Une partition de Nivers à la Bibliothèque diocésaine Mgr Depéry

Publié le par AS

A la fin de l’année 2006, un prêtre du diocèse a remis à la Bibliothèque diocésaine Mgr Depéry la majeure partie de ses livres : 600 volumes environ. Que tous ceux qui contribuent de cette manière à enrichir notre bibliothèque en soient vivement remerciés. Parmi tous ces livres donnés se trouve un trésor.

Ce trésor est un recueil de partitions écrites par Guillaume Gabriel Nivers. Ce petit volume de 143 pages ressemble à un vieux cahier d’écolier. La première page porte la date d’impression de 1636 – nous verrons plus loin ce qu’il faut penser de cette date. L’imprimeur serait Pierre Faure, à La Brocherie de Grenoble. Pierre Faure est, dans le deuxième quart du XVIIIe siècle, l’imprimeur de l’archevêque d’Embrun. Cet ouvrage est orné de trois ex-libris, c'est-à-dire de marques de propriétés. La première de ces marques est rayées proprement et concerne un certain Moraud ou Morand dont nous ne savons rien d’autre. Les deuxième et troisième concernent Régis Hermil et datent du début du XIXe siècle : précisément le 9 thermidor an IX, soit le 29 juillet 1801.

 


La biographie de Gabriel Nivers est bien connue, il est né en 1632. Ses œuvres sont uniquement religieuses, messes et motets notamment, elles sont régulièrement jouées et sont accessibles sous la forme de CD. Outre quelques articles dans des encyclopédies spécialisées, sous forme papier ou électronique, notre musicien fait l’objet d’une biographie publiée en 2004 par le CNRS et écrite par Cécile Davy-Rigaux – biographie toujours disponible en librairie. La vie de Nivers s’inscrit, bien entendu au cœur du règne de Louis XIV, époque de Molière et La Fontaine bien sûr, de Lully évidemment, de Bossuet enfin. Dans le Dauphiné, nous sommes aussi à la période dans laquelle a vécu Benoîte Rencurel.


Nivers naît en 1632, étudie à Paris dans les années 1650 alors qu’il obtient son premier poste d’organiste à Saint-Sulpice en 1654, haut lieu de l’orgue français à partir de cette époque. En 1678, c’est là l’événement marquant d’une carrière et d’un talent, il obtient un quartier d’organiste à la chapelle royale : il joue un trimestre par an, trois autres organistes se partageant le reste de l’année. Jusqu’à son décès, en 1714, il construit son œuvre, tant en musique instrumentale et vocale qu’en ouvrages liturgiques.

La salle de lecture de la bibliothèque diocésaine


Il s’agit d’un recueil de partitions de chants grégoriens, les portées n’ont que 4 lignes, utilisées pour les célébrations de la semaine sainte en fonction des récits de chacun des évangélistes, Matthieu, Marc, Luc et Jean.

Revenons à la date d’impression de cet ouvrage : il n’a pu être imprimé en 1636 alors que Nivers n’avait que 4 ans. D’autre part, l’auteur est présenté comme organiste de la chapelle royale et maître de musique de la reine. Il est nommé à ces postes respectivement en 1678 et 1681, cet ouvrage ne peut-être antérieur à cette dernière date. Enfin, Pierre Faure est l’imprimeur de l’archevêque d’Embrun dans les années 1725.