Deux semaines à la découverte de l'Inde pour treize Hauts-Alpins

Publié le par Diocèse de Gap et d'Embrun

 

Sur deux semaines, du 20 février au 5 mars, un groupe de treize participants du Service diocésain de formation, conduit par le Père Pierre Fournier et fédéré à la Direction diocésaine des pèlerinages, s’est rendu en « visite solidaire » en Inde.

 

En partant en cet immense pays de plus d’un milliard d’habitants, en avançant dans la célèbre vallée du Gange, de Calcutta à Bénarès et à Dehli, la capitale, notre objectif était de vivre une triple solidarité.  

Une solidarité avec les sœurs indiennes de La Providence : elles se sont formées au noviciat de Gap. Elles sont maintenant cinquante-sept sœurs et novices. Notre solidarité financière aide leurs œuvres : écoles avec internats, dispensaire, activités pastorales.

Une solidarité avec les partenaires du « CCFD-Terre Solidaire » : les pères salésiens de Don Bosco qui, à Calcutta, accueillent les enfants de la rue. Le groupe leur a porté quelques vêtements d’enfants.

Une solidarité spirituelle en portant, à notre arrivée, auprès de la tombe de la bienheureuse Mère Teresa à Calcutta, les intentions de prière qui nous ont été confiées, et chaque jour à l’eucharistie concélébrée, de lieu en lieu, avec le prêtre et le diacre de notre groupe. Cette solidarité spirituelle entre notre diocèse et les croyants de l’Inde a été soutenue sur la base de la spiritualité du bienheureux Jean-Martin Moyë, fondateur lorrain des Sœurs de La Providence, et sur la base du livret réalisé à partir de prières de Mère Teresa, de Gandhi et d’autres croyants.

 

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 A la messe de départ avec les Sœurs de la Providence de Gap.
  La communauté nous confie des intentions de prière
et des messages aux soeurs indiennes.

 

Ce voyage a été préparé en lien étroit avec les sœurs de Gap, particulièrement Soeur Suzanne et Soeur Josiane. Pour concrétiser le « pont fraternel » entre notre diocèse et nos interlocuteurs, Mgr Jean-Michel di Falco Léandri nous a remis des Lettres pour les sœurs Indiennes de La Providence, et pour les évêques de Calcutta et de Dumka. Mme le Maire de Vitrolles, Mme Claudie Joubert, nous a remis aussi une lettre pour la sœur provinciale des sœurs indiennes, car leur « berceau » est ici, à Plan de Vitrolles, grâce à la jeune Amélie de Vitrolles qui, en 1823, a fait venir dans les Hautes-Alpes les premières Sœurs de la Providence de Portieux.

En Inde, partout une population grouillante et toujours en action, dans des conditions de vie rudimentaire. Une circulation où se croisent sans cesse vélos, rickshaws, badjajs, charrettes ou attelages, voitures, fourgons et camions, et animaux. Les mendiants, enfants, jeunes handicapés, mères de familles, qui se précipitent vers nous. Des visites dans la campagne profonde, en des villages où les véhicules n’accèdent pas, et en de grandes agglomérations urbaines. Bref, des contrastes saisissants.

Une participante nous partage la « trace » que lui laissent ces deux semaines si intenses : « Ce voyage en Inde, je l'espérais sans y croire. Maintenant, les populations des villages et celles des grandes villes si misérables restent en moi. J'ai beaucoup aimé aussi les spiritualités diverses rencontrées, la conférence sur l'interreligieux et celle du prêtre de l'ashram, puis sa messe inoubliable pour moi. J'ai aussi en mémoire ces trois couples charismatiques et leur prêtre : j'ai eu l'impression de rencontrer en eux le christianisme des premiers temps ; et la sérénité et le sourire de leurs visages et de leurs enfants m'interpellent ».

Sœur Marie-Françoise Mullanmadackal a été notre guide permanente. Formée au noviciat à Gap, ancienne infirmière à la Clinique des Alpes, elle vient d’être la première supérieure des sœurs indiennes de La Providence, avant Soeur Marie-Augustine. Au rythme de ses traductions en français, en anglais, en hindi, en santali,…, elle nous a frayé le chemin. D’abord dans l’immense Calcutta, à la maison-mère de Mère Teresa, à sa chambre monacale et à sa tombe, près de laquelle viennent prier de nombreux pèlerins, dans les quartiers populaires au Centre d’accueil d’enfants de la rue chez les Pères salésiens, au Centre des Fils de la Charité de Mère Teresa, puis à Chitipur, ce village où les Sœurs de La Providence viennent de construire, au milieu des cultures et près d’une pisciculture, une maison d’accueil avec une école. Elles projettent d’agrandir l’école et de construire un internat.

Et le train de nuit remonte le Gange et nous emmène à Sahibganj, dans la région du Bihar. Les sœurs ont choisi de venir ici, dans le Bihar, car c’est une région reculée, très pauvre. A nouveau l’hébergement chez les Sœurs de La Providence à leur maison entourée d’une école, non loin des pères jésuites, de temples hindous, d’une mosquée et de l’église paroissiale. Autant de lieux de rencontres, et une soirée à l’internat des filles animée avec leurs danses et leurs chants auxquels nous répondons par nos chants mimés pour la joie de ces fillettes très jeunes et de ces adolescentes qui posent mille questions sur notre visite.

