Lundi de Pentecôte à Notre-Dame du Laus

Publié le par Diocèse de Gap et d'Embrun

Le lundi 24 mai, Mgr Bernard Barsi, archevêque de Monaco, présidait l'eucharistie en plein air au sanctuaire Notre-Dame du Laus en présence de Mgr Jean-Michel di Falco Léandri, évêque de Gap et d'Embrun.

Le chœur diocésain, sous la direction de Mme Geneviève Lefèvre, animait cette messe en l’honneur de la Vierge Marie, Mère et Reine de miséricorde.

« Père très bon, tu nous as donné la bienheureuse Vierge Marie comme Mère secourable et refuge des pécheurs. Accorde-nous, à nous qui faisons mémoire de Notre-Dame du Laus, de pouvoir nous détacher de nos fautes pour vivre selon l’Evangile de ton Fils. »

Ci-dessous, l’homélie de Mgr Bernard Barsi et quelques photos.

 

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Mgr Jean-Michel di Falco Léandri lors de son mot d’accueil   Mgr Bernard Barsi, archevêque de Monaco

 

 

Avant de commenter les textes de l’Ecriture que la liturgie de ce jour nous offre, permettez-moi frères et sœurs pèlerins de Notre-Dame du Laus de remercier Mgr Jean-Michel di Falco Léandri pour son invitation à présider cette messe. Avec votre évêque, nous nous connaissons depuis près de cinquante ans et nous sommes toujours heureux de pouvoir nous rencontrer pour travailler ensemble au service du Seigneur et de son Eglise. Merci également au Père Bertrand Gournay et à toute l’équipe du sanctuaire (prêtres, diacres, religieuses et laïcs) pour leur accueil fraternel. Oui, je le dis, j’éprouve une grande joie d’être ici à Notre-Dame du Laus, car j’aime ce lieu pour la beauté de son paysage de montagnes. Je remarque d’ailleurs que la Vierge Marie pour ses apparitions choisit toujours de beaux espaces qui élèvent les âmes et portent à la prière. Mais j’aime surtout ce lieu parce qu’ici le ciel a parlé à la terre : la « Dame Marie », la mère de Jésus et notre mère, par l’intermédiaire d’une humble bergère, Benoîte Rencurel, est venue visiter le peuple chrétien pour l’encourager dans sa marche et sa vie évangélique. Enfin, comment ne pas se souvenir des célébrations auxquelles j’ai eu le bonheur de participer en mai 2008 et qui marquèrent la reconnaissance officielle par l’Eglise des apparitions du Laus ?

 

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 La chorale diocésaine  L’assemblée en cette journée printanière

 

La messe que nous célébrons en ce lendemain de Pentecôte, porte le titre de « Sainte Marie, reine et mère de miséricorde ».
Dans les litanies de la Vierge où les chrétiens proclament les merveilles que Dieu a accomplies en Marie, nous trouvons des expressions sur la miséricorde qui ont retenu mon attention : « Marie … Mère de l’amour… Reine et Mère de la miséricorde … Secours des chrétiens … Refuge des pécheurs … Notre-Dame de pitié … priez pour nous ». Enfin, selon le désir de Notre-Dame, le sanctuaire du Laus est devenu le refuge des pécheurs, le lieu où dans le sacrement de la réconciliation se manifeste la tendresse et la miséricorde de Dieu, où Dieu remet debout l’homme écrasé par le mal, la souffrance et la peine.
Cette insistance sur la miséricorde nous invite à bien définir ce mot. Qu’est-ce que la miséricorde ?

La miséricorde c’est avoir le cœur sensible au malheur d'autrui, à la misère. Dieu a un cœur sensible à la misère, à notre misère, à nos souffrances, à nos péchés. Il l’annonce clairement à Moïse lors de l’épisode du buisson ardent : « J’ai vu, oui, j’ai vu la misère de mon peuple qui est en Egypte, et j’ai entendu ses cris sous les coups des chefs de corvée. Oui, je connais ses souffrances. Je suis descendu pour le délivrer de la main des Egyptiens » (Ex 3, 7). La Parole de Dieu présente le Seigneur comme un Dieu de miséricorde et utilise pour cela des expressions attendrissantes : il a des entrailles de miséricorde, il aime d’un amour profond, comme un père … (cf. la parabole de l’enfant prodigue appelée plus justement parabole du père miséricordieux). Dieu vient libérer son peuple, il lui accorde le salut.

