Premières Journées Cinématographiques "Cinéma et Réconciliation" à Notre-Dame de la Salette

Publié le par VA



POITIER Oct 09 André Ferranti (39)
Le parrain d’honneur des Premières Journées Cinématographiques à Notre-Dame de La Salette est Mgr Jean-Michel di Falco Léandri, Evêque de Gap et d'Embrun et Président du Conseil pour la communication de la Conférence des Evêques de France. Mgr Jean-Michel di Falco Léandri préside également la Commission des Evêques d’Europe pour les médias. Le parrain d'honneur de  cet événement organisé du 29 avril au 2 mai 2010 a bien voulu répondre aux questions posées par le comité d'organisation.
Mgr Jean-Michel di Falco Léandri, vous avez accepté d’être le parrain d’honneur des premières journées cinématographiques « Cinéma et réconciliation » à Notre-Dame de La Salette. Qu’est-ce que le cinéma peut dire de la réconciliation ?

La réconciliation fait partie intégrante des expériences humaines. Le cinéma en tant qu’il interroge l’expérience humaine et qu’il la restitue en la mettant en scène peut donc traiter de la réconciliation. Il peut la présenter avortée ou aboutie, possible ou impossible. Elle peut avoir pour cadre le couple, ou la relation parent-enfant, ou les rapports entre nations, entre religions. Réconciliation d’un couple sur fond de séparation entre pays dans "Est-Ouest", réconciliation par le sport au pays de l’apartheid comme dans "Invictus", réconciliation père-fils comme dans "Le Fils" des frères Dardenne, que sais-je encore. Bref, comme miroir des histoires, le cinéma peut tout dire de la réconciliation. Mais ce qu’il ne peut pas faire, c’est la vivre à notre place…
Mgr di Falco 1(Carte Postale)

Le cinéma peut-il contribuer à la réconciliation, peut-il la mettre en œuvre ? Est-ce son rôle ?

Oui, il peut y contribuer, mais il n’y a rien d’automatique, sinon nous serions des machines ! Croire que l’influence est immédiate serait avoir une vision animaliste de l’être humain. Croire qu’il n’y en a aucune, serait tomber dans l’angélisme.
Au cinéma, on ne voit pas simplement les choses se faire, on s’imagine les faire. Il y a donc bien un phénomène d’identification. Mais entre s’imaginer les faire et les faire, il y a un monde, un espace de travail, celui de notre inconscient, de notre imaginaire, de notre conscience, de notre volonté, de notre liberté ! Il y a donc bien aussi distanciation. Ce n’est pas parce que j’ai vu un meurtre au cinéma que je vais en commettre un à la sortie. Ce n’est pas non plus parce que j’ai vu une réconciliation au cinéma que je vais forcément me rendre chez mon ennemi pour me réconcilier avec lui. Mais je peux être amené à y réfléchir ! Un couple s’est-il réconcilié en regardant "Le Chat" et en se disant : « si on continue ça, comme Gabin et Signoret dans ce film, on va droit dans le mur » ? Peut-être. En tout cas on peut toujours l’espérer.

Est-ce le rôle du cinéma d’œuvrer à la réconciliation ?

Je dirais qu’un film peut profondément interroger les consciences. En regardant "Le vent se lève" ou "Hunger", par exemple, on mesure le chemin parcouru en Irlande du Nord. Mais pourquoi donner au cinéma ce rôle de « réconciliateur » ? ou tout autre rôle d’ailleurs ? On lui en fait jouer beaucoup : cinéma politique, de propagande, de divertissement. Mais dans les faits, un film nous touche lorsqu’il ne joue plus un rôle, lorsqu’il sonne juste, lorsqu’il sonne vrai. Tout comme un acteur ne nous touche que lorsqu’il a si bien épousé son rôle de l’intérieur qu’il est ce qu’il joue.

Merci et à bientôt à La Salette !


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