l'Assemblée plénière des évêques d'Europe chargés des médias :"Internet, terre de mission"

Publié le par VA


De jeudi à dimanche dernier, une centaine de membres de la Commission Episcopale Européenne pour les Médias (CEEM) présidée par Mgr Jean-Michel di Falco Léandri se sont réunis en assemblée plénière au Vatican pour une session de travail sur le thème : « La culture de l’Internet et la communication de l’Eglise ». Voici une vidéo du service d'information catholique H2ONews reprenant quelques-uns des enjeux de cette assemblée :






Article de René Poujol, directeur de la rédaction du journal Pèlerin, réagissant aux débats de l'assemblée plénière de la CEEM à Rome. Publié sur son blog, nous le communiquons ici en intégralité :

Merci Jean-Michel di Falco !

La réflexion engagée ces jours-derniers, au Vatican, sous l’égide de la Commission des Evêques d’Europe pour les Médias, que préside Mgr Jean-Michel di Falco Léandri, est une très heureuse initiative. Qui soulève des questions redoutables.

Il fallait un « sacré culot » pour inviter au Vatican des représentants de Facebook, YouTube, Wikipédia ou Twitter. Mais précisément, rien de ce qui est « sacré » ne devrait être étranger au Saint-Siège. La Presse française a rendu compte avec gourmandise et curiosité de cette « rencontre » entre nombre d’évêques ou de responsables de la communication dans l’Eglise, venus de toute l’Europe, et ces puissants acteurs des réseaux de socialisation qui touchent désormais des centaines de millions d’internautes.

Et pourtant, si l’Eglise est réellement – et elle l’est assurément - porteuse d’une Bonne Nouvelle, peut-elle ignorer ce continent de la communication, de l’échange et de la rencontre qu’est devenu internet ? Bien sûr que non ! Je regrettais d’ailleurs ici, voici peu, que le rapport récent de Mgr Dagens sur la visibilité de l’Eglise ait fait l’impasse sur les médias (lire mon blog du 6 novembre).  Question suivante : comment faire ?

Dans un discours introductif particulièrement tonique (lire le texte intégral), rompant heureusement avec la « langue de buis »,  Mgr di Falco Léandri souligne que « La communication commence toujours par l’écoute » et que, de ce point de vue, l’Eglise catholique est en déficit chronique. Un ami lui disait récemment avoir constaté en France, une consultation bien plus grande des sites évangéliques que des sites catholiques, et lui avançait cette première explication : « Les évangéliques écoutent et les catholiques parlent. » Rude  mais tellement vrai. Et l’ancien porte-parole de la Conférence des évêques de France de souligner « la nécessité d’écouter le monde pour mieux l’aimer et lui parler ».

A côté des sites institutionnels, malgré tout nécessaires, Jean-Michel di Falco appelle donc de ses voeux les vocations de voltigeurs. « Ces voltigeurs de l’Evangile, je les vois dans les blogs créés par des laïcs. Cela entre dans le champ propre de leur activité, de leur vocation et de leur mission de baptisés dans l’Eglise et dans le monde. »  Et de poursuivre :  « Seule la présence de chrétiens laïcs compétents et éclairés sur le net, s’exprimant en tant que chrétiens, pourra montrer qu’on ne peut réduire l’Eglise à sa hiérarchie et au pape. » Gonflé, mon père, sauf le respect amical que je vous dois ! Pour une fois qu’on parle des laïcs autrement que pour souligner ce qu’ils ne sont pas autorisés à faire dans l’Eglise, faute de pouvoir se prévaloir d’un « ministère ordonné »…

Oui, vous avez mille fois raison d’écrire : « Ce ne sont pas les jeunes qui ne viennent plus vers l’Eglise, c’est l’Eglise qui est loin de leur monde. »  Et encore : « Tout en adhérant librement à la foi de l’Eglise, il (l’internaute catholique) veut se faire une opinion par lui-même, être le seul juge de là où se trouve son bien. » Vous voyez également juste en  soulignant : « Qu’un fidèle, ou que tout homme, se fasse son opinion par lui-même peut faire peur aux pasteurs que nous sommes ».  Juste aussi en appelant, néanmoins, vos frères évêques à d’autres réponses « que la censure et l’interdit. »

Par ces temps de froidure et de crispations, enfin une parole de confiance. Je ne sais ce que sera demain mais aujourd’hui fut une belle journée.

René Poujol
Pour consulter son blog, cliquez ici.


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