...
Au XVIe siècle, les troubles et violences de la Réforme furent considérables dans ce diocèse aussi : dans le Champsaur, où Jacques de Bonne, duc de Lesdiguières, passé à la Réforme, va devenir le chef des protestants de tout le
Dauphiné; dans le Gapençais, où Furmeyer brûle la ville en 1562, et ce sera un prédicant gapençais, Guillaume Farel, qui introduira Jean Calvin à Genève, à Orpierre, qui sert de refuge aux
huguenots. En 1686, le diocèse est à nouveau subdivisé, en 18 archiprêtrés; les paroisses se sont multipliées : de 192 en 1516, date du concordat de François 1er, elles ont passé à 230 à la
veille de la Révolution. Au cours de cette période, on note le très pastoral gouvernement de Mgr François de Malissoles, évêque de Gap de 1706 à 1738, surnommé « le saint des Alpes ». Son
mandement de 1717, qui fit date, fut une excellente mise au point sur l’erreur janséniste.
Le dernier évêque de l’Ancien Régime, Mgr de la Broue de Vareilles, partit en exil. Il y mourut, sans avoir
accepté de donner sa démission au pape en 1801... La Constituante supprima l’évêché de Gap en 1790, et le rattacha à celui d’Embrun. Elle nomma un évêque constitutionnel pour le nouveau
département, Ignace de Cazeneuve. André Garnier, d’Avançon, qui lui succéda, donna sa démission en 1801.
3. Le diocèse de Gap aux XIXe et XXe siècles
Le Concordat de 1801 supprime les deux diocèses d’Embrun et de Gap, et place leurs territoires sous la responsabilité de l’Evêque de Digne, Mgr
Dessoles, puis du célèbre Mgr de Miollis. Le nouveau concordat de 1817, effectif en 1822, rétablit le diocèse de Gap , dans les limites actuelles du département des Hautes-Alpes. Le XIXe siècle,
de Mgr Arbaud à Mgr Berthet, compte dix évêques. Plusieurs Congrégations sont autorisées : en 1841, les Sœurs de la Providence, en 1853, les Sœurs de Saint-Joseph et les Sœurs du Saint-Cœur de
Marie. Mgr Depéry (1844-1861) valorise le patrimoine religieux et spirituel, et rédige des travaux sur Benoîte du Laus et sur Amélie de Vitrolles (1797-1829). Tandis que l’exode rural affaiblit
la population, un essor missionnaire est très actif : de nombreux jeunes haut-alpins partent comme prêtres missionnaires en Amérique (Mexique, Canada, U.S.A., …), en Asie avec les Missions
Etrangères de Paris (MEP), en Océanie, … Parmi eux, saint Jacques Chastan (1803 -1839), né à Marcoux, formé au Séminaire d’Embrun, prêtre M.E.P., martyr en Corée, canonisé en 1984. Né en 1801 à
La Motte-en- Champsaur, Jean-Hippolyte Gondre, instituteur, devient Frère Polycarpe, second fondateur des Frères du Sacré-Cœur. Décédé près du Puy-en-Velay en 1859, il est déclaré Vénérable en
1984. Originaire de La Mure, mariste devenu fondateur des Pères du Saint-Sacrement, Saint Pierre-Julien Eymard (1811 - 1868) aimait se faire pèlerin de Notre-Dame du Laus. Benoîte Rencurel, en
1872, est proclamée “Vénérable servante de Dieu”. A Gap, la nouvelle cathédrale est inaugurée en 1895.
