Ordination de deux diacres pour le diocèse à la cathédrale de Gap

Publié le par Diocèse de Gap et d'Embrun

Dimanche 26 juin, pas de drapeaux en berne dans la cathédrale ! Bien au contraire ! La joie éclate ! La Suisse, la Pologne, le Portugal, Madagascar, le Viet Nam, le Cameroun, le Liban, les Pays-Bas, le Vatican côtoient dans un chatoiement de couleurs l'Europe, la France et la région PACA, pour montrer la diversité de provenance des prêtres et séminaristes du diocèse, et nous inviter à nous en réjouir ! Car Mgr Jean-Michel di Falco Léandri ordonne ce jour-là deux nouveaux diacres, tous deux non originaires du diocèse mais s'orientant vers le presbytérat pour les Hautes-Alpes.


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La cathédrale de Gap, toute drapée
des couleurs des pays
d'où sont originaires les prêtres et séminaristes du diocèse.

 

La célébration de l'ordination était retransmise en direct sur RCF Alpes Provence. Ci-dessous rétrospective en photos et en vidéo de l'événement, ainsi que l'homélie de Mgr Jean-Michel di Falco Léandri :


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Le Père Ludovic Frère,
recteur du sanctuaire Notre-Dame du Laus
et responsable des séminaristes du diocèse,
présente les candidats.

  Eric Blanchard, 37 ans,
et Nelson Da Costa, 31 ans,
s'engagent au célibat
.


Les Soeurs de La Salette
chantent un alléluia malgache
pour la proclamation de l'Evangile.


 

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Prostration des deux ordinands
pendant le chant de la litanie des saints.

 

Chacun des ordinands, ici Nelson,
promet de vivre avec l'évêque et ses successeurs,
"dans le respect et l'obéissance".
Voir à ce sujet l'homélie ci-dessous.

 

 


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  Mgr Jean-Michel di Falco Léandri
impose les mains en silence sur Nelson...
  ... puis sur Eric,
selon la tradition reçue des apôtres.

 

 

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L'évêque prononce la prière consécratoire :

"Envoie sur eux, Seigneur, l’Esprit Saint :
par lui, qu’ils soient fortifiés des sept dons de ta grâce,
pour remplir fidèlement leur ministère."

 

 

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Après que les nouveaux ordonnés
ont revêtu l'étole diaconale et la dalmatique,
l'évêque remet à chacun l'Evangile :
"Reçois l’Evangile du Christ,
que tu as la mission d’annoncer.
Sois attentif à croire à la parole que tu liras,
à enseigner ce que tu as cru,
à vivre ce que vous auras enseigné."

Mgr Jean-Michel di Falco Léandri
donne un baiser de paix fraternel à chacun
des nouveaux diacres,
avant qu'ils ne la donnent
aux autres diacres présents.

 

 


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  Joie dans l'assemblée !

 

 

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    Les nouveaux diacres servent à l'autel
au cours de la liturgie eucharistique

 

 

 

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  Remerciements de Nelson puis d'Eric
à la fin de la célébration.
 Ici Eric, après un trait d'humour !
  Les nouveaux diacres,
chaleureusement entourés, salués et remerciés
à l'issue de la célébration.

 

 

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  Le soir, dans le jardin de la Maison épiscopale
 

 

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La célébration

 

 

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L'homélie de Mgr Jean-Michel di Falco Léandri

 

 

 

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Texte de l'homélie

 

 

 

Frères et sœurs,

Nous entourons ce soir de notre prière deux jeunes fous ! Eh oui, c’est ainsi, ces deux là sont fous ! Certains parmi vous pensent peut-être comme moi : « Ils sont un peu fous Eric et Nelson, regardez-les, en pleine jeunesse, plutôt beaux gosses, intelligents, l’un particulièrement doué en musique, l’autre plutôt doué intellectuellement pour faire des études supérieures, et voilà qu’ils font le choix de devenir diacres et un jour prêtres et ainsi de renoncer aux joies de la vie. »

Eh bien vous avez en partie raison, en partie seulement. Vous avez devant vous deux jeunes fous du nom d’Eric et de Nelson. Mais attention, ils ne renoncent pas aux joies de la vie, ils aiment la vie ! Ils ne sont pas atteints de n’importe quelle folie, la leur s’appelle la folie d’aimer. N’est ce pas la même folie qui a conduit le Christ au sommet de la croix ? Souvenez vous : « Mon commandement le voici : Aimez-vous les uns le autres comme je vous aimés. Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour les autres. »

En réalité, c’est dans le creuset de nos renoncements que Dieu vient loger l’abondance de ses bienfaits qui sont la source de joie et de bonheur.