De là, un petit car nous emmène dans la campagne profonde de Sohorghati. Le dimanche matin, à la messe de 7 heures, l’église est remplie par les élèves des sœurs et des pères. Aucun banc, tous assis au sol, chantant les cantiques à tue-tête, filles d’un côté, garçons de l’autre. Contact avec les deux prêtres indiens diocésains, les Pères Joseph et Joachim, responsables de la paroisse et d’une école. Visite du dispensaire des Sœurs : lutte contre la malaria foudroyante et autres maladies, morsures de serpents, etc.. Soeur Thérèse nous présente un plan pour agrandir le dispensaire, avec des lits pour les malades, mais comment le financer ? Nous devenons porteurs de cette demande. Visite en deux villages plus reculés encore, où nous sommes accueillis cérémonieusement : danseuses et musiciens (tambours,..), salutations rituelles, lavement des pieds de chacun de nous, remise d’un collier de fleurs à chacun, etc.. Puis les questions de quelques hommes et femmes, qui nous sont traduites pour avoir nos réponses : «  Qui êtes-vous ? Quel est le but de votre venue en Inde ? »  Et d’autres questions plus vives : « Savez-vous nos difficultés pour l’eau, la santé, l’école qu’il faudrait pour nos enfants,? Ce à quoi nous avons officiellement droit comme indigents ne nous est pas attribué, alors que faire ? Que ferez-vous pour nous ? » Questions qui nous touchent profondément. Les Sœurs de La Providence ont en ces villages un travail pastoral auprès des chrétiens et un travail social pour tous, avec des animateurs locaux. Et visite, à l’improviste, dans un autre village en y allant à pied, accompagnés par une autre Sœur. Avec elle, nous entrons chez des familles. Nous avançons au cœur du village et un sympathique attroupement se crée : rites de l’accueil, chants d’enfants et nos chants en réponse, et c’est l’heure du soir où rentrent chèvres et brebis avec leurs bergers. 

 

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 Le groupe haut-alpin accueilli à Calcutta par Soeur Marie-Françoise
et Soeur Nathalia, Soeurs de La Providence de Gap.

 

Toujours guidés par Soeur Marie-Françoise, à nouveau le petit car, puis le train de nuit vers la célèbre et vaste Bénarès (Varanasi aujourd’hui). Accueil chez les Sœurs de La Providence, où nous retrouvons Soeur Annamma et Soeur Alice, également formées à Gap où elles ont été actives avec le CCFD. Elles sont accompagnées par les jeunes postulantes de leur maison de formation, et nous parlent des vocations en Inde. Hébergement au centre diocésain de formation, bien équipé. Merveilleuse visite au Gange, au coucher du soleil, au ghat principal. Des hindous, hommes et femmes de tous âges, et ces jeunes mariés, viennent prier ici. Ils font monter leur prière vers le ciel. Ils déposent, dans une coupelle, des bougies qui s’en vont au fil de l’eau, signe de la flamme de la foi et de l’espérance. Le lendemain, rencontre avec le Père Styanand, sur le dialogue interreligieux : « Par notre identité chrétienne, nous sommes universels. Nous devenons des copèlerins avec tous ces croyants des diverses religions ». A l’Ashram Matridham, le Père Vincent nous parle des chemins de méditation qu’il enseigne, et il préside la messe, en anglais et en hindi. Nous sommes tous assis, lui près de l’autel et nous devant ce petit autel. Au sanctuaire de Bouddha, nous le voyons représenté avec ses cinq premiers disciples quand il leur dit les « nobles vérités » sur la souffrance et sur le chemin de la délivrance. Le soir, rencontre à l’évêché, avec Mgr Raphy Manjaly. Il nous parle de son grand diocèse, les 18.000 catholiques et 123 prêtres, au milieu des autres croyants. A la cathédrale, une fresque biblique, audiovisuelle et animée, retrace l’Histoire sainte, de la Genèse à la résurrection de Jésus vers la Jérusalem céleste. Le surlendemain, pas question de revenir sur le bord du Gange : une foule de jeunes arrive de toutes part, pieds nus, et, comme un fleuve, envahit les rues. Ils sont en pèlerinage pour la fête de la naissance de la déesse Shiva.

Pour terminer notre séjour, l’avion de Varanasi à la capitale, Delhi. Hébergement à la maison Santvana (la « Consolation »), dans un quartier très populaire. Nous faisons connaissance avec la communauté de cette maison : le Père Dheeraj Sabu, deux couples et leurs enfants, et des célibataires consacrés. Ils nous disent leur conversion radicale à la suite du Christ, leur choix de vie communautaire et missionnaire, leur accueil pour des retraites spirituelles, et, dans un autre quartier, leur maison de prière, d’adoration permanente. La visite, à Agra, des chefs-d’œuvre d’architecture, le Taj Mahal, le tombeau d’Akbar, le Fort Rouge. Elle se complète bien par l’accueil chaleureux chez une famille qui est en lien étroit avec la maison Santvana,  Les parents et les quatre enfants vivent le même choix du Christ et de l’accueil de tous, par exemple de ces hindous qui s’interrogent sur la foi des chrétiens. A Agra aussi, la messe à la paroisse Sainte-Marie où se forment des jeunes du petit séminaire.

Vient le moment de dire au revoir à Soeur Marie-Françoise, notre si fidèle guide. Comment lui dire notre gratitude, à elle et ses sœurs de La Providence.

Les suites de cette visite en Inde ? Une messe paroissiale sera animée à l’église de Plan de Vitrolles, au berceau des Sœurs de La Providence, le samedi 9 avril, à 18h00, avec la participation du groupe. Un diaporama sera présenté dans quelques temps. Un « arc-en-ciel » se fortifie ainsi, qui relie notre vie ici et nos hôtes en Inde : une alliance fraternelle de vie et de foi.
                          

Père Pierre Fournier
Service diocésain de formation
 


 

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