Le XXe siècle compte également dix évêques. Les deux évêques d’origine hautalpine, Mgr Berthet et Mgr Bonnabel,
totalisent, à eux seuls, 43 années d’épiscopat. Mgr Saliège (1925 -1928) devient cardinal à Toulouse et Mgr Coffy (1967 -1974) cardinal de Marseille. Les constructions se succèdent : Petit
Séminaire de Charance (1924), Maîtrise de Notre-Dame du Laus (1932), Grand Séminaire (1932). L’appel pour les vocations sacerdotales est intensifié avec Mgr Pic et Mgr Bonnabel. L’ouverture
œcuménique est initiée par le Père de Peretti, du Grand Séminaire, les pasteurs Gaillard et Morel, et des laïcs : Antoinette Davin, Yvonne Widmann (E.R.F.), Marcelle Drouin. L’Action Catholique
de la Jeunesse connaît un essor remarquable : JAC, JOC, JEC, ainsi que les patronages paroissiaux et le scoutisme. Le rayonnement de Notre-Dame du Laus s’élargit : aménagements avec le Père
Verney, pèlerinages, rassemblements de jeunes, congrès (Paroisse Universitaire, …), travaux historiques sur Benoîte par le Père de Labriolle, puis par le Père Combal.
En 1957, le Grand Séminaire est regroupé avec celui d’Aix. Le noviciat des Pères Blancs s’établit à Chabanas, jusqu’en 1971. Mgr Jacquot participe au Concile et s’emploie à en faire vivre les
fruits spirituels, liturgiques et apostoliques. La collaboration prêtres et laïcs se concrétise : animation des enfants (catéchèse, …), mouvements de jeunes et d’adultes, pastorale des réalités
du tourisme et des loisirs, journal “Semaine Hautes-Alpes”, création de paroisses à Gap (Saint-Roch et Notre-Dame d’Espérance) et du Centre Œcuménique de Vars. En 1972, début de la restauration
de l’abbaye de Boscodon. Aux années 1975, début des groupes de prière de renouveau charismatique. 1982, à Briançon, ordination du premier diacre permanent. 1997, création de la radio diocésaine
R.C.F.
Evêque depuis 1988, Mgr Georges Lagrange, suite à la visite canonique de 1999, relance les conseils (presbytéral, pastoral, …). Il définit trois archiprêtrés, accompagnés chacun par un vicaire
épiscopal : saint-Marcellin (Nord), saint-Arey (Sud), et saint-Arnoux (Centre). Lors du Grand Jubilé de l’an 2000, il préside les rassemblements dans les cinq églises jubilaires : cathédrale de
Gap, basilique de Notre-Dame du Laus, cathédrale d’Embrun, collégiale de Briançon, église de Lagrand. Là et en d’autres occasions, le Jubilé donne lieu à diverses célébrations et animations avec
les enfants, les jeunes (J.M.J. à Rome) et avec l’ensemble des fidèles haut-alpins.
4. En avançant dans le IIIe millénaire
‘Je désire que, dans notre diocèse de Gap , le grand Jubilé de l’an 2000 soit le départ d’une nouvelle évangélisation’. Pour le Carême du Jubilé, Mgr
G. Lagrange promulgue ainsi une Lettre pastorale intitulée ‘Pour une nouvelle évangélisation’ (mars 2000). Trois causes de béatification sont en
cours : pour Benoîte Rencurel, la bergère du Laus (1647-1718); Jean-Hippolyte Gondre (1801-1859), de la Motte en Champsaur, instituteur devenu Frère Polycarpe chez les Frères du Sacré-Cœur ; le
Père Jean-Martin Eyraud (1880-1968), du Glaizil, devenu curé aux U.S.A., en Louisiane. La cause de Benoîte est soutenue par le diocèse de Gap ; la cause de Frère Polycarpe par les Frères du
Sacré-Coeur qui le reconnaissent comme leur second fondateur; la cause du Père Eyraud, par le diocèse de Louisiane. Avec bien d’autres, ce sont trois visages de sainteté qui rayonnent, chez nous
et au-delà, de manière complémentaire: l’Evangile de la Miséricorde de Dieu avec Benoîte, l’Evangile de l’éducation des jeunes avec Frère Polycarpe, l’Evangile dans les communautés paroissiales
avec le Père J-M. Eyraud.
