Messe des défunts célébrée à la cathédrale de Gap lundi 2 novembre

Publié le par VA

Lundi 2 novembre 2009, Mgr Félix Caillet, vicaire général du diocèse de Gap et d'Embrun, présidait la messe des défunts à la cathédrale de Gap. En présence des Pères Adrien Michel, curé doyen de Gap, Jean-Michel Bardet, curé de la cathédrale de Gap, Ludovic Frère, curé de la Paroisse Saint-Roch, Charles Troesch, vicaire de cette même paroisse, Pierre Fournier, responsable catéchèse et catéchuménat, Renaud de Dona Frédeville, aumônier militaire, et des diacres Michel Gruère et Henri Pascal, Mgr Félix Caillet a transmis des lettres de mission à onze laïcs engagés au service de la pastorale d'accompagnement des familles en deuil. Voici quelques photos de la célébration ainsi que l'homélie prononcée par Mgr Félix Caillet.


Sur la croix devant l'autel, des lumignons ont été déposés en signe d'espérance 
 
 
De gauche à droite : le Père Pierre Fournier, le Père Adrien Michel, le diacre Henri Pascal, Mgr Félix Caillet, le diacre Michel Gruère, le Père Charles Troesch, le Père Ludovic Frère et le Père Renaud de Dona Frédeville
 
                Chant de la doxologie en conclusion de la prière eucharistique. 

                         La cathédrale de Gap le soir du 2 novembre 



Voici 18 ans, à Châteauroux-les-Alpes, un homme décède dans un accident de voiture… Il allait son chemin, de ville en ville, et venait d’être pris en autostop…  Le maire, à qui il revient de faire toutes les formalités pour tout ce qui arrive sur le territoire de la commune, m’appelle en me demandant : que fait-on ?  Les premières démarches laissent soupçonner que cet homme n’a pas de famille. Pas question de l’enterrer à la sauvette.  Nous convenons d’un temps de prière au cimetière. Je m’attends à me retrouver seul avec le corps… Dans ces cas-là, j’avais l’habitude de prier comme si l’église était pleine… Je n’ai  qu’une personne à porter dans ma prière, j’en profite alors pour prendre mon temps. Arrivé au cimetière, surprise,  toute une équipe d’hommes m’attendent. Les familles du village ne se sont pas déplacées car on se dit : « on ne connaît pas ; il n’est pas d’ici ! ». Demandant à ces hommes ce qu’ils faisaient là, pensant qu’ils étaient venus faire quelques travaux,  ils me disent : « On n’allait pas le laisser partir comme çà… C’est un homme. Il n’a pas de famille. »  « Je suis venu, dit l’un d’entre eux, creuser la tombe alors j’en ai parlé aux collègues et voilà nous sommes là. »  Inutile de dire combien le temps de prière s’est trouvé enrichi par la présence de ces hommes qui ne sont pour autant pas toujours assidus à la messe le dimanche !

Savaient-ils qu’ils ne faisaient pourtant que reprendre une vieille tradition : celle des confréries de pénitents… Ces confréries s’étaient créées pour entourer les familles dès le décès, faire tous les préparatifs des obsèques,  payer les frais des funérailles, chanter à l’église et apporter de l’amitié et du réconfort… Depuis, les mutuelles et les assurances ont pris le relais sur le plan financier. Des prêtres ont parfois pensé qu’ils pouvaient tout faire tout seul, qu’ils étaient là pour cela, qu’ils avaient le temps à une époque où, de fait, les vocations étaient abondantes… Et sans s’en rendre compte, beaucoup de familles se voient livrées à elles-mêmes. La solitude est grande face à la mort ! De nos jours, la mort n’a jamais été aussi présente à notre quotidien. L’actualité déverse, jusque dans notre assiette, son lot d’accidents, de crimes, de nouvelles macabres… Et pourtant, ce n’est parfois que très tard que l’on bute sur l’expérience de la mort d’un proche ou d’un ami. 