Certes, il paraissait sans doute moins fou de s’engager pour suivre le Christ à l’époque d’une Eglise triomphante, riche et puissante, incontestée. Aujourd’hui voici l’Eglise malmenée, moquée, par l’opinion et les médias, pas toujours sans raison d’ailleurs. Une Eglise fragilisée par le manque de prêtres, par la diminution du nombre de fidèles, par les défaillances de certains de ses membres, par l’individualisme, par la tentation de se replier sur elle-même, par le manque d’imagination et de créativité.

On peut faire ce constat avec tristesse et nostalgie, ou au contraire habité par l’espérance. Cette espérance qui nous permet de voir que s’ouvre un nouveau temps pour l’Eglise. Celui d’une Eglise plus pauvre, plus humble et plus modeste, qui reconnaît la fragilité de ses membres et dont la seule force est celle de l’Esprit qui l’anime. Une Eglise toujours plus à l’écoute des détresses du monde. Une Eglise qui ouvre plus grandes encore ses portes à celles et ceux qui ne sont pas encore parvenus à vivre l’idéal vers lequel le Christ voudrait les entraîner. Une Eglise qui restent les bras ouverts pour ceux qui trébuchent et tombent. Une Eglise qui ne serait plus à l’image du puissant Goliath de la Bible, mais à l’image du petit David.

Une Eglise, enfin,  dans laquelle résonnerait sans cesse l’écho du premier mot de l’histoire de la rédemption :  « OUI » ! Ce oui prononcé par Marie à l’annonce de l’ange. Une Eglise qui sans complexe dit oui au bonheur, oui au plaisir, oui à l’amour, oui à la vie.

Dans l’opinion « non » est le mot que l’on associe, à tort diront certains, au mot « Eglise ». Une Eglise qui juge, condamne et rejette, c’est ainsi que la voient beaucoup de nos contemporains.  Je ne sais pas si vous avez remarqué que le Christ ne juge pas et ne condamne pas les pécheurs, il les invite à changer de vie, à la conversion, à ne plus pécher. En revanche il juge et condamne ceux qui jugent et condamnent les pécheurs.

La parole de Dieu ne sera entendue et accueillie que par des hommes et des femmes qui se savent aimés. L’amour seul est sauveur.

Les événements qui ont marqué cette année 2011 montrent que le monde bouge et change, que les peuples oppressés par les dictatures, qu’elles soient religieuses ou laïques, réclament  que l’on respecte leur dignité d’hommes et de femmes. Ces événements nous montrent également que tous les peuples sont solidaires les uns des autres et que cette solidarité, si elle est vécue, entraînera un changement de mode de vie. L’Eglise ne peut rester indifférente face à ses changements.

Lors du lavement des pieds, le Christ c’est mis aux pieds de ses disciples, y compris devant Judas. Ne dit-il pas à son propos : « vous n’êtes pas tous purs ». Si le Christ adopte cette attitude, ce n’est pas pour vénérer ses disciples, pour se soumettre à leur volonté, mais pour leur montrer combien ils les aiment, quelles que soient leurs faiblesses.

Pour leur montrer jusqu’où doit aller l’amour, il se fait serviteur. 

De la même manière aujourd’hui,  l’Eglise doit savoir se mettre aux pieds du  monde, non pour se soumettre à ses caprices, à ses désordres, pour je ne sais quelle servilité, mais pour témoigner quelle aime le monde vers lequel elle est envoyée comme servante de l’amour de Dieu.

Eric et Nelson, vous vous donnez au Christ et à son Eglise vers des temps nouveaux où vous devrez éviter de tomber dans les ornières de la routine,  pour créer et inventer de nouvelles manières de faire découvrir aux hommes et aux femmes de ce temps qu’ils sont aimés par-dessous tout par celui qui a donné sa vie pour eux.  

Toi, Eric, tu as reçu le don de la musique. Ce langage universel capable d’ouvrir les cœurs les plus endurcis. C’est bien ce que l’on peut lire dans les centaines de lettres reçues suite à la sortie des deux CD des prêtres. Par le chant, la musique, certains ont retrouvé le chemin de la prière et de l’Eglise. Nous en avons chaque jour le témoignage. Avec ton ministère dans le diocèse tu auras aussi la mission d’une présence pastorale dans le monde de l’art et de la culture.

