Orientations pastorales

Publié le par AS

PRESENTATION DES ORIENTATIONS SYNODALES

NOTRE DAME DU LAUS

 

DIMANCHE 27 MAI 2007

 

 

« Après avoir ainsi parlé, Jésus leva les yeux au ciel et dit: « Père, la vie éternelle, c’est qu’ils te connaissent, Toi le seul vrai Dieu et celui que tu as envoyé, Jésus Christ. » (Jean 17). Cette mission, le Fils l’a confiée à son Eglise.

 

Depuis la première Pentecôte que nous célébrons aujourd'hui, l'Eglise est « Sacrement du Salut » pour reprendre l'expression de l’un de mes illustres prédécesseurs à Gap, Mgr. Robert Coffy.

 

Il y a près de deux années que je vous ai invités, catholiques et « hommes et femmes de Bonne volonté », à entrer dans une démarche synodale. En octobre 2005, nous avons officiellement initié le « Pèlerinage synodal ». Depuis, vous vous êtes réunis par groupes dans les paroisses, dans les doyennés, entre amis, invitant d'autres personnes au-delà des membres de vos communautés.

 

Les premiers temps, les constats étaient empreints de souffrance et de nostalgie :

 

· Le nombre des fidèles est de moins en moins importants pour les messes dominicales.

 

· Les familles qui inscrivent leurs enfants au catéchisme sont minoritaires.

 

· Les aumôneries de jeunes ne rassemblent plus autant de jeunes qu’autrefois.

 

· Les prêtres en responsabilité dans les paroisses voient leur nombre diminuer.

 

· Le vivier des laïcs qui s'engagent s’épuise.

 

· Et pourtant les demandes de baptêmes et de mariage demeurent, les attentes des familles sont toujours là pour le décès d’un de leurs proches.

 

 

On pourrait continuer à élever le mur de la désolation et continuer à se lamenter mais peu à peu, la nostalgie et les regrets ont fait place à la responsabilité. En effet, quand le médecin fait un diagnostic, je l’ai dit samedi, c’est pour indiquer de quoi le malade souffre et par là, l’aider à guérir. Avoir le courage de la lucidité et de la vérité, c’est la condition d’un supplément de vie. Pour notre diocèse, c’est la condition pour que notre Eglise soit pleinement fidèle à sa mission.

 

 

Cette mission pastorale trouve ses appuis dans ce qui a été semé dans le passé.

 

L’ardeur infatigable des prêtres aînés. Les sillons creusés par le travail des services et mouvements. Bon nombre d’entre vous qui êtes engagés dans la vie des communautés chrétiennes, vous avez été formés par la démarche de révision de vie soutenant l’engagement. Les aumôneries qui ont subi de nombreux soubresauts au cours de leur histoire ont permis à des milliers de jeunes haut alpins de découvrir Jésus-Christ et de vivre sa Bonne Nouvelle. Il nous faut nous reconnaître héritiers de cette belle histoire.

 

Etre fidèle à la Tradition de nos « anciens », c’est aussi savoir inventer et oser. C’est accueillir avec le Christ, sur nos chemins, le souffle toujours nouveau de l’Esprit Saint. On peut aussi retourner le slogan : « Avec le Christ, un souffle sur des chemins nouveaux. » Peu importe !

 

 

Le moment est venu de donner corps à la réflexion menée au cours de ce Pèlerinage Synodal. Ce n’est pas le temps de la clôture ! Le travail n’est pas fini, il commence.

 

 

Aujourd’hui, moi, votre évêque, je m’engage avec vous sur un chemin renouvelé. Les orientations que je vais vous livrer viennent baliser la route pour les années qui viennent. Elles ne vont pas, d’un coup de baguette magique, renouveler le diocèse, elles passent d’abord par la conversion de chacun d’entre nous.

 

 

 

Voici donc les orientations et chantiers que je vous propose et sur lesquels je m’engage à travailler avec vous.

 

1. ACCUEILLIR L’AUTRE COMME LE CHRIST

 

En 2005-2006, la quasi totalité des équipes sont entrées dans le Pèlerinage Synodal par la porte : « Des communautés chrétiennes qui accueillent. » Ce souci de l’accueil habite la grande majorité des catholiques des Hautes-Alpes : accueil des personnes qui viennent demander un sacrement, accueil des divorcés remariés, accueil des personnes affrontées à la souffrance ou à la mort.

