Homélie de Mgr Jean-Michel di Falco Léandri à la messe télévisée du dimanche 22 mai, jour de clôture du festival de Cannes

Publié le par Diocèse de Gap et d'Embrun

Mgr Jean-Michel di Falco Léandri s’est rendu à Cannes lors du 64e festival du film, invité notamment à présider la messe télévisée en l'église Notre-Dame de Bon-Voyage située face au Palais des Festivals.

 

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  Mgr Jean-Michel di Falco Léandri au cours de la prière eucharistique

 

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  La communion

 

 

Ci-dessous l'homélie de Mgr Jean-Michel di Falco Léandri et le lien vers l'intégralité de l'émission "Le Jour du Seigneur" portant sur "Cannes : Dieu et le cinéma".

 

 

 

Lecture de l'évangile du jour
et homélie par Mgr Jean-Michel di Falco Léandri (à partir de 2' 45'')

 

 

 

 

Texte de l'homélie de Mgr Jean-Michel di Falco Léandri

Messe télévisée à Notre-Dame de Bon Voyage

64e Festival du Film

Cannes

Dimanche 22 mai 2011

 

 

On critique souvent les journalistes pour leur course au sensationnel, leur précipitation dans le traitement de l’information. On regrette leurs raccourcis.

 

Mais est-ce uniquement propre à notre temps et aux journalistes ? J’en doute. Il n’y a qu’à voir comment nous, chrétiens, il nous arrive de maltraiter les paroles de Jésus.

 

Bien souvent, on ne retient de lui que ce qu’on veut bien entendre.

 

Prenons par exemple l’évangile d’aujourd’hui. A partir de cette affirmation de Jésus, « Dans la maison de mon Père, beaucoup peuvent trouver leur demeure », certains concluent que toutes les religions se valent. Mais est-ce bien ce que Jésus veut dire ?

 

A l’inverse, à partir de cette autre affirmation de Jésus, « Je suis le Chemin, la Vérité et la Vie […] Personne ne va vers le Père sans passer par moi », d’autres au contraire, affirment que seul le christianisme ouvrirait les portes du ciel.

 

Là encore, est-ce bien ce que Jésus veut dire ?

 

Eh bien, je m’interroge…

 

Devant les différents films qui sont présentés au festival il ne viendrait l’idée à personne de dire que tous les films se valent, ni à l’inverse l’idée que tous doivent être diabolisés sauf un !

 

Prenons plutôt exemple sur Thomas et Philippe dans l’évangile d’aujourd’hui. Ils restent à l’écoute de Jésus au lieu de se replier sur leurs idées bien arrêtées.

Regardons les moines de l’île de Lérins. Tout comme leurs frères les moines de Thibirine, ces hommes restent des chercheurs de Dieu tout au long de leur vie. Ils sont convaincus de leur foi. La foi même les invite à respecter celle des autres. Ils se savent encore en chemin. Ils savent qu’ils n’auront jamais fini d’apprendre jusqu’où va l’amour, l’amour tel que Jésus l’a manifesté tout au long de sa vie…

Comme le disait un jour un théologien, le père Bernard Sesboüé : « N’oublions jamais que nous pouvons avoir tort dans notre manière même de prétendre avoir raison. » [Bernard Sesboüé, Hors de l’Église pas de salut. Histoire d’une formule et problèmes d’interprétation, Paris, Éd. Desclée de Brouwer, 2004. 396 p., p. 301]

 

Cela nous amène, nous, chrétiens, à toujours revenir à ce qu’a dit et fait le Christ. De Jésus, on ne peut pas dire qu’il n’a pas assez aimé ou qu’il a mal aimé. Jésus est habité par une seule logique : celle de l’amour. Il ne nous dit qu’une seule chose : Dieu est amour. Il ne fait qu’une seule chose : nous montrer son amour. Il nous lègue un seul commandement : « Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés. »

 

Les films que nous pouvons voir pendant le festival sont à l’image de ce que nous sommes. Tous, d’une manière ou d’une autre, traversent cet insatiable besoin que nous avons d’aimer et d’être aimés, avec les miracles qu’un tel besoin suscite, et les dérives qu’un tel désir entraîne. Histoires d’amours retrouvés, d’amours reconquis, d’amours ratés, d’amours perdus…

 

L’espace d’une heure ou deux, une histoire fictive se mêle à notre propre histoire, vient en interroger le sens...  jusqu’à en changer le cours.... peut-être !

 

Ce qui est sûr en tout cas, c’est que Jésus, pour qui veut bien se mettre à son écoute, peut bouleverser une vie et la conduire très loin.

 

Car à ceux qui reconnaissent qu’ils ne savent pas aimer il dit : je suis la voie. A ceux qui craignent de se tromper en choisissant l’amour il dit : je suis la vérité. A ceux qui s’inquiètent que l’amour puisse avoir le dernier mot, même sur la mort, il dit : je suis la vie. A ceux qui croient que le paradis ce n’est pas pour eux il dit : je vais vous préparer une place. A ceux qui doutent que leur foi puisse changer le monde il dit : celui qui croit en moi accomplira des œuvres plus grandes que moi.

 

Malheur donc à moi si je n’annonçais pas l’évangile, moi qui en découvre chaque jour la beauté, la profondeur, la vérité et la force ! Mais attention aussi à moi dans ma manière de l’annoncer !

 

Donne-moi donc, Seigneur, toujours plus de cet amour, de ton amour, de cet amour qui comme toi toujours propose, à temps et à contretemps, mais qui jamais n’impose.

 

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Emission "Le Jour du Seigneur" sur France 2
du dimanche 22 mai 2011

Cannes : Dieu et le cinéma

 

 

 

 


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