Quant à toi, Nelson, tu as reçu le don des études. La formation biblique que tu poursuis à Rome sera un trésor pour ton ministère, notre diocèse et l’Eglise. Accompagner celles et ceux qui veulent se nourrir de la Parole de Dieu en en découvrant toujours davantage la richesse, comme les accompagnent déjà certains d’entre nous, Félix Caillet, Bertrand Gournay, Pierre Fournier, François Bedin et d’autres, ainsi que plusieurs laïcs, comme cela se fait aussi à Notre-Dame du Laus et à Boscodon. Cela est une magnifique mission.

Il est fini le temps où monsieur le curé, cultivant ses salades et soignant ses abeilles dans son jardin, attendait paisiblement la venue des paroissiens. Aujourd’hui, sans pour autant négliger celles et ceux qui sont dans la bergerie, la mission sacerdotale est aussi et surtout d’aller à la recherche de celles et ceux qui se sont éloignés ou qui ne connaissent pas la bergerie. Etre présents là où nous ne sommes pas entendus. A l’exemple de Paul à Athènes, et en prenant le risque de n’être pas compris, jugés et critiqués.

Au cours de la célébration, deux mots vont retentir. Faut-il le reconnaître, ils n’ont pas bonne presse : « Célibat et obéissance ».

Célibat. Eric et Nelson, vous allez vous engager dans le célibat. Poussés par votre amour pour le Christ et vivant cet état avec un total dévouement, vous serez plus facilement attachés au Christ d’un cœur sans partage. Vous vous donnerez plus librement au service de Dieu et des autres, et vous serez plus disponibles pour apporter votre contribution à l’édification de la « civilisation de l’amour et de la justice » si chère à notre bienheureux Pape Jean-Paul II.

S’engager dans le célibat, c’est aussi témoigner qu’il y a plusieurs façons d’aimer : celle qui se réalise dans le mariage et dans la fondation d’une famille, et celle qui se réalise dans le célibat comme serviteur de la famille de Dieu. Le choix du célibat ne s’appuie donc pas sur un « non » à l’amour humain, mais sur un « oui » à l’amour divin.

Obéissance ? Dans quelques instants, Eric et Nelson, vous allez promettre obéissance à votre évêque et à ses successeurs. Il ne s’agit pas d’une obéissance servile, d’une fausse soumission qui ne pourrait qu’engendrer l’hypocrisie, d’une obéissance qui consisterait à devenir l’exécutant des volontés d’un évêque qui, privé de tous conseils, gouvernerait seul son diocèse. Nous ne sommes plus au temps de saint Ignace qui, dans la treizième règle du sentire cum Ecclesia, tirée de ses fameux Exercices, déclare : « Pour ne nous écarter en rien de la vérité, nous devons toujours être disposés à croire que ce qui nous paraît blanc est noir, si l'Église hiérarchique le décide ainsi. » Pour que l'obéissance soit porteuse de vie et en favorise l'unité, un dialogue confiant est nécessaire entre les diacres, les prêtres et l'évêque et ses proches collaborateurs.

Promettre obéissance, c’est accepter de placer sa confiance en son évêque, quelles que soient les faiblesses de celui-ci, et de croire en la confiance qu’il a pour ses prêtres. C’est reconnaître et accepter la responsabilité des  collaborateurs de l’évêque. C’est la volonté de coopérer, aux côtés de l’évêque, avec tous les membres du corps presbytéral. C’est savoir se mettre à l’écoute des anciens tout en apportant le regard neuf, le dynamisme et le désir d’entreprendre de la jeunesse. L’obéissance se réalise aussi dans la manière d’accueillir la mission que seul l’évêque, au nom de l’Eglise, confie aux diacres et aux prêtres. Les diacres, comme les prêtres et les évêques, ne se donnent pas leur mission, ils la reçoivent. Vivre l’obéissance, c’est consentir d’aller servir là où l’évêque envoie en fonction des nécessités pastorales. Vivre l’obéissance, ce n’est pas se positionner en donneur de leçon, en arrivant, nouveau dans un presbyterium, avec un plan de carrière, bardé des certitudes d’un grand réformateur et restaurateur de l’Eglise. C’est aussi éviter le piège de l’orgueil, celui  d’une conception de l’exercice du ministère qui consiste à faire sa petite Eglise à soi, en rupture avec l’Eglise diocésaine, une Eglise dans l’Eglise, autrement dit attirer vers sa propre personne ce qui est destiné au Christ. C’est éviter le piège de se comporter tel un gourou. Un autre piège nous guette : celui de la nostalgie de raviver un passé révolu avec l’illusion de répondre ainsi aux attentes actuelles de nos contemporains.