 

 

« Une question leur vint à l’esprit : lequel d’entre eux pouvait bien être le plus grand ? Jésus sachant la question qu’ils se posaient, prit un enfant, le plaça près de lui et leur dit : « Qui accueille en mon nom cet enfant, m’accueille moi-même et qui m’accueille, accueille celui qui m’a envoyé ; car celui qui est le plus petit d’entre vous tous, voilà le plus grand ! » (Luc 9 /46-48) L’enfant est l’image de celui qui cherche sa paix dans le cœur de l’autre : « Seigneur, mon cœur est sans prétention, mes yeux n’ont pas visé trop haut, mes désirs se sont calmés et se sont tus comme un enfant, tout contre sa mère. Mes désirs sont pareils à cet enfant. » (Ps 131 / 1-2) Le chapitre 25 de l’Evangile selon St Matthieu nous ouvre au mystère du Royaume des Cieux : accueillir l’autre, c’est accueillir le Christ.

 

 

L’accueil commence à la porte de chacun d’entre nous, bien avant de franchir celle de l’église. Dans un doyenné, il a été dit que l’évangile s’annonçait dans la cuisine, dans le jardin, au carrefour des relations naturelles. Le comprendre et l’accepter, c’est reconnaître que personne n’est exclu de la mission. Les orientations sont pour tous et non pour quelques-uns. L’atelier «fraternité communion» a bien été sensible à la nécessaire conversion du cœur qui permet d’accueillir l’autre dans sa différence. Notre Eglise diocésaine ne pourra jamais prétendre être accueillante si chacun, chacune n’a pas son cœur ouvert à l’autre.

 

J’engage les communautés paroissiales à mettre en place dans les secteurs, doyennés ou groupes de paroisses des lieux vivants d’information, d’accueil, d’écoute et de partage. Des lieux qui donnent quelque chose à voir de l’Eglise et de sa vie avec des personnes formées et des moyens suffisants. La beauté du lieu est la première politesse à offrir à celui qui passe. La beauté est ce qui donne envie de pousser la porte et par là, d’ouvrir, qui sait, la porte de son cœur à Dieu. Nos contemporains portent en eux une soif profonde d’être écoutés. Sur le chemin d’Emmaüs, la première parole n’a-t-elle pas été : « De quoi discutiez-vous tout en marchant ? » Alors, une autre parole est venue en écho : « Reste avec nous, Seigneur, il se fait tard. » Il nous tarde de passer du temps avec le Seigneur ! Le Secours Catholique avec son expérience des tables paroissiales nous invite à prendre des initiatives de « tables ouvertes » et de partage à

 

l’exemple aussi de celles que je propose aux prêtres chaque jeudi.

 

 

Orientation 1. 1

 

Mettre en place des lieux vivants… d’information, d’accueil, d’écoute et de partage.

 

 

Ces lieux d’accueil seront alors des espaces où l’on pourra recueillir l’information. Beaucoup de paroisses et de secteurs ont engagé des efforts pour publier chaque semaine une feuille d’annonces qui arrive dans la demeure des personnes isolées, âgées ou malades. Des sites ont été créés ici ou là. Je vous invite à améliorer la communication locale en lien et avec le soutien du Service Diocésain de la Communication. La communication doit fonctionner en « réseaux », dans tous les sens. Ce qui est vécu dans une communauté peut donner envie à d’autres de prendre des initiatives identiques. Ce qui paraît localement insignifiant revêt une autre importance ailleurs.

 

 

Orientation 1. 2

 

Améliorer la communication locale en lien avec le Service Diocésain de la Communication

 

 

Nous connaissons bien l’humour de la formule : « Si Mr le Curé visite ses paroissiens, il n’est jamais chez lui ! S’il reste chez lui, on se demande bien ce qu’il peut faire. » Ces lieux d’accueil donneront le signe de la communauté. C’est elle qui accueille et pas seulement le prêtre. C’est elle qui fait un bout de chemin avec l’autre, c’est elle qui conduit au Christ et par lui, au Père grâce à l’Esprit Saint. Au cours de la journée diocésaine de Guillestre, un atelier avait pour titre un peu brutal : « Passer de la religion à la Foi ! » La méditation du récit d’Emmaüs a ouvert notre Pèlerinage et nous a permis de prendre la mesure de notre accueil. Accueillir les personnes avec ce qu’elles viennent chercher même si leurs demandent nous déconcertent ou même nous agacent. Un chemin peut s’engager avec elles et sur ce chemin, la rencontre avec le Christ, le Ressuscité, le Vivant. Les Sacrements ne seront pas vécus comme simple réponse à une demande rituelle mais comme la célébration de l’œuvre du Christ dans le cœur de l’homme.

 

 

 

Orientation 1. 3

 

Se donner les moyens d’accueillir en communauté et d’accompagner dans la durée ceux qui demandent un sacrement ou un service sans être des

 

 pratiquants réguliers.