Depuis quarante ans (1961), le diocèse de Gap était lié à onze autres diocèses, en ‘Région Apostolique
Provence-Méditerranée’. En référence au Droit Canon de 1983 (c. 431), en déc. 2002, interviennent de nouvelles dispositions de relations interdiocésaines. Le diocèse devient membre de l’une des
quinze ‘Provinces ecclésiastiques’, moins vastes que les Régions Apostoliques et correspondant aux Régions administratives. Notre
Province de Marseille, correspond à la Région P.A.C.A. et compte huit diocèses. Alors qu’il y avait trois sièges métropolitains très proches
(Aix, Marseille, Avignon), c’est désormais l’archevêque de Marseille qui assure la responsabilité d’archevêque métropolitain. Cette nouvelle organisation vise à une meilleure collaboration de
proximité, entre diocèses voisins, pour les évêques et les services diocésains.
Sur le plan des vocations, en 2001, deux diacres permanents sont ordonnés, et en 2002, deux prêtres. Dans le domaine de l’oecuménisme, aux années 2001-2003, des relations s’établissent avec des Orthodoxes de Bulgarie par
l’intermédiaire de Mgr Galaktion, métropolite de Stara-Zagora. En 2002, Mgr Galaktion est reçu à Gap, puis une délégation gapençaise avec le Père G. Corpataux se rend en Bulgarie. La perspective
serait de créer un échange assez régulier et fructueux. Des travaux importants sont réalisés, à Gap, au Foyer du Saint-Coeur confié au diocèse par les Soeurs. Fin 2003, la nouvelle Maison
Diocésaine y est établie. Cette Maison Diocésaine, avec un Foyer de prêtres retirés, comprend les locaux administratifs, le Service de Catéchèse et de Formation, et un espace d’accueil.
En février 2003, Monseigneur Georges Lagrange demande un collaborateur. Monseigneur Jean-Michel di Falco, évêque auxiliaire de Paris depuis 1997, est nommé évêque auxiliaire de Monseigneur
Lagrange le 2 septembre 2003. Monseigneur Lagrange fait ses adieux au diocèse le 25 octobre en présence du Cardinal-métropolitain Bernard Panafieu avant de se retirer à la maison de retraite du
diocèse de Belley-Ars. La célébration d’installation de Monseigneur di Falco, nouvel évêque, a lieu le 29 novembre. Il est entouré des cardinaux Bernard Panafieu et Jean-Marie Lustiger , de son
Excellence le Nonce Fortunato Baldelli, et des évêques de la Province ecclésiastique, des personnalités officielles et de nombreux diocésains.
Le rayonnement de Notre-Dame du Laus continue à s’élargir. Pour faire connaître le message du Laus, après les
missions de présentation à Marseille, en Belgique, au Québec, le Recteur du sanctuaire et son équipe se rendent, en 2003, en Pologne. Puis ce sera à Laghet, et en d’autres lieux. Le 3 octobre
2004, la béatification du Père Pierre Vigne est prononcée par Jean-Paul II. Prêtre fondateur des Soeurs du Saint-Sacrement, il est proclamé bienheureux. Il avait noué de solides attaches avec le
diocèse de Gap par ses contacts avec l’évêque de Gap, Mgr Fr-B. de Malissolles, et, aux années 1716-1722 ses missions de prédication chez nous, dans les paroisses de Serres, Neffes, La
Bâtie-Neuve, St-Bonnet, St-Laurent du Cros. Le Bienheureux Pierre Vigne illustre la foi chrétienne en l’Eucharistie. Il est une belle figure de foi en cette année 2005, ‘Année de l’Eucharistie’.
Nous voici devant une page blanche, à écrire ensemble. Comme toutes les pages de l’Histoire : un nouveau chapitre
des Actes des Apôtres. En avançant en ce IIIe millénaire, que l’Esprit Saint, qui a souvent renouvelé la face de notre Eglise au cours des
siècles, continue à nous donner son Souffle, le Souffle de Vatican II. Que nous vivions ainsi ce que le Seigneur attend de nous.
Père Pierre Fournier
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RENSEIGNEMENTS GENERAUX |


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