Vous le voyez, les pièges que vous devrez éviter sont nombreux, mais avancez avec confiance ! Le Christ est là pour vous guider, ainsi que vos frères et sœurs dans la foi.

Chers frères et sœurs. Je voudrais vous rappeler à quel degré du ministère Eric et Nelson vont accéder, mais avant cela une précision :

Pour certains d’entre vous Eric et Nelson sont des proches, pour d’autres ce sont des inconnus. Je ne serais pas étonné que plusieurs même les considèrent comme des étrangers puisqu’ils ne sont pas originaires des Hautes-Alpes et du diocèse. Qu’ils sachent, ceux-là, qu’il n’y a pas d’étrangers dans l’Eglise mais des frères et des sœurs, fils et filles de Dieu, quelles que soient leur origine et la couleur de leur peau. Pourquoi croyez-vous que nous avons mis ces drapeaux dans la cathédrale ? C’est justement pour montrer la diversité de provenance des prêtres et séminaristes du diocèse.  De cela nous rendons grâce à Dieu.

Le diaconat donc. Ayant reçu le don de l’Esprit Saint qui le fortifie, le diacre apportera de l’aide à l’évêque et à son presbyterium, dans le ministère de la Parole de Dieu, de l’autel et de la charité, en se montrant le serviteur de tous. Il proclamera l’Evangile. Il préparera le Sacrifice eucharistique. Il lui reviendra, selon la mission reçue de l’évêque, d’instruire les croyants dans la foi, de présider aux prières, d’administrer le baptême, d’assister au mariage et de le bénir, d’apporter la communion aux malades et aux mourants, et de présider les funérailles. Consacré par l’imposition des mains transmise depuis les Apôtres, il s’acquittera, au nom de son évêque ou de son curé, du ministère de la charité.

Vocation vient du mot latin « vocare » c'est-à-dire appeler. Je crois profondément que Dieu continue à appeler. Dans ce cas il ne s’agit pas d’une crise des « vocations » mais d’une crise des « réponses » à l’appel. Alors une question : l’appel parvient-il jusqu’à ceux qui sont susceptibles d’y répondre ? C’est au cœur de nos communautés chrétiennes que doit retentir l’appel de Dieu. Et nous, prêtres, de quelle manière sommes nous les relais de cet appel : pas seulement par ce que nous disons mais surtout par ce que nous sommes.

Pour le cœur de Père d’un évêque, c’est une joie d’accueillir des jeunes qui s’engagent sur le chemin du sacerdoce, tout en sachant que certains pourront peut-être emprunter un autre chemin. L’essentiel étant de trouver la place où le Seigneur les veut. Aujourd’hui le diocèse compte avec Eric et Nelson huit séminaristes, merci donc à Jean-Baptiste, Paul-André, Michael, Eduardo, Arnaud et Damien d’avoir emprunté cette route sur laquelle le Seigneur vous accompagne.

Vous les jeunes qui êtes ici présents ce soir, écoutez, écoutez la voix du Seigneur qui peut-être s’adresse à vous pour vous inviter à le suivre à l’exemple d’Eric et de Nelson. Ne répondez pas trop vite négativement et laissez grandir en vous cet appel.

Et vous, Eric et Nelson, mes fils très chers, qui allez être admis à l’ordre du diaconat, le Seigneur a donné l’exemple pour que vous agissiez comme il a lui-même agi.

Quand vous serez diacres, c'est-à-dire serviteurs de Jésus-Christ qui s’est montré serviteur au milieu de ses disciples, accomplissez de tout cœur et dans l’amour la volonté de Dieu, servant avec joie en même temps le Seigneur et les hommes. Alors, lorsque vous vous présenterez devant le Seigneur au dernier Jour, vous pourrez l’entendre vous dire : « Très bien, serviteurs bons et fidèles, entrez dans la joie de votre Maître ! »

 

+ Jean-Michel di Falco Léandri
Evêque de Gap et d’Embrun


 

 

 

 

 

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