Enquête en France en vue de la béatification de Mgr Eyraud, originaire du diocèse de Gap

Publié le par Diocèse de Gap et d'Embrun

Récit de la visite du postulateur et de son enquête en France ( juillet 2003 )

(Source Blog du Glaizil)

Mgr Terry Tekippe  et Patrick Sander sont venus en France en 2003 pour enquêter sur l'enfance de Mgr Jean M Eyraud, dans le cadre de son procès de Béatification. Ils racontent dans ce journal diocésain de 2004 ( St Peters Reserve ) l'accueil qu'il ont reçu en France et tout spécialement au Glaizil et à Gap. Ils donnent aussi leurs impressions sur cette belle région du Champsaur .

 

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Voici la traduction:

"Monseigneur Terry Tekippe et moi avons voyagé dans le diocèse de Gap en France fin juillet 2003 et début août 2003. Cela a été une expérience incroyable. Notre hôte était un cousin issu de germains de Monseigneur Eyraud, Irénée Gonsolin et sa femme, Reine-Marie Gonsolin (c'est grâce à cette petite phrase que j'ai pu à mon tour rentrer en contact avec sa famille). Ils ont été tous les deux extêmement aimables à l'égard de Fr. Tekippe et moi-même pendant notre séjour. Nous avons pu repérer au Glaizil la maison natale de Jean Eyraud né en 1880, ainsi que l'église dans laquelle il a été baptisé. Ce petit village est blotti dans les montagnes des Hautes-Alpes. C'est une vue incroyable que le petit Jean a pu contempler chaque matin dès les premières années de sa vie.


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Peinture de 1965 de M. Jean Le Brochet, représentant l'église du Glaizil où Mgr Jean Eyraud a été baptisé.



Pat Sander continue :

"Nous avons visité le séminaire de Gap où Jean Eyraud a étudié la théologie  de 1899-1904.

Fr. Tekippe et moi-même avons célébré la messe à l'autel de la Cathédrale de Gap où le Fr. Eyraud a été ordonné prêtre en 1904 et dont il a dépendu de 1909-1910. Nous avons aussi visité la belle Cathédrale d'Embrun où il a été nommé de 1905-1909.

Nous avons ensuite fait un pèlerinage à  Dame Notre du Laus, où le Fr. Eyraud a dit sa première messe d'action de grâce. L'église de Notre le Dame du Laus a été érigée  juste à côté du lieu des apparitions, où La bienheureuse Benoite Rencurel a vu la Sainte Vierge Marie en 1664. Ces apparitions ont dû avoir une influence spirituelle dans la vie du jeune Jean Eyraud pour qu'il ait choisi ce lieu pour sa première messe.
"

Nous avons passé de nombreuses heures dans les archives du département des Hautes-Alpes et découvert  les actes de naissance des deux plus jeunes frères  de Jean, François Joseph Eyraud (1883 né) et Florentin Ernest Eyraud (1885 né). Malheureusement François est mort en bas âge et Florentin est mort à l'âge de cinq ans. Donc Jean a été le seul garçon qui est arrivé à l'âge adulte dans sa famille.

Dans ces recherches, nous nous sommes rendus compte que le jeune père Eyraud a vécu dans une période très turbulente au niveau politique en France. La loi de Séparation de "l'église et de l'état" en  1905 a abouti à la confiscation de tous les biens  d'église par le gouvernement français. La résidence de l'évêque à la  Cathédrale de Gap a été confisquée par le gouvernement qui en a fait un bureau pour le Consul général et l'évêque a été littéralement expulsé de sa maison. Ces évènements se sont produits juste un an après l'ordination ( 1904) de Fr. Eyraud.

Quelques jours plus tard, les soldats français ont essayé d'entrer dans la Cathédrale pour en faire l'inventaire, mais des fermiers locaux fourches à la  main, ont entouré le batiment pour empêcher les soldats d'entrer. Beaucoup de prêtres ont été expulsés de leurs presbytères, d'autres ( tous en réalité : petit mot rajouté par l'auteur du blog )  )  ont perdu leur revenu et un grand nombre ont quitté la France pour d'autres parties du monde.  Fr. Eyraud a été un de cinq prêtres du diocèse de Gap qui est parti pour l'Archidiocèse de la Nouvelle-Orléans en 1910.

