Lundi, 1ère semaine de l’Avent

Publié le par Diocèse de Gap et d'Embrun

Cette année, les prêtres du diocèse ont passé leur retraite à Ganagobie en compagnie de sainte Thérèse de l'Enfant Jésus. C'est avec elle que nous vous proposons de passer l'Avent.

« Laissant leurs filets, ils le suivirent »
       Matthieu 4, 18-22

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu

Comme Jésus marchait au bord du lac de Galilée, il vit deux frères, Simon, appelé Pierre, et son frère André, qui jetaient leurs filets dans le lac : c'étaient des pêcheurs.
Jésus leur dit : « Venez derrière moi, et je vous ferai pêcheurs d'hommes. »
Aussitôt, laissant leurs filets, ils le suivirent.
Plus loin, il vit deux autres frères, Jacques, fils de Zébédée, et son frère Jean, qui étaient dans leur barque avec leur père, en train de préparer leurs filets. Il les appela.
Aussitôt, laissant leur barque et leur père, ils le suivirent.

L’Avent avec Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus :

Jamais avec la grâce de Jésus, je n'ai essayé de m'attirer leurs cœurs [ceux des novices dont Thérèse a la charge], j'ai compris que ma mission était de les conduire à Dieu et de leur faire comprendre qu'ici-bas, vous étiez, ma Mère, le Jésus visible qu'ils doivent aimer et respecter.

Je vous ai dit, Mère chérie, qu'en instruisant les autres j'avais beaucoup appris. J'ai vu d'abord que toutes les âmes ont à peu près les mêmes combats, mais qu'elles sont si différentes d'un autre côté que je n'ai pas de peine à comprendre ce que disait le Père Pichon : "Il y a bien plus de différence entre les âmes qu'il n'y en a entre les visages." Aussi est-il impossible d'agir avec toutes de la même manière.

Avec certaines âmes, je sens qu'il faut se faire petite, ne point craindre de m'humilier en avouant mes combats, mes défaites ; voyant que j'ai les mêmes faiblesses qu'elles, mes petites sœurs m'avouent à leur tour les fautes qu'elles se reprochent et se réjouissent que je les comprenne par expérience.

Avec d'autres j'ai vu qu'il faut au contraire pour leur faire du bien, avoir beaucoup de fermeté et ne jamais revenir sur une chose dite. S'abaisser n’est point alors de l'humilité, mais de la faiblesse. Le bon Dieu m'a fait la grâce de ne pas craindre la guerre, à tout prix il faut que je fasse mon devoir. Plus d'une fois j'ai entendu ceci : "Si vous voulez obtenir quelque chose de moi, il faut me prendre par la douceur ; par
la force, vous n'aurez rien." Moi je sais que nul n'est bon juge dans sa propre cause et qu'un enfant auquel le médecin fait subir une douloureuse opération ne manquera pas de jeter les hauts cris et de dire que le remède est pire que le mal ; cependant s'il se trouve guéri peu de jours après, il est tout heureux de pouvoir jouer et courir. Il en est de même pour les âmes, bientôt elles reconnaissent qu'un peu d'amertume est parfois préférable au sucre et ne craignent pas de l'avouer.

Quelquefois je ne puis m'empêcher de sourire intérieurement en voyant quel changement s'opère du jour au lendemain, c'est féerique... On vient me dire : "Vous aviez raison hier d'être sévère, au commencement cela m'a révoltée, mais après je me suis souvenue de tout et j'ai vu que vous étiez très juste..."

Manuscrit C, du folio 23 verso au folio 24 recto

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