Hommage au Père Robert Surbled rappelé à Dieu samedi 20 mars

Publié le par VA


Le Père Robert Surbled nous a quittés ce samedi 20 mars 2010 à midi. Il est né le 28 novembre 1929 en Normandie près de Vire. Il est arrivé dans le diocèse de Gap et d'Embrun en 1985. Après un temps de repos  au Sanctuaire Notre-Dame du Laus, il a été nommé à Trescléoux en remplacement du Père Jean-Baptiste Rougny, puis à Chauffayer, et le 2 janvier 1994 à Espinasses. Il avait pris sa retraite début juin 2009.



R.Surbleb.07.2009
Robert.Surbled



Homélie prononcée par Mgr Félix Caillet, vicaire général, au cours de la messe des obsèques célébrée lundi 22 mars 2010 à Espinasses :


L’autre nuit, au chevet du Père Robert Surbled, sachant qu’il vivait ses dernières heures parmi nous, je me suis surpris à repenser au chant liturgique ancien « In paradisum ». Dès samedi matin, je me suis mis en quête des paroles exactes, ne me souvenant que des premiers mots :

 

Que les anges te conduisent au paradis

Que les martyrs t’accueillent à ton arrivée

Et t’introduisent dans la Jérusalem nouvelle

Que les anges en chœur te reçoivent

Et que tu jouisses du repos éternel !

 

Etre là à côté d’un confrère qui achève l’exercice de son ministère par l’offrande de sa souffrance et des derniers instants de son existence humaine, c’est vivre une expérience forte et privilégiée.

Le service des soins palliatifs a compris depuis longtemps la grandeur de cette présence qui peut permettre à l’être humain de mener à son achèvement ce qu’il a vécu. Il faut veiller à ne pas lui voler sa mort et l’aider même à faire de sa mort un projet : celui de partir en paix  pour passer sur une autre rive là où le Père tend les bras dans un geste d’accueil et d’Amour infini.

Que les anges te conduisent au paradis.

C’était le soir de la fête de Saint Joseph que l’on sollicite aussi comme patron de la bonne mort. Robert a fait ce passage un samedi, jour où l’on célèbre Marie d’une manière plus intense. Sa confiance à Notre Dame de Lourdes trouvait peut-être une réponse en forme de clin d’œil.

 

Jésus disait aux juifs : « Moi, je suis la lumière du monde. Celui qui me suit ne marchera pas dans les ténèbres. Il aura la lumière de la vie. »  Au long de sa vie, comme souvent pour nous tous, Robert a cherché la lumière. Etre en recherche de bonheur, c’est être comme « une terre aride, altérée, sans eau », dit le psaume. Chez le Père Robert Surbled, cette aspiration s’enveloppait parfois d’une apparente indifférence, de prise de distance comme protection, d’agacement et d’esprit critique à défaut de savoir se montrer fragile. « Moi, je ne juge personne. J’ai avec moi le Père qui m’a envoyé… si vous me connaissiez, vous connaîtriez aussi mon Père ».


Connaître et faire connaître le Christ, c’est révéler le Père. Il nous est bon de prendre chaque jour le temps de la prière, de cette intimité avec Dieu. Perdre du temps pour Dieu et avec lui, c’est se donner la chance de recevoir en plénitude la Lumière, le Bonheur, l’Amour. Suivre le Christ, mettre ses pas dans les siens est sans doute une aventure crucifiante  comme tout amour, c’est marcher vers la Lumière.


Saint Paul écrivait aux chrétiens de la ville de Philippe : « Tous les avantages que j’avais autrefois, je les considère comme une perte à cause de ce bien qui dépasse tout : la connaissance du Christ Jésus, mon Seigneur…. Le Christ, en qui Dieu me reconnaîtra juste. » Les services d’aumônerie des hôpitaux qui ont assuré cet accompagnement près de Robert, que ce soit à Gap ou à Sisteron, savent combien le temps d’hospitalisation amène à relire sa vie autrement, à en découvrir les véritables richesses et ses futilités. Les chrétiens envoyés dans les services de la Pastorale de la Santé connaissent leur mission de tendre la personne malade vers le Christ qui lui tend sa main.


A nous qui restons, Saint Paul dit :  «  Une seule chose compte : oubliant ce qui est en arrière et lancé vers l’avant, je cours vers le but pour remporter le prix auquel Dieu nous appelle là-haut dans le Christ Jésus. » Dans cet envol où notre existence prend de la hauteur, les anges nous prennent sur leurs ailes et nous conduisent vers le Père.

 

Voilà 54 ans bientôt que Robert a été ordonné prêtre. A l’instar de sa voix, il ne l’a pas exercé d’une manière tonitruante mais il aimait vivre ces relations du quotidien avec vous. Il ne craignait pas le mot pour rire comme pour mieux mettre à l’aise et dire ce qu’il avait à dire. Son attachement au bulletin paroissial n’avait pas d’égal. C’était pour lui avoir le souci de créer et de maintenir des liens entre ceux qui vivent ici et d’autres éloignés. Par les articles qu’il prenait dans des revues, journal La Croix et autres, il révélait ce qui lui était important.


C’est l’Année sacerdotale. Trop souvent, nous prenons conscience de l’importance de la présence d’un prêtre quand il n’est plus à demeure, à résidence chez nous. C’est parfois quand il prend sa retraite méritée que nous réalisons que le prêtre a été là, à disposition, invitant, appelant, rassemblant…. Nous l’avions peut-être, sans que nous en ayons conscience, laissé à sa solitude sans s’abstenir de lui exprimer les griefs.  Une communauté vivante suscitera des vocations.  Une communauté d’amour et de partage verra se lever ceux qui, en totale liberté, suivront le Christ dans le ministère presbytéral.

 

Je vous invite à prendre quelque temps pour rendre grâce pour les prêtres que le Seigneur nous donne. Ils sont là au milieu de nous pour apaiser nos soifs et nous conduire au Christ. Plus visibles que les anges, ils nous portent dans notre humanité et nous mènent vers le Père.


 

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