Cela a été  une grande perte  pour le Diocèse de Gap mais une merveilleuse bénédiction pour l'Archidiocèse de la Nouvelle-Orléans.

Peut-être la plus grande joie  que nous avons éprouvée au cours de notre pèlerinage a été notre rencontre avec plusieurs prêtres du lieu qui ont marqué un réel empressement pour nous aider dans la Cause et la diffusion des détails  de la vie de Fr. d'Eyraud et l'information auprès des Français.

Very Rev Patrick B. Sanders, V.F.


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Monseigneur Jean Eyraud  est né le 11 novembre 1880 au Glaizil. Il est décédé aux Etats Unis le 5 février 1968 . Il a laissé un souvenir extraordinaire auprès de ses paroissiens et dans son diocèse. Aux dires de tous, sa vie fut exemplaire et sa charité remarquable.  Un procès de béatification a été ouvert le 3 novembre 2001 ( Nihil Obstat) !  Un livre est sorti aux Etats Unis intitulé "Pere, the Little Frenchman " qui a été écrit par  Darlène Labranche. Il a été question que ce livre soit traduit en Français aux alentours de 2004 mais la chose ne s'est pas faite jusqu'à ce jour. 


Quelques explications :

-Tous les documents le concernant qui sont en ma possession, ont été écrits en anglais ( y compris le livre "Pere, the Little Frenchman "). Donc le travail est considérable.  Je remercie Anne-Charlotte pour son énorme travail de retranscription !
- A ma connaissance je suis le premier à écrire quelques choses sur lui, via internet...... Mon Site  est centré sur le village du Glaizil et je me devais de parler de Mgr Eyraud et de sa possible béatification.
- Je suis en  contact avec sa famille ( M. Iréné Gonsolin et son épouse Reine Marie ) ......qui devrait me donner de plus amples renseignements.
- Que toute personne qui a des renseignements sur Mgr Jean Eyraud n'hésitent pas à me contacter à l'adresse suivante : glaizil@hotmail.fr


Les grandes lignes de sa vie .

image04 A gauche, la maison natale de Mgr Eyraud, au centre une peinture du village, à droite la vue sur l'Olan ( photo prise du Glaizil).

Mgr Jean Martin Eyraud est donc né au Glaizil le 11 novembre 1880 et a grandi  dans un site exceptionnel. Frère Pat B. Sander (postulateur) qui est venu des Etats Unis pour enquêter sur  Frère Jean Martin Eyraud s'exclame dans un journal américain ( diocésain) "C'est une vue incroyable que le petit Jean a pu contempler chaque matin dès les premières années de  sa vie .....".

Les parents ont eu cinq enfants.
Marie Ernestine Eyraud née le 20 février 1877,
Clémence Isoline Eyraud née le 6 novembre 1878,
Jean Martin Eyraud né le 11 novembre 1880,
François Joseph  Eyraud né en 1882,
Florentin Ernest Eyraud né en 1885.
Mais le  jeune Jean Martin perd  ses deux jeunes frères : François-Joseph né en 1882, mort  en bas âge et Florentin-Ernest  né en 1885, mort à l'âge de 5 ans. La mort de ses deux jeunes frères marqua profondément Jean.  Il est donc le seul garçon à être arrivé à l'âge adulte.

Très jeune il a le désir de devenir prêtre.

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L'église du Glaizil  où Jean Martin a été baptisé et venait assister à la messe.


image006L'intérieur de l'église. Elle a été construite en 1850.  Des travaux de peintures sont prévus.


L'oncle de sa mère Rosalie  ( 1841-1901),  était prêtre à Gap ( Père Joseph Provençal) . Cet oncle instruit s'intéressa personnellement  à Jean Martin  et lui donna un enseignement primaire jusqu'à ce qu'il entre en 1893  au "Petit Séminaire" d'Embrun. Puis en avril 1896 ( il a 16 ans) il continue ses études secondaire à Grenoble. Ses professeurs remarquent que c'est un élève doué et intelligent ( les 2 qualificatifs sont utilisés par ses biographes). Il est bachelier l'été 1899 : il a 19 ans.

