Messe de l'Epiphanie à Embrun dimanche 3 janvier

Publié le par VA

En ce dimanche 3 janvier 2010 et en présence de nombreux fidèles réunis pour la solennité de l'Epiphanie, Notre-Dame du Réal accueillait Mgr Jean-Michel di Falco Léandri, évêque de Gap et d'Embrun, et Mgr Christophe Dufour, Archevêque coadjuteur d'Aix-en-Provenve et Arles.
Vous trouverez ci-dessous l'homélie de Mgr Christophe Dufour et les photos rendant compte de l'événement.


Homélie de Mgr Christophe DUFOUR

Fête de Notre-Dame du Réal à Embrun

Dimanche 3 janvier 2010

Epiphanie année C

 

De l’or, de l’encens et de la myrrhe, quels drôles de cadeaux pour un enfant ! Ils auraient pu acheter des chaussons ou une layette comme tout le monde ! Remarquez, dit le chansonnier Julos Beaucarne, avec les animaux dans l’étable, un peu d’encens et de parfum, çà ne pouvait pas faire de mal, mais quand même ! Elle est bien étrange, cette visite à la crèche de ces mages venus d’Orient ! En cette fête de l’Epiphanie où nous honorons à Embrun Notre Dame du Réal, Notre Dame des Rois, je vous propose de refaire le chemin de ces rois. Un chemin en trois étapes.


Première étape : ils ont levé les yeux.

C’était dans la nuit, ils ont levé les yeux, ils ont scruté le ciel, en quête de signes. Qui étaient-ils, ces hommes dont l’évangile dit qu’ils étaient des mages, et dont la tradition dit qu’ils étaient des rois ? Ceux qui ont cherché à en savoir davantage ont pensé qu’ils étaient peut-être des prêtres astrologues et qu’il se serait passé dans le ciel un phénomène exceptionnel, à trois reprises en une seule année, phénomène qui ne reviendrait que tous les 794 ans, et jamais trois fois en un an : la conjonction de Jupiter et de Saturne dans la constellation des Poissons, provoquant une lumière intense dans le ciel. Ce phénomène s’est produit peu de temps avant la naissance de Jésus à Bethléem, il a été constaté en Mésopotamie et en Egypte, des documents en ont conservé le témoignage, et selon certains rabbins, ce phénomène était un des signes qui devait accompagner la venue du Messie.

Au fond peu importe qui étaient précisément ces mages, l’évangile n’en dit pas tant. Ils ont levé les yeux, ils ont scruté le ciel, et ils ont vu. Ils ont vu une étoile, dit l’évangile. Nous nous reconnaissons dans ces hommes qui cherchent. L’humanité elle-même toute entière peut se reconnaître dans ces trois hommes qui ont levé les yeux et accroché leur vie à une étoile.


Deuxième étape : ils se sont mis en route.

Ils ont vu l’étoile se lever, et ils se sont levés, mis en route. Sur la route ils ont cherché. Un vrai travail de recherche et d’enquête. Ils ont prospecté, interrogé les savants, en particulier à Jérusalem. Ils ont scruté l’histoire pour y chercher un sens, et ils ont entendu dans l’histoire des hommes la promesse de Dieu, la promesse d’un roi. Un roi qui ne commanderait pas comme les autres rois. Un roi qui serait humble et discret et qui n’écraserait pas la moindre petite pousse d’amour, de justice ou de paix. La plus petite braise de foi, il l’entretiendrait pour qu’elle embrase les cœurs et le monde. L’étoile dans le ciel, c’est la promesse de Dieu. Elle est écrite dans la Bible, cette promesse, elle est écrite dans notre histoire. Je vous invite, chers amis, à scruter comme les mages l’histoire de notre humanité telle qu’elle est écrite dans la Bible, et telle qu’elle est écrite aujourd’hui dans notre propre histoire, dans notre vie.


Troisième étape : ils virent et ils adorèrent.

Savons-nous encore adorer ? Nous sommes ici devant le mystère, et la présence de Marie est importante. Les mages ont regardé les yeux de Marie qui les invitaient à contempler le mystère caché, à adorer. En entrant dans la maison, dit le récit – c’était à Bethléem, ce qui signifie en hébreu la maison du pain - ils virent l’enfant avec Marie sa mère. Marie, Notre Dame du Réal, Notre-Dame des Rois, dirige leur regard sur l’enfant. Et tombant à genoux, ils se prosternèrent devant lui.

Qu’ont-ils vu ? Un enfant et sa mère. Mais qui est cet enfant ? Marie le voit avec les yeux de la foi, et elle invite tous ceux qui viennent à la crèche à ce même regard de foi : cet enfant, c’est Dieu qui vient à nous. Dans notre foi de chrétiens, ce n’est pas d’abord nous qui allons à Dieu, c’est Dieu qui vient à nous. Si je vous demande si vous avez vu Dieu, vous me répondrez « non » et vous avez raison. Dieu nul ne l’a jamais vu. Dans l’Ancien Testament, on ne pouvait pas voir Dieu sans mourir. C’est presque une définition : Dieu est invisible. Nous sommes des êtres finis, et Dieu, lui, est infini. Les mystiques iront jusqu’à dire qu’il est inconnaissable. La raison peut le concevoir dans l’ordre de la pensée, mais elle ne peut pas le voir, à moins de faire le choix de croire, et de voir dans la foi.

