Le nouveau Président acceptera-t-il une invitation dans "sa" cathédrale d’Embrun ?

Publié le par LAB

Même s’il n’existe plus de chapitre à Embrun depuis 1801, puisque cette ville n’est plus siège épiscopal, on entend souvent dire que le président de la République française est de facto, au moment de son élection, nommé proto-chanoine de la somptueuse cathédrale. Pourquoi ?

La cathédrale d'Embrun


Avant la Révolution française, Embrun est un archevêché, métropole d’une vaste province des Alpes maritimes. La cathédrale de Notre-Dame du Réal est aussi le but d’un pèlerinage qui prend son essor au XIIIe siècle et qui deviendra même royal sous le règne de Louis XI, au cœur du XVe siècle. Louis XI fut dauphin, présent dans la province, sous le nom de Louis II.

Le président Albert Lebrun venant chercher son titre de Chanoine (crédits : archives diocésaines de Gap)


Autour des évêques, mais souvent indépendants de son autorité, se réunissent alors des chapitres : les chanoines sont des clercs le plus souvent, promus pour leurs compétences, leurs fonctions ou leurs liens avec le diocèse. Les libéralités royales en faveur d’Embrun, notamment celles de Louis XI, Henri II ou Louis XIII, incitent le chapitre d’Embrun a faire du souverain le premier de ses membres (proto = premier). Ainsi, Louis XIII est créé chanoine en 1629.

Le président Charles de Gaulle recevant la médaille de la cathédrale (crédits : archives diocésaines de Gap)


A sa suite, malgré la suppression de l’archevêché et donc du chapitre d’Embrun, certains chefs d’Etat français ont fait le déplacement pour honorer cette distinction. Avant la Seconde Guerre mondiale, Mgr Bonnabel a reçu le président Albert Lebrun. Ce sera ensuite le général de Gaulle : à celui-ci, l’évêque de Gap remet la médaille
de la Cathédrale. Une invitation a été envoyée par Mgr di Falco à Nicolas Sarkozy le 11 mai pour lui proposer de venir récupérer son titre à Embrun.

Charles de Gaulle reçu par Mgr Bonnabel, sur le parvis de la cathédrale (crédits : archives diocésaines de Gap)


La Constitution de 1958 stipule que le chef de l'Etat jouit des pouvoirs et prérogatives de ses prédécesseurs. C'est ainsi que par héritage d'Henri IV pour la basilique du Latran, de Louis XI pour la cathédrale d'Embrun et de François 1er pour la cathédrale de Saint-Jean-de-Maurienne que le président de la république est chanoine de droit.

                                       
Luc-André Biarnais
                                        Archiviste diocésain


Note de la rédaction : Mgr Jean-Michel di Falco Léandri, actuel évêque de Gap, a ouvert une procédure auprès du Saint-Siège afin de récupérer le titre d'évêque d'Embrun, rattaché successivement au cours de l'histoire à l'évêque de Lyon puis d'Aix-en-Provence.

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