Entrée au séminaire de Gap à un moment politique très particulier.

Il entre au séminaire de Gap à l'âge de 19 ans et fait ses études de 1899 à 1904. Plusieurs évènements marquent cette période de séminaire:
- pendant un an il doit faire son service militaire ( 1900 à priori ). En tant que séminariste , il est affecté dans les hôpitaux militaires ( 22eme régiment d'infanterie).
- il reçoit la tonsure le 21 décembre 1901 de Mgr Prosper Berthet à Gap.
- le 29 juin 1902 il reçoit les Ordres Mineurs,
- le 29 juin 1903 il devient diacre.
- enfin son ordination est retardé de quelques mois car il n'a pas encore 24 ans.

Il est finalement ordonné prêtre le 29 juin 1904 en la cathédrale de Gap et va dire sa messe d'action de grâce,  le lendemain, à Notre Dame du Laus, lieu d'apparition mariale qui se trouve à 15 km environ de Gap. Frère Patrick B. Sander de la commission d'enquête ( Postulateur ) voit dans cet évènement l'influence spirituelle de Notre Dame du Laus sur le jeune Jean Martin Eyraud.
Les jours qui suivent Père Jean  apprend qu'il est nommé vicaire par son Evêque à la cathédrale d'Embrun, où il restera de 1904 à 1910.

Mais voilà : le 9 décembre 1905, coup de tonnerre en France !


Le 9 décembre 1905 en effet, Aristide Briand ( député socialiste) arrive à faire adopter par le parlement une loi sur la "séparation de l'église et de l'état", suivie de très peu ( le 29 décembre 1905) par l'obligation de réaliser un inventaire de tous les biens d'église. Les édifices construits avant cette date devenaient propriété de l’État pour les cathédrales ou propriété des communes pour les paroisses. Cette loi se préparait depuis 25 ans et Aristide Briand est arrivé à la faire passer.

Les français le vivent plus ou moins bien. A Gap les locaux de l'évêché se transforment en bureaux du consul général. L'évêque est expulsé à la stupéfaction générale. Quelques jours plus tard lorsque les soldats veulent pénétrer dans la cathédrale pour récupérer l'inventaire, de nombreux paysans, fourches à la main, en interdisent l'accès. Les tensions furent très fortes.

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M. Robert Faure
( historien du Champsaur  qui a écrit de nombreux articles dans ce blog ) me signale  "qu'il y a eu en effet des échauffourées dans plusieurs paroisses du Champsaur lors de l'inventaire des églises , notamment à Saint Laurent du Cros, à Saint Julien, et à Chaillol".

Toute la France est touchée..... 

Voici un autre évènement marquant, qui s'est déroulé à la Grande Chartreuse en 1905.  Je vous le raconte de mémoire. Les soldats arrivent donc au monastère qui se trouve dans la montagne  pour l'évacuer. Les cavaliers forment une haie à la porte pour encadrer la sortie des moines. Leur chant se fait entendre puis ils sortent en procession de leur monastère sous le regard consterné des habitants de la région.
La stupéfaction est à son comble lorsque le commandant descend de son cheval, se tourne vers ses soldats, dégaine son épée, et la casse sur sa cuisse d'un geste sec ( ce qui équivaut  à une dégradation, au tribunal militaire,la mise aux arrêts jusqu'au jugement et un renvoi "de facto") puis revient vers les moines et se met à genoux. Soldats et paysans sont ébahis..... Cet événement montre à quel point la société française était partagée. Dans l'armée certains étaient contre cette loi. Il est très probable que certains paysans étaient pour.....

Un  autre accident se produisit dans le Velay,  le 27 février lors de  l’inventaire de la Chapelle du pèlerinage de Champels (commune de Monistrol-d'Allier). Une fusillade éclata faisant des blessés graves.....la France allait elle basculer dans la révolution ?

Le ministre de l'Intérieur Georges Clemenceau décide de renoncer aux opérations d'inventaire dans les cas où elles rencontrent une résistance violente. Georges Clemenceau déclara alors "quelques chandeliers ne valent pas une révolution".

Voilà donc une période bien compliquée pour notre République !

