Célébration des funérailles du Père Jules Reymond

Publié le par Diocèse de Gap et d'Embrun

 

Ce mardi 21 décembre, Mgr Jean-Michel di Falco Léandri présidait la célébration des funérailles du Père Jules Reymond en la cathédrale Notre-Dame d'Embrun.

 

Ci-dessous les mots d'adieu de Mgr Jean-Michel di Falco, quelques photos et l'homélie de Mgr Félix Caillet.

 

 

  Cliquez ici pour écouter les mots d'adieu
prononcés par Mgr Jean-Michel di Falco Léandri

 

 

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 Avant la célébration, devant la cathédrale d'Embrun


 Mgr Félix Caillet proclame l'évangile

 

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De nombreux prêtres, fidèles et amis
participèrent à la célébration présidée
par Mgr Jean-Michel di Falco Léandri

Le Père Jules Reymond accompagné
à sa dernière demeure terrestre

   
   

 

 

 

HOMELIE DE LA MESSE
pour la célébration des funérailles du Père Jules Reymond
Cathédrale Notre-Dame d'Embrun - Mardi 21 décembre 2010

 

A croire que la première lecture de ce jour de l’Avent a été choisie pour notre frère Jules Reymond ! « Voici mon bien-aimé qui vient ! Il escalade les montagnes, franchit les collines, il accourt comme la gazelle. Le voici qui se tient derrière notre mur : il regarde par la fenêtre, il guette à travers le treillage ! » Sans doute, celui qui nous rassemble aujourd’hui aurait-il souhaité aller vers son Seigneur le pas alerte, sautant de rocher en rocher comme il le faisait durant l’essentiel de sa vie à la rencontre des chamois dans son pays de Vallouise. Mais il dût patienter, des jours, des semaines. Goûtant ces instants assis dans son jardin il guettait les visites à travers le treillage de sa vigne ou ses voisins, Bébert et Tatie Claire entre autres, par la fenêtre de sa salle. Il était heureux d’être entouré de toi. Heureux de vos visites, Monseigneur, dont il nous parlait avec bonheur. Vous disiez combien vous aimiez ce prêtre mais sachez qu’il vous le rendait bien. Il vous aimait. Il était heureux d’être entouré comme il l’a été par toi, Jean-Pierre, avec tes passages quasi quotidiens, par toi, Marie-Thérèse, sa sœur, et par vous, ses paroissiens, prenant à tour de rôle, la responsabilité des repas du week-end. Ses jambes l’avaient lâché mais son cœur était pressé de retrouver Celui qui avait été au centre de son existence : le Christ. Ces derniers temps, il réclamait avec impatience cette rencontre ! Mais une fois qu’il avait exprimé sa lassitude terrestre, il concluait par ce « bon ! » que nous lui connaissions, comme s’il voulait renouveler son « fiat », « qu’il me soit fait selon ta Parole, Seigneur ! » Une grande histoire d’Amour entre lui et son Dieu ! « Montre moi ton visage, fais-moi entendre ta voix, car ta voix est douce et ton visage est beau. »

Ce visage, Jules l’a longuement contemplé avec cette habitude qu’il tenait de son noviciat au Prado : la lecture quotidienne d’un Evangile en continue avec, à chaque fois, une nouvelle porte d’entrée. Avec Jean-Pierre, dans notre équipe pradosienne, nous nous souvenons de sa recherche évangélique sur l’humour du Christ ! Il a été déçu dans sa lecture. Pour lui, Dieu n’a jamais manqué d’humour à son égard, mais dans l’Evangile on voit plus souvent le Christ pleurer que rire et faire des blagues ! Cela lui manquait. C’était compensé par le fait que le Christ a passé beaucoup de temps à manger, à boire avec les pécheurs ! On se souvient de sa narration de l’Evangile de Cana, insistant sur ce que dit Saint Jean : le premier des signes que Jésus accomplit. Inénarrable ! N’a-t-on pas parlé de l’Evangile selon Jules, on pourra peut-être dire maintenant « selon Saint Jules ». L’Evangile l’habitait. Dans mes visites régulières, nous blaguions bien sûr, mais nous avions des échanges sérieux. Le tout dernier a donné lieu à un article que j’ai rédigé pour notre revue diocésaine Eglise dans les Hautes-Alpes à paraitre cette semaine : sur la place de la Parole de Dieu dans sa vie.


« Mon cœur m’a redit ta parole : « Cherchez ma face !
» C’est ta face, Seigneur, que je cherche : ne me cache pas ta face. J’en suis sûr je verrai les bontés du Seigneur sur la terre des vivants. » Cette bonté du Seigneur, chantée par le psalmiste, Jules n’avait de cesse de vouloir la partager, avec tous mais surtout avec les plus jeunes. Ces derniers gardent au cœur les paroles du Père Reymond sur l’Eucharistie. Pour expliquer les signes, il avait fait référence à son béret, à une chaise et à son mouchoir pour dire aux jeunes que tout pouvait avoir plusieurs sens et devenir signe d’une autre réalité plus profonde que ce pour quoi l’objet était fait. Le béret ! Il servait à se protéger du froid, mais aussi à saluer ou à exprimer un signe d’un agacement ou d’une amitié quand le prenant pour faire semblant de frapper il disait : « Tu m’énerves ! » La chaise servait à s’asseoir mais on pouvait aussi monter dessus pour être vu et entendu de tous. Ainsi en était-il du pain de l’Eucharistie. Ce pain devenait par la consécration du prêtre, au nom et en la personne du Christ, une autre nourriture, une nourriture de vie éternelle ouvrant à l’infini de l’Amour de Dieu pour les hommes. Combien de fois Jules m’a dit, en pensant aux jeunes : il faudra leur dire ! Il faut leur dire l’importance de l’Eucharistie, de la messe. Ils ne savent pas de quoi ils se privent. Lors d’un des nombreux pèlerinages qu’il a vécus, je me souviens combien nous avions découvert un Père Reymond totalement transfiguré quand nous lui avions demandé de présider l’Eucharistie pour le groupe. Jusqu’à la fin de sa vie, il a célébré la messe, le dimanche dans cette église de Baratier dans laquelle son corps va faire une dernière halte. Les paroles de la consécration n’étaient pas dite à la sauvette mais habitées de sa présence, prêtre de Jésus-Christ…

Si nous voulons être en cohérence avec ce que représente notre présence dans cette cathédrale ce matin, nous ne pouvons pas nous contenter de garder du Père Reymond l’image d’un prêtre atypique que les médias repéraient aisément au milieu d’une foule comme à la basilique Saint Pie X de Lourdes. Mais entendons ce qu’il a vécu. Il vous aimait, vous ses paroissiens. Il vous aimait profondément pour vous dire combien Dieu vous aime. Il aimait la vie pour vous faire comprendre que la vie est belle. Une fois je l’ai vu heurté, attristé, le jour où au lendemain d’une réunion sur l’accès aux sources, il avait été témoin d’égoïsme, dû à la peur de manquer. Avec ses mots à lui, simples et imagés, il voulait vous offrir ce cadeau de Noël, la Parole du Seigneur, le Verbe s’est fait chair. Ses commentaires, nous les buvions comme du petit lait selon l’expression de Paul dans sa lettre aux Corinthiens. « Je n’ai pas pu vous parler comme à des spirituels mais seulement comme à de faibles êtres de chair, comme à des enfants dans le Christ. C’est du lait que je vous ai donné et non de la nourriture solide ; vous n’auriez pas pu en manger ! » Il portait en lui cette question du Père Chevrier, fondateur du Prado : « Ces gens sont devenus mes amis mais sont-ils devenus les amis du Christ ? » Entendons ce que cet homme de Dieu nous laisse comme Parole de Vie. Sa vie est aussi Parole, parole d’Amour dont le Signe le plus parlant est l’Eucharistie.

« Bon ! » Jules, tu as terminé un chemin mais ton existence rejoint Celui qui est Le Chemin ! Ta voix s’est tue mais tes paroles vont résonner encore longtemps pour que nous puissions nous ouvrir à Celui qui est La Parole du Père. Nous ne t’aurons plus à nos tables, mais tu partages à jamais celle du Père dont nos messes sont un avant-goût.

A toi, Jules… Merci d’avoir été ce que tu es : un homme pétri d’humanité, un enfant bien-aimé du Père. Notre prière se fait Actions de Grâces pour l’œuvre de l’Esprit en toi. Jules ! Merci !

Mgr Félix Caillet 
             


 

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bernard 29/12/2010 18:59



père Jules,


 je vous ai si peu  connu , j'allais vous écouter les dimanches dans votre église, nous vous aimons, je vous le dis au présent, nous vous aimons comme tous ces gens qui
vous ont  accompagné ce 21 décembre 2010, je ne vous oublierai jamais.