La miséricorde de Dieu est particulièrement visible dans le Christ. Jésus l’incarne et la personnifie. Par ses paroles et par ses actes, Jésus manifeste le cœur miséricordieux de Dieu. Pierre le prêchera devant le centurion Corneille : « Jésus de Nazareth, Dieu l’a consacré par l’Esprit Saint et rempli de sa force. Là où il passait, il faisait le bien, et il guérissait tous ceux qui étaient sous le pouvoir du démon » (Ac 10,38).
L’amour et la miséricorde se manifestent surtout dans l'épreuve de la Passion et de la Croix : « Ma vie nul ne la prend, je la donne de moi-même » (Jn 10,18) et « Père, pardonne-leur : ils ne savent pas ce qu’ils font » (Lc 23,34. Sur la croix, Jésus a pris notre péché, mais aussi toutes nos souffrances, la souffrance de chaque personne, de tous les hommes et de toutes les femmes, de tous les temps.

La Vierge Marie parce qu’elle est toute imprégnée de l’amour de Dieu et de ses frères a eu elle-même ce cœur sensible au malheur d’autrui. A la Visitation, elle se met en route pour aller voir sa cousine Elisabeth et se mettre à son service. A Cana, elle voit que la fête des noces va tourner mal car les invités n’ont plus de vin. Elle intercède auprès de son Fils qui accomplit alors son premier miracle bien que l’heure de se révéler au monde ne fut point encore venue. Mais un fils aimant peut-il refuser quelque chose à sa mère qui le supplie ? La préface de cette messe le proclame : Marie a connu mieux que personne la miséricorde de Dieu, car en donnant son Fils au monde, en lui permettant de prendre chair en son sein, elle a rendu visible la miséricorde du Dieu invisible. Comme nous aimons le redire dans la prière du « Je vous salue », Marie, mère de Dieu prie pour nous, maintenant et à l’heure de notre mort. Sans relâche elle supplie son Fils pour nous, pauvres pécheurs. C’est pourquoi les nombreux pèlerins qui nous ont précédé au Laus depuis le la fin du XVII° et le début du XVIII° siècles peuvent reprendre à leur compte la prière de Saint Bernard, le grand apôtre de l’amour marial : « Souviens-toi, ô très miséricordieuse Vierge Marie qu’on a jamais entendu dire qu’aucun de ceux qui ont eu recours à ta protection, imploré ton assistance ou demandé ton intercession ait été abandonné ».
Aucun homme, aucune femme qui a eu recours à la Vierge Marie n’a été écarté de sa protection maternelle.

 

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 Les évêques, les prêtres et les servants. Parmi les prêtres présents, le Père Bertrand Gournay, recteur actuel du sanctuaire, le Père Ludovic Frère, recteur nommé du sanctuaire, et le Père Charles Troesch, chapelain nommé du sanctuaire.


Pèlerin du Laus, notre démarche d’aujourd’hui ne doit pas être sans lendemain, sinon elle ne serait qu’illusion. En montant sur cette montagne que la Vierge Marie a demandé à son Fils et qu’il lui a accordé, nous sommes invités à vivre la conversion, à changer nos cœurs  pour revenir à la foi de notre baptême, pour vivre davantage l’Evangile du Christ et l’amour miséricordieux de Dieu. Ensemble ce matin, posons-nous ces questions primordiales pour toute vie chrétienne : comment mettre en pratique l'amour miséricordieux envers notre prochain ? Comment exercer concrètement la miséricorde ? Comment avoir un cœur miséricordieux ? Que signifie être témoin de la miséricorde ?

Vous connaissez la parabole du débiteur impitoyable que Jésus raconte dans l’évangile de Matthieu (cf 18,23-35). Un serviteur du roi devait une très importante somme d’argent à son maître. Dans l’impossibilité de le rembourser, il implore la pitié du roi qui dans sa bonté lui fait grâce et lui remet sa dette. Ce serviteur tout heureux de ce geste rencontre en sortant du palais du roi un de ses compagnons qui ne lui devaient que quelques menues monnaies. Fou de rage, il réclame son argent, comme l’autre ne peut le rembourser, il tente de l’étrangler et le fait jeter en prison. Le roi averti de ce fait scandaleux convoque le serviteur et lui dit en colère : « je t'avais remis toute cette dette, parce que tu m'en avais supplié. Ne devais-tu pas, toi aussi, avoir pitié de ton compagnon, comme moi-même j'avais eu pitié de toi ? ». Il le fit jeter en prison et Jésus d’ajouter : « C'est ainsi que mon Père céleste vous traitera, si chacun de vous ne pardonne pas à son frère du fond du cœur ».