Mais revenons au Père Jean qui vit ses premières années de sacerdoce à Embrun.

En octobre 1905, Mgr Berthet l'envoie à la faculté catholique de Lyon pour parfaire ses connaissances et lui permettre dans le futur de devenir enseignant. Lui aussi a discerné en Jean Eyraud quelqu'un de doué.
Mais la mort de son Père,  Zozine-Florentin Eyraud ( 1850-1905), l'oblige à quitter Lyon, à revenir au Glaizil et à assumer les responsabilités de sa famille pendant plusieurs mois.

1905 à 1909 : il est vicaire à la cathédrale d'Embrun. Il est déjà très apprécié. Difficultés financières: les prêtres n'ont plus aucuns revenus. Un départ vers les Etats Unis est envisagé.

1909 à 1910 il est nommé à la cathédrale de "Gap".
 Au cours de cette année 1909, la Providence permit que le Père Jean Eyraud soit poursuivi voire harcelé par les avances d'une jeune femme du village de Saint-Bonnet, qu'un ami de longue date, le Père Blanchard,  qualifiait "d'hystérique". Très affecté par cette histoire sans fin, il partit passer quelques semaines en Hollande puis fit une longue retraite dans un monastère près de Paris. Il semble que cet évènement ait poussé le frère Jean à prendre la décision de partir aux USA avec cinq autres prêtres du diocèse.
Il reste quelques mois encore près de son évêque ( comme 3eme aide précise le livre) avant de partir définitivement.
Il part finalement vers la Louisiane avec cinq autres confrères. Il arrivent la-bas en juin 1910.

Son arrivée aux Etats Unis ( Louisiane ) en juin 1910.

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Carte des USA montrant l'émigration française au 19e et début du 20e  siècle. Trois Etats sont concernés principalement (je les ai mis en clair) : le Wyoming, la Floride, la Louisiane..... où le Père Eyraud est nommé.


Nommé à la cathédrale Saint Louis de la Nouvelle-Orléans.
1910-1911 : Il est nommé  à la cathédrale Saint Louis de la Nouvelle-Orléans auprès de Monseigneur JJ Laval, qu'il appréciera beaucoup. Il aimait effectivement travailler avec lui. Au bout de sept mois Mgr Laval fut muté et remplacé par Mgr Scotti. Ce départ affecta le Père Jean. Il travailla ensuite 2 ans avec Mgr Scotti.

Je vous rapporte un commentaire de Pat Sander ( vice-postulateur ) concernant l'arrivée du Père Jean aux Etats-Unis   : "Cela a été  une grande perte  pour le Diocèse de Gap mais une merveilleuse bénédiction pour l'Archidiocèse de la Nouvelle-Orléans". !!

1911-1913 ( il a 30 ans ) : il est vicaire à la cathédrale de Saint Louis en Haute Louisiane. Pendant plusieurs mois, ne connaissant pas l'anglais, il fait ses sermons en Français ! Sa messe devient progressivement francophone, d'autant qu'il touche son auditoire. Voici ce que dit un ancien paroissien  "....C'était un vrai plaisir de l'entendre parler cette belle langue et d'écouter  les leçons impressionnantes de foi qu'il nous enseignait ".
Toutefois l'adaptation au monde anglophone lui est difficile et il pense un moment revenir en France. Mais ses amis Champsaurins et en particulier le Père Graugnard l'en dissuadent.
Il monte une chorale composée de Français qui chantent un répertoire.....français. Les américains "sont ravis d'entendre cette douce langue chantée aussi bien.....".

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Photo du Père Jean Eyraud datant de 1914, quatre ans après son arrivée aux Etats Unis.
Cliché trouvé dans le livre "Père, The Little Frenchman".


Ces trois premières années il prend des cours d'anglais auprès des soeurs de la "Sainte Famille" jusqu'au jours il considéra qu'il était apte à assumer sa charge de prêtre à Saint Louis.

Le  Père Eyraud commence à prêcher  en anglais ( 3 dimanches sur 4 ) et  en Français un dimanche par mois......mais les paroissiens français restent avec lui. Il y a beaucoup de monde à ses messes......et comme à Embrun on l'apprécie pour son extrême disponibilité et gentillesse.