 

L’Eglise a reçu de son Seigneur la mission de témoigner de sa foi, avec une profonde et délicate charité, auprès des frères et des sœurs touchés en leur être par la mort d’un des leurs. Au cœur de la nuit de la mort, des chemins de lumières s’entrevoient, ouvrant à l’espérance, cette espérance qui est  donnée par Celui qui est passé de la Mort à la Vie.

Cette mission, le Christ l’a confiée à l’Eglise dans la plénitude de la diversité de ses membres. Cette mission, chaque communauté est appelée à la porter, dans la richesse de la communion des frères qui la constitue.

Aujourd’hui, pour onze d’entre vous, vous allez recevoir une mission reconnue par notre évêque, Mgr Jean-Michel di Falco Léandri. Vous allez devenir le signe de ce que tous les baptisés sont invités à vivre… Ce n’est pas d’abord pour combler un déficit de prêtres  (même si la situation le provoque). C’est encore moins dans une recherche de pouvoir, cherchant à s’affranchir du ministère sacerdotal… Non, vous serez le signe de ce que la communauté chrétienne du doyenné de Gap dans la totalité de ses membres doit être attentive à vivre.  Vous vivrez cette mission en communion avec vos prêtres, vos diacres, les religieuses et religieuses, vos frères laïcs.

 

Alors, l’Eglise de Jésus-Christ qui vit sur le doyenné de Gap témoignera de sa FOI en la Résurrection. « La volonté de Celui qui m’a envoyé, c’est que Je ne perde aucun de ceux qu’Il m’a donnés mais que Je les ressuscite tous au dernier jour. La volonté de mon Père, c’est que tout homme qui voit le Fils et croit en Lui obtienne la vie éternelle. Et moi, Je le ressusciterai au dernier jour ».  Ces paroles du Christ fondent la mission que vous recevez en cette fête de Toussaint.

Vous assumerez cette mission dans une profonde CHARITE,  le cœur plein d’Amour, vivant « l’Agapè » dont l’Eucharistie est la source et le sommet.  Il n’y a pas de véritable charité  si elle ne s’enracine dans une réelle humanité… Nos communautés, animées de cet Amour, doivent être pétries d’humanité, respectueuses de chacun avec délicatesse, accueillant sans juger, pour révéler Celui qui est allé jusqu’à l’extrême de l’Amour pour sauver l’être humain.

Vous rendrez compte alors de l’ESPERANCE qui est en vous, comme le dit l’Apôtre Pierre… C’est cette espérance qui nous rassemble ce soir dans la mémoire de nos défunts : parents et amis. Le lumignon déposé sur la Croix en sera un signe. Le prophète Isaïe ouvrait déjà son peuple à cette espérance : « Le jour viendra où le Seigneur Dieu de l’univers, préparera pour tous les peuples un festin sur sa montagne. Il essuiera les larmes de tous les visages et par toute la terre, il effacera l’humiliation de son peuple. C’est lui qui l’a promis. Et ce jour-là on dira : Voici notre Dieu, en Lui nous espérions, et Il nous a sauvés ! »

 

Par la mission que vous acceptez, les communautés chrétiennes de Rambaud, La Bâtie vieille,  Gap Notre-Dame d’Espérance, Gap Cathédrale-St André, Gap St Roch, Neffes, Romette, La Freissinouse, Pelleautier, vont se voir revivifiées dans leur mission d’Eglise.

« Aucun ne vit pour soi-même et aucun ne meurt pour soi-même. » Ces paroles, nous les portons tous chacun dans notre cœur et d’une manière particulière, vous qui recevez la mission d’accompagner les familles en deuil… Auprès d’elles, vous permettrez que se révèle le sens qu’a toute existence, parfois à l’insu même de la personne.  « Dans notre vie comme dans notre mort, nous appartenons au Seigneur ! » Par cette Parole de l’Apôtre se déchirent les voiles de la finitude humaine et s’ouvre l’horizon de l’Infini de Dieu. « Toute créature tombera à genoux devant Moi et toute langue acclamera Dieu…»  Votre mission est à la taille de l’Infini de l’Amour et de l’éternité du temps.


                                                                                                           Mgr Félix Caillet, vicaire général

 

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