Dieu nous pardonne largement nos fautes. Dans le sacrement de réconciliation, il nous manifeste sa miséricorde pour qu’à notre tour nous fassions miséricorde à nos frères et sœurs. C’est parce que nous aurons accueilli cet amour infini de Dieu pour nous, que nous serons en mesure petit à petit d’aimer l’autre, celui qui nous côtoyons, celui qui nous a blessé … C’est le Christ qui va nous apprendre au quotidien. Et plus nous reconnaîtrons notre pauvreté, notre misère et mieux nous pourrons accueillir la misère de l’autre, sa faiblesse.

D’autres passages de l'évangile peuvent nous guider dans notre méditation : "Soyez miséricordieux comme votre Père est miséricordieux. Ne jugez pas et vous ne serez pas jugés ; ne condamnez pas, et vous ne serez pas condamnés. Pardonnez, et vous serez pardonnés. (Lc 6,36). La prière du « Notre Père » : « pardonne-nous nos offenses, comme nous pardonnons à ceux qui nous ont offensés ».
A la suite du Christ et de la Vierge Marie, l’attitude de miséricorde à l’égard du prochain trouve sa source exclusivement dans la miséricorde de Dieu. La miséricorde se reçoit et se donne.

Admirons la pédagogie de Marie à l’égard de Benoîte Rencurel pour l’éduquer à la miséricorde, lui apprendre à devenir messagère de miséricorde pour ses frères chrétiens. Patiemment Marie invite Benoîte à la prière, au silence intérieur, à la simplicité, à rechercher l’intimité avec Dieu.
Pour exercer la miséricorde, d’autres grands saints ont pris le Christ et Marie comme modèle. Je pense en particulier à Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus qui a offert sa vie à l’amour miséricordieux de Jésus afin de recevoir de Dieu cet amour qui lui manque pour accomplir tout ce qu'elle voudrait faire : « Oh mon Dieu ! Trinité Bienheureuse, je désire vous Aimer et vous faire Aimer, je désire être Sainte, mais je sens mon impuissance et je vous demande, oh mon Dieu ! d'être vous-même ma sainteté »
Je pense à Sainte Faustine, religieuse polonaise que le Pape Jean-Paul II a canonisée. C’est par elle qu’il a institué le 2° dimanche de Pâques dimanche de la Divine Miséricorde.

Pour vivre la Miséricorde et en témoigner par la parole, le pardon et la prière, deux moyens nous sont proposés : le sacrement de la réconciliation (ou de la confession) et l’eucharistie, la messe du dimanche.

En ce jour de pèlerinage et de joie, demandons à Marie de nous accorder largement la grâce du Laus pour que nous repartions chez nous par un chemin de conversion. Alors la lumière et l’amour du Christ brilleront dans nos cœurs et illumineront tous ceux qui sont autour de nous. Alors avec Marie nous chanterons sans fin les merveilles de notre Dieu, riche en miséricorde.

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 Mgr Jean-Michel di Falco Léandri s’adressant à l’assemblée à la fin de la célébration.


 

 

 

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Mathieu Boudet 31/05/2010 22:08



Bonjour, 


 


Je laisse un commentaire pour dire que l'album spiritus dei est un très bonne idée de la part de Monseigneur Di Falco. Je n'est pas trop de choses à dire à part cela. Si une chose, j'aimerai tant
que vous veniez faire un concert dans l'église de mon village. Certes c'est un petit village de 1014 habitants mais c'est la deuxième ou troisième église la plus grande du diocèse de Carcassonne.
(Elle fait 40 mètres de long). Depuis la sortie de votre album, je l'écoute tous les soirs et je prie car comme son nom l'indique c'est une musique spirituelle. Cet album m'a fait découvrir un
aspect nouveau (pour moi) de la religion. Quelque chose de beau ! Qui donne envie de croire en Dieu et son fils Jésus Christ. J'espère que vous lirez attentivement ce message et que vous me
donnerez une réponse.


Un jeune de 14 ans, seul praticant dans une famille de cartésiens.


Merci.