Nommé sur sa demande à la Paroisse "Saint Thomas l'Evangéliste" en 1913.

1913
  ( il a 33 ans ) Il exprime son désir de prendre en charge la paroisse de "Saint Thomas l'évangéliste". Lorsque l'archiprêtre apprit sa demande, il  lui dit:" Boy do you know what you are asking.....if you knew the mosquitoes of Pointe de La Hache...!!". Cette réplique méritait le texte en anglais " Garçon, sais-tu ce que tu demandes...si tu connaissais ces moustiques de la Pointe de La Hache et la pauvreté de la paroisse, tu ne voudrais pas y aller...". Je me suis étendu sur cette réplique car il me semble qu'après 9 années de sacerdoce conduit par la Providence, c'est la première fois que le Père Jean-Martin pose un choix...accordé par sa hiérarchie et révélateur de son tempérament.

Il s'agit, 3 ans après son arrivée dans le diocèse de la Nouvelle Orléans, d'une belle marque de confiance de la part du clergé américain.

Il est donc nommé curé à la Pointe de la Hache et devient  responsable à part entière de la paroisse "Saint Thomas l'évangéliste". Cette paroisse est non seulement pauvre mais elle n'a pas de prêtre ! Elle couvre un territoire étendu ( 25 miles, soit 40 km de longueur ) , peu construit, "sauvage" précise le livre. Il se plonge dans cette nouvelle responsabilité avec beaucoup d'ardeur. Dans certaine zone, n'ayant aucun batiment d'accueil  pour la préparation à la première communion, il reçoit les enfants en plein air, leur faisant la catéchisme sous de grands chênes.

Pire: il y avait beaucoup de relachement dans cette paroisse et un manque total du sens "religieux" ( difficile à traduire de l'anglais) . Conscient de l'importance d'une bonne formation pour ses paroissiens, il fait des sermons percutants, et pour tous les âges. Il met beaucoup d'énergie à enseigner non seulement les évangiles mais également a inculquer le sens du religieux, du respect nécessaire lié aux sacrements par exemple.
Il crée un groupe de prière "Holy Name society" (je ne sais pas comment traduire, peut-être "Société du Saint Nom") en 1914.
Le Presbytère et les locaux sont dans un état déplorables (Mgr Blenk en avait été choqué quelques années auparavant). Le père Jean répare, restructure, construit un presbytère correct. Mais voilà......

Un ouragan en septembre 1915 ( golf du mexique) : le père sortait tout juste de travaux importants lorsque cet ouragan dévaste la région faisant de nombreux morts (noyades en particulier....). Le nouveau presbytère construit en dur protège sérieusement l'église plus ancienne. Les paroissiens se réfugient dans l'église car elle se trouve sur un monticule. L'eau monte à l'intérieur malgré tout. 
L'ouragan terminé, tout le monde se met au travail pour dégager la boue qui se trouve à l'intérieur et faire les réparations nécessaires.

Mgr Blenk conscient de l'énorme travail que le Père Eyraud a fourni depuis deux ans, a peur qu'il se décourage et lui propose sa mutation à " St Peter Catholic Church". Le Père temporise (en accord avec son évêque) dans un premier temps pour tout remettre en état ! 

Dans un deuxième temps, il accepte sa mutation à "St Peter Catholic Church". Ses paroissiens ont alors pris conscience qu'ils perdaient un saint prêtre. "Many St. Thomas the Apostle parishioners had tears in their eyes when Father Eyraud told them of his departure and.... " Cette phrase aussi méritait d'être mise en anglais : " De nombreux paroissiens de "Saint Thomas L'apôtre" avaient les larmes aux yeux lorsque le Père Eyraud leur annonça son départ et il prirent conscience......".

Nommé par Mgr Blenk à "St Peter Catholic Church". 


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Saint Peter church dans la ville de Réserve.
Cliché trouvé dans le livre "Père, The Little Frenchman".


1916 (36 ans)  Il arrive à St Peter Catholic Church le premier vendredi du mois de juin 1916. Dans une interview de 1964 il précisait que jamais en 1916 il aurait pensé rester 47 ans en ce lieu. Et ce lieu vécut avec lui une véritable révolution........

