Homélie de Mgr Léonard - 8 septembre 2005

Publié le par AS

Nativité de la Vierge Marie - Sanctuaire Notre-Dame du Laus 
 
Comme convenu, je vous parlerai de la Nativité de la Sainte Vierge et je voudrais, ce matin surtout, vous parler du message de Marie ici à Notre-Dame du Laus. Cet endroit a été pour moi une découverte. Jusque là j’avais entendu parler de ce sanctuaire ; j’avais entendu une fois ou deux le nom de Benoîte Rencurel mais en prévision de ma visite d’aujourd’hui votre évêque m’a fait parvenir cette petite brochure écrite par le père Combal « Première approche ». Je me suis dit que pour une première visite au Laus cette première approche pouvait suffire.
 
J’ai été bouleversé tout d’abord parce que le message de Marie en ce lieu est centré sur la conversion des pécheurs, la conversion de notre coeur. C’est pourquoi tout à l’heure en entrant dans cette basilique j’ai aperçu un prêtre qui était là en train de confesser et j’ai pensé que après la confession de la pénitente « tiens vaut mieux que deux tu l’auras » et j’ai fait là presque une confession publique tellement vous vous pressiez sur les bancs pour profiter au maximum de l’espace disponible. C’est très touchant que Marie ait voulu ici, par l’entremise de Benoîte, nous attirer, pauvres pécheurs vers la miséricorde de Dieu. De toutes les apparitions dans l’histoire de l’Eglise, celles qui se sont produites ici sont tout d’abord l’attestation par les faits qu’existe le nouveau monde, l’autre monde, que Jésus a inauguré par sa résurrection. Car à certains moments, nous serions tentés de douter de l’existence d’un autre monde. Parfois, surtout dans la culture d’aujourd’hui, nous avons le sentiment qu’un mur nous sépare de Dieu. Parfois nous avons l’impression que Dieu nous a oubliés dans son grand Livre. Il est sourd. Avec les siècles, il est devenu sourd à nos prières. Il ne nous entend pas. Et parfois la question, une tentation, la question se lève dans nos cœurs : « est-ce que nous n’avons pas misé notre vie sur une illusion ? » On se demande : « est-ce que tout ce que nous dit le Credo de l’Eglise n’est pas un peu trop beau ? »…. Avouez que parfois ces questions montent dans nos cœurs. Et toutes les apparitions sont l’attestation inscrite dans l’Histoire, vérifiées par la sagesse de l’Eglise, que cet autre monde existe, qu’il n’est pas une consolation à bon marché, qu’il n’est pas comme disait Karl Marx « un opium pour le peuple » mais que c’est une réalité. J’ai souvent été, pour ma part, réconforté par la parole de Marie à Bernadette à Lourdes quand Marie, dans un vouvoiement dit à Bernadette « Je ne vous promets pas de vous rendre heureuse dans ce monde, mais dans l’autre ». Ce témoignage très transparent de Bernadette atteste l’existence de l’autre monde. Aux disciples, au Laus, un coin du voile s’est levé sur la réalité de ce monde nouveau pendant 54 ans. Ca a été une attestation prolongée, insistante….
 
Dans nos pays d’occident, le Sacrement de la Miséricorde est souvent en chômage et c’est une injure au pardon de Dieu ; c’est une inconscience de notre part. il y a beaucoup de maladies actuelles du cœur humain qui viennent de ce que l’on oublie le pardon de Dieu et le pardon partagé aussi : que de tensions dans notre cœur, dans les couples, dans les familles qui viennent de ce que l’on ne se confie plus au pardon de Dieu et de ce qu’on ne se demande plus pardon les uns les autres. Il y a de nombreuses paroisses où ce sacrement n’est plus célébré ou bien, quand il est célébré, il l’est de manière inacceptable : pas d’aveu personnel, une absolution collective qui tombe en vrac sur l’assemblée alors que le Seigneur et l’Eglise veulent avec insistance que ce sacrement soit comme dans l’Evangile le lieu de la rencontre personnelle - même si c’est vécu en église et parfois en communauté – mais la rencontre personnelle de chacun et chacune avec le cœur du Christ. Nous avons une fameuse pente à remonter pour vivre de ce sacrement et si là où nous vivons nous contribuons à faire renaître le goût, l’amour de ce sacrement pour lequel Marie a visité ce lieu pendant 54 ans, non seulement ça va nous faire beaucoup de bien, mais cela va faire aussi beaucoup de bien aux prêtres. Il y a beaucoup de prêtres qui n’ont plus jamais l’occasion de vivre ce sacrement et je connais des prêtres, dans mon diocèse, qui vont chaque année dans des lieux de pèlerinage, notamment en France, afin de pouvoir confesser et ils en ressortent régénérés dans leur vie sacerdotale. Donc, si nous accueillons ce monde nouveau qui ici a pénétré pour toucher nos cœurs, si nous accueillons ce don de la Miséricorde, cela ne peut nous faire que du bien – aux pasteurs, au peuple chrétien – et ça réjouit le cœur de Marie et du Seigneur, et nous savons que la miséricorde du Christ est obstinée, tout comme la grâce du Laus. Je cite cette phrase de l’Ange à Benoîte : « c’est l’ouvrage de Dieu qui se passe ici, c’est l’ouvrage de Dieu que ni l’homme, ni le démon, avec toutes leurs malices et leur rage, ne sauraient détruire. Il subsistera toujours plus florissant jusqu’à la fin du monde et produira de grands fruits. » On ne peut pas être plus parlant. Nous savons que le don de Dieu en ce lieu ne nous lâchera pas. Il durera. Il traversera les épreuves du temps et donc le rassemblement très bon que nous vivons ce matin est à la fois un témoignage de fidélité à ce qui a été donné en ce lieu et aussi un témoignage d’espérance pour la victoire de la Miséricorde sur les médiocrités du cœur.

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