Dans l’ordre de la foi, nous croyons que Dieu se révèle et prend une figure d’homme pour se donner. Il se met à hauteur d’homme pour se faire connaître et s’offrir. Lui, le Verbe de vie se fait chair. Et le même saint Jean qui disait que nul n’a jamais vu Dieu pouvait dire en témoin : « Ce qui était dès le commencement, ce que nous avons entendu, ce que nous avons touché du Verbe de vie – car la Vie s’est manifestée, nous l’avons vue, nous en rendons témoignage » ; « Nul n’a jamais vu Dieu, mais lui le Fils qui est dans le sein du Père, lui l’a fait connaître ».

Ils se prosternèrent, et ils l’adorèrent. Les mages ont fait ce choix fondamental de croire en ce Dieu qui se révèle dans la non évidence, d’accueillir dans leur vie ce roi qui s’offre à notre foi, et non à notre science. Ce roi qui s’abandonne entre nos mains au risque d’être refusé et rejeté. Ce roi tellement humble qu’il est invisible, visible seulement avec les yeux de la foi. Chrétiens, nous contemplons Dieu dans l’enfant de Bethléem. Nous le contemplns dans le crucifié du Golgotha. Et aujourd’hui encore nous le contemplerons dans le pain et le vin consacrés dans l’eucharistie. Le Dieu qui donne à contempler son Eternel Amour est un Dieu humble, qui s’est laissé enfouir dans la terre, jusqu’à prendre la condition d’esclave. Tel est le mystère de la foi.

Les mages se prosternèrent, ils ouvrirent leurs coffrets et lui offrirent leurs présents : de l’or, de l’encens et de la myrrhe. Quels drôles de cadeaux pour un enfant ! Oui, les cadeaux des mages sont des cadeaux pour dire leur foi. De l’or pour un roi. De l’encens pour dire que ce roi est Dieu vers qui monte, comme l’encens, notre prière. De la myrrhe pour dire que ce roi est bien un homme, et qu’il passera par la mort, et que son corps sera embaumé de myrrhe. Vraiment homme, vraiment Dieu et le vrai roi de l’Univers. Il est vraiment très grand le mystère de la foi. Très grand et très beau. Je ne peux pas vous démontrer que c’est vrai disait Urs Van Balthasar, grand théologien du 20ème siècle, mais vous ne m’empêcherez pas de dire que c’est beau.


Nous allons maintenant célébrer l’Eucharistie. L’enfant de la maison du pain est aussi le pain de vie de l’eucharistie. Je suis heureux d’être au milieu de vous pour rendre grâces, sous le regard de Notre Dame du Réal, en ce pèlerinage si célèbre. Oui, on me dit qu’il y eut ici à Embrun de nombreux miracles par l’intercession de Notre Dame. Eh bien avec vous je prie pour qu’il y ait encore beaucoup de miracles aujourd’hui. Miracles de la transformation des cœurs qui adorent et qui s’offrent en cadeau à l’enfant de la crèche. Offrons-nous, offrons-nous à l’enfant, offrons nos vies à l’action de l’Esprit en cette Eucharistie, offrons la vie de nos familles, la vie de nos communes, la vie de nos Eglises diocésaines. Et lorsque s’élèvera à nos yeux le corps livré et le sang versé, adorons en disant : « Mon Seigneur et mon Dieu ». Venite adoremus….

 

 

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                               Procession d'entrée. 
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De gauche à droite, Mgr Jean-Michel di Falco Léandri, Mgr
Christophe Dufour et le diacre Jean-Pascal Casanova.
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Quelques élus du département. Au centre, Mme
Chantal Eyméoud, maire d'Embrun et M. Victor Berenguel, maire
de Savines-le-Lac.
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Le curé-doyen Jean-Pierre Oddon prononce le mot d'accueil.




















                                                           


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            Mgr Christophe Dufour, au cours de l'homélie.
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                                Prière eucharistique.

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De gauche à droite, le Père Jean-Pierre Oddon et le Père Jules
Reymond.
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  Mgr Jean-Michel di Falco Léandri présente ses vœux et
remercie.




















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Bénédiction de l'assemblée par Mgr Jean-Michel di  Falco
Léandri et Mgr Christophe Dufour.
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                             Procession de sortie.
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               Rencontre sur le parvis avec les fidèles.
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A l'issue de la messe, verre de l'amitié en salle paroissiale
accompagné par le gâteau des rois. 






















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Publié dans Actualité

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