Son arrivée  : après avoir vécu une certaine pauvreté les neuf premières années de son sacerdoce, il est très surpris par cette paroisse qui ne manque de rien sur le plan matériel. Il fut tellement surpris qu'il l'appela "ma cathédrale"  pendant de nombreux mois. Et comme nos amis américains sont précis à ce sujet, le livre "Père, The Little Frenchman" nous dit qu'il passa de 300 dollars annuels à 1200 dollars....et le père apprécia cette petite largesse au niveau financier. Mais il en fît profiter les plus pauvres.

Il se rend compte toutefois qu'il y a un énorme travail de remise en ordre dans cette paroisse sur le plan financier et surtout sur le plan spirituel. " Saint Peter avait tout l'air d'une paroisse mal suivie, mal financée. Il l'a transformée en une paroisse modèle dans l'Archidiocèse de la Nouvelle-Orléans. Encore aujourd'hui, les programmes, les organisations des écoles et des nouvelles paroisses que Monseigneur Eyraud a  instituées, sont toujours en place, servant d'héritage à ses convictions  religieuses et morales".  (extrait du livre PLF)

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La ville de Réserve en Lousiane. On comprend sur cette carte le problème des ouragans dans cette région (Golfe du Mexique) .


La ville de Réserve (Louisiane) à cette époque était très connue pour ses dancings et ses salles de jeux. Conclusion, les hommes préféraient aller au bar pour jouer aux cartes que d'aller à la messe. Seules les femmes étaient présentes à la messe du dimanche. Le Père Jean Eyraud s'en était rendu compte immédiatement.

Comme le curé d'Ars en d'autres temps, pour y remédier, il décidait de visiter les paroissiens à leur domicile. Tous étaient frappés par sa douceur, sa bonté, et sa ferme détermination pour le salut des âmes. Le texte en anglais est ensuite explicite "Behind this kindness and gentleness, there was the zeal and determination of the Apostles. Like his Divine Master...."
Traduction : "derrière cette bonté et cette douceur , il y avait le zèle et la détermination des apôtres. Comme son Divin Maître......" , il était prêt à être énergique pour le bien des âmes. Mais au delà des visites des familles, que pouvait-il  pour ces hommes qui ne venaient pas à la messe ? Il est arrivé à négocier avec le bar le plus proche de la paroisse, une heure d'ouverture plus tardive,  après la messe du dimanche ! Etonnant......

Le "grand-petit Frenchman" commence a remplir son église. Mais les hommes se font  toujours rares. Il leur propose une messe hebdomadaire pour eux à 5h du matin.  60 participent à cette première messe. Mais le jour de Pâques 1916, grosse surprise, 700 à 750 hommes participent à cette messe de 5h du matin. Un telle affluence n'avait jamais été vue à St Peter Church, de tout temps.....

Le père Jean Eyraud était bon, affable avec tous, gentil (je reprends les termes du livre) , sa voix toujours douce mais cela n'empêchait pas une détermination très enracinée à mener les âmes vers Dieu. Lorsqu'on lit tous ces qualificatifs, on peut parler de réelle charité...oui vraiment !

Petite réflexion personnelle :

A la lecture du livre de Darlène Labranche "The little Frenchman", on ressent une évolution très nette dans les expressions utilisées pour parler du Père Eyraud.

Première periode en France: cet enfant est repéré comme doué intellectuellement, sérieux, pieux.......

Deuxième période à son arrivée aux USA : le Père Jean est qualifié de "déterminé", aucun obstacle ne l'arrête dans sa mission, il repère de loin les problèmes et il a de grandes capacités d'organisation.

Troisième période à St Peter Church à Réserve : on sent un homme plus mûr, très attentif à ses paroissiens, au salut des âmes. Il est bon, affable, patient, charitable à l'extrême, ses sermons remuent ses paroissiens.....

Le temps des grandes réalisations.