 

 

Beaucoup de rencontres ont permis à des souffrances de s’exprimer. Avec la maladie et l’affrontement à la mort, c’est l’échec dans l’amour qui pèse le plus. Nombreux sont ceux et celles qui demeurent fidèles à la parole donnée au-delà de la mort, au-delà de l’échec. Nous ne pouvons que les encourager à tenir et à les soutenir de notre fraternité. Le mariage ne peut rester qu’indissoluble. L’Eglise doit continuer à tenir l’engagement dans le mariage pour toute la vie. Il faut saluer ce qui est entrepris par les équipes de préparation au mariage qui prolongent souvent leur mission dans un suivi auprès des nouveaux couples. Des efforts sont entrepris pour l’accueil des jeunes parents sollicitant un baptême pour leur fils ou leur fille. Le bonheur des enfants qui s’épanouissent dans des familles heureuses nous pousse à croire à la fécondité de l’amour qui unit leurs parents. Cependant, certains connaissent l’échec et ne peuvent concevoir de vivre seuls. Ils fondent un nouveau foyer avec de nouvelles structures familiales.

Je vous invite, sous la responsabilité de la pastorale familiale, à mettre en place un ensemble d’actions en direction des divorcés remariés : des espaces où ils peuvent parler, être écoutés et respectés, des moments où ils peuvent renouveler leur responsabilité de parents.

 

 

 

Orientation 1. 4

 

Au niveau diocésain, ouvrir un CHANTIER :

 

Mettre en place, sous la responsabilité de la pastorale familiale,

 

un ensemble d’actions en direction des divorcés-remariés :

 

. Information générale, groupe de paroles

 

. Écoute, accueil individuel, cheminement leur permettant de garder une communion avec l’Eglise

 

. Accueil communautaire

 

. Formation d’accueillants : conseillers conjugaux et autres…

 

 

 

2. PRESENTS, ACTIFS, SOLIDAIRES AU COEUR DU MONDE.

 

Le Christ, dans son cœur à cœur avec le Père, nous portant dans sa prière dit : « Maintenant, je vais à toi et je dis ces paroles dans le monde pour qu’ils aient en eux ma joie dans sa plénitude. Je leur ai donné ta parole et le monde les a haïs parce qu’ils ne sont pas du monde comme je ne suis pas du monde. Je ne te demande pas de les retirer du monde mais de les garder du Mauvais. Ils ne sont pas du monde comme je ne suis pas du monde. Consacre-les par la vérité : ta parole est vérité. »

 

Le jour de notre baptême, nous sommes devenus, tous, prêtre, prophète et roi. Nous avons à l’être au cœur de ce monde au sein duquel nous vivons. Nous avons à le vivre d’une manière plus particulière en proximité avec les plus fragiles de nos contemporains.

Aussi, je m’engage à créer avec vous, au niveau diocésain, un centre de ressources, un observatoire des réalités humaines, économiques, sociales, sociologiques en s’appuyant sur les personnes compétentes de notre département.

 

 

 

Orientation 2.1

 

Créer un "centre de ressources" au service de l'amour et du partage

 

* pour les mouvements

 

* pour les secteurs

 

* pour les engagements personnels

 

Il comprendrait :

 

* un observatoire des réalités humaines, économiques, sociales,

 

 sociologiques du diocèse

 

* des personnes ressources dans différents domaines

 

* un animateur pour organiser des rencontres, des conférences, etc.

 

 

 

Si la mission nous envoie à la rencontre de tous, il est apparu dans la réflexion synodale que certaines personnes sont en droit d’attendre encore plus que nous leur fassions connaître et aimer le Christ. La génération des 25-40 ans. Ces hommes et ces femmes ont une vie de couple, beaucoup ont fondé une famille.

 

Ils sont engagés dans une vie professionnelle, et pour certains affrontés à l’épreuve du chômage.

La vie associative les sollicite. Parfois, héritier d’un milieu chrétien, ils portent autrement les grandes questions humaines et de foi. Je vous invite à les rejoindre pour écouter et accueillir leurs soucis, leurs préoccupations, leurs questions et pour faire un bout de chemin avec eux.

 

Je vous engage à accueillir les attentes des jeunes de 15 à 25 ans : lycéens, étudiants qui sont de plus en plus nombreux dans notre département, jeunes professionnels et saisonniers, pour les soutenir dans leurs initiatives.

 

 

 

Chantier

 

2.2 Lancer une réflexion pour une présence accrue auprès des jeunes :

 

· les 15-25 ans et leurs attentes

 

· les 25-40 ans avec leurs questions familiales, professionnelles,

 

    sociales de jeunes adultes engagés dans la vie

 

* animation "permanente"

 

* évènements ponctuels (rassemblements, groupes de réflexion, …)

 

 

Le diocèse ne peut pas ignorer les réalités économiques qui marquent notre département, à savoir le tourisme et les loisirs. Le temps des vacances permet à nos contemporains de retrouver une santé psychologique, morale, spirituelle et physique, mais la façon de concevoir la quête de performance dans le sport n’est pas sans incidence sur l’épanouissement humain des sportifs. Nous avons à participer à la réflexion des professionnels du sport sur les questions éthiques.

 

De plus, l’humanité se trouve confrontée à son avenir en matière d’environnement. Je vous engage à participer à la protection de la nature qui, selon le Créateur est toute orientée vers l’Homme qui en est responsable.

 

Chantier

 

2.3 Renforcer et élargir notre présence au monde du tourisme et dans

 

l’accueil des populations extérieures :

 

* les vacanciers, résidents secondaires et nouveaux arrivants

 

* les saisonniers

 

* aller à la rencontre des acteurs du tourisme et des loisirs

 

* participer à la protection de l’environnement

 

 

 

3. APPROFONDIR LA FOI ET SE RESSOURCER.

 

Au cours de ces deux dernières années, la plus grande partie d’entre vous a perçu la richesse et l’ampleur de la mission que le Christ confie à chaque baptisé. Mais la réponse ne peut être qu’accompagnée par une vie de prière, une nourriture quasi-quotidienne de la Parole de Dieu. Le mot « formation » est revenu sur toutes les lèvres.

 

J’ai confié au Père Pierre Fournier la charge de la formation permanente des laïcs et des prêtres. Je l’engage à poursuivre ses efforts qu’il ne ménage pas. Qu’il soit ici remercié. Le diocèse va développer des formations à plusieurs niveaux. La première nécessité est la formation de base qui ne peut être vécue qu’avec une grande proximité dans les secteurs et les paroisses. Les mouvements et les services portent plus que jamais la responsabilité de proposer des formations spécifiques. Je m’engage aussi à veiller à ce que certains d’entre vous qui en ont les aptitudes suivent des formations plus longues, des formations qualifiantes.

 

 

 

Orientation 3.1 et 3.2

 

En Eglise :

 

Au niveau diocésain

 

3.1 Développer des formations :

 

* de proximité (proximité géographique, selon les besoins locaux,

 

Formation initiale)

 

* spécifiques (liées à une mission, un service ou un mouvement) avec

 

des composantes techniques, humaines, spirituelles

 

* qualifiantes (formations à long terme, avec soutien financier possible)

 

3.2 Formation aux nouvelles techniques de communication et mise en place de nouveaux modes de formation

 

 

 

La formation intellectuelle aussi indispensable qu’elle soit ne fait pas tout. Aucun engagement pastoral ne peut et ne doit se vivre sans des temps de prière. L’activisme guette chacun. Aussi, j’invite prêtres, religieux, religieuses et laïcs à donner du temps à la prière, à la méditation, à la célébration quotidienne de l’eucharistie et je m’engage à le vivre avec vous. Nous ne pouvons pas vivre la communion fraternelle sans bénéficier de toutes les grâces du Sacrement de

Réconciliation. Le Sanctuaire Notre-Dame du Laus et l’abbaye de Boscodon sont des lieux privilégiés dans notre diocèse. Nous pouvons nous y ressourcer dans le silence et la rencontre avec notre Seigneur

 

 

.

 

Orientation 3.3

 

3.3 Renforcer et/ou créer des lieux de ressourcement ouverts pour :

 

* prier

 

* vivre le sacrement de réconciliation

 

* vivre un temps de communion fraternelle

 

* se ressourcer

 

* approfondir sa foi

 

* célébrer

 

4. VIVRE LA RECONCILIATION.

 

 

Le Sanctuaire Notre-Dame du Laus est, comme je l’ai dit souvent, le poumon de notre diocèse. Depuis le dix septième siècle, Marie, par l’intermédiaire de la Vénérable Benoîte hier et par d’autres aujourd’hui, nous conduit à la divine Miséricorde de Dieu, notre Père.

 

Lors des tout premiers temps de préparation des Journées diocésaines que nous avons vécu cette année dans les archiprêtrés, il est apparu essentiel de consacrer un des neuf ateliers à la Réconciliation. Nous avons des réconciliations à vivre ! En diocèse, nous avons des réconciliations à accueillir et à entreprendre. Mais elles ne peuvent être pleinement vécues que si nous travaillons à nous réconcilier d’abord avec nous-mêmes. Alors, nous rendrons ce service à notre société, nos communes, nos villages de participer à des nouveaux tissages de liens sociaux. Entre familles, au sein d’une même famille, nous sommes parfois fâchés depuis des générations. Nous ne savons même plus pourquoi mais nous restons toujours en querelle. La réconciliation est une nécessité dans la vie sociale comme c’est une exigence de la vie de communion.

 

Aussi, comme prêtre, ministre de la réconciliation et comme évêque ministre de la communion diocésaine, je vous demande de rechercher inlassablement les voies de la réconciliation dans chacune de vos communautés.

 

 

 

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