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Le Père Jean Martin Eyraud à 40 ans environ


11/02/2010  article en cours d'élaboration ( traduction du livre en cours )


En résumé :

 A l'âge de la maturité son oeuvre commence à prendre forme. Il fait construire deux écoles pour les enfants déshérités et les enfants d'esclaves. Il prend fermement position pour la défense des droits des esclaves noirs qui travaillent dans les plantations de cannes à sucre.....non sans faire grincer quelques dents (imparable.....).
L'âge et sa fidélité au message du Christ lui donne une charité à toute épreuve. Elle est inépuisable.

Quelques années plus tard (il restera à St Peter in Reserve pendant 47 ans) il fait construire une nouvelle église sur le même secteur.

 C'est dans cette église qu'auront lieu après sa mort des passages incessants d'anciens paroissiens qui signaleront  plusieurs miracles. Devant toutes ces manifestations et la "vox populi",  les autorités écclésiales décident d'ouvrir un dossier de Béatification. Le dossier (clos a priori en 2003 par Mgr Terry Tekippe)  est en cours d'examen à Rome.

Pour information : Mgr Tekippe est  décédé cette même année 2003 en Grêce alors que son enquête était pratiquement terminée.

1937 (57 ans) il est nommé prélat. La photo ci-dessous date a priori de 1937.
Prélat, il se soucie du sort de ses congénères Champsaurins. Connaissant la pauvreté de certaines familles du Champsaur, il les aide financièrement à s'expatrier pour venir aux Etats Unis. En Louisiane il y a du travail pour tous. Une fois sur place il s'occupe de leur intégration.

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Année 1954 (74 ans) une année très forte pour Mgr Eyraud et un événement extraordinaire.


Il fête en 1954 ses 50 ans de sacerdoce ! Cette même année il reçoit à St Peter Church,  la Vierge Pélerine de Fatima qui depuis 1947 faisait le tour du monde sur l'invitation du Primat du Portugal pour demander la paix dans le monde et la conversion de l'URSS. Lorqu'elle arrive à St Peter Church le 31 janvier , elle est déjà passée dans 2000 églises des USA . Une procession solennelle est organisée pour son entrée. L'église est bondée. 

 
Une vision des paroissiens  au moment du couronnement de la Sainte Vierge :

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Au moment précis où il couronne la tête de la Sainte Vierge, Mgr Eyraud offrit ses 50 ans de sacerdoce et demanda une paix durable dans le monde. Il fit ce geste du couronnement avec une grande joie et un sourire sur les lêvres. Alors, aux dires de plusieurs paroissiens la Vierge se pencha en avant et lui sourit.


Un réputation de sainteté commence à naître autour de lui.

Le livre "Père, little Frenchman" reste assez discret, et on le comprend, sur cette vision extraordinaire qui marqua les paroissiens.  Il faut remarquer qu'aucun phénomène de ce genre ne se produisit dans les autres paroisses.  



1963 il a 83 ans et se retire officiellement de sa lourde charge d'évêque. Il devient prêlat de la maison Saint Pie XI.


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Monseigneur Jean Eyrand à l'âge de 83 ans. Il s'est déjà retiré ( été 1963 ) de St Peter Catholic Church. Cliché trouvé dans le livre "Père, The Little Frenchman".


Le 5 février 1968 il décède à l'âge de 87 ans après une vie bien remplie au service de tous.


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Devant la tombe de Mgr Eyraud, le Père Patrick B Sander (vice-postulateur). Ce prêtre est venu en France avec Mgr Tekippe pour l'enquête ecclésiale. La photo (transmise par Mme Gonsolin Reine Marie) se trouvait sur un bulletin daté de juillet 2001, qui faisait le point sur la possible canonisation de Mgr Heyraud.

 

Vice-Postulator for the Cause.


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Lecourtier Philippe 15/02/2010 15:50


Bonjour,

Je vous remercie de parler de Mgr Eyraud. Je suis l'auteur de cet article.....un article qui évolue pratiquement tous les jours. Je vous invite donc, si le sujet vous intéresse, à lire
l'article complètement en cliquant sur cette adresse : http://glaizil.over-blog.com/categorie-11279062.html

En traduisant de l'anglais le livre "Père, The Little Frenchman", je découvre ces jours-ci, émerveillé,   l'oeuvre magnifique de Mgr Eyraud .

En restant à votre disposition.
 
Bien cordialement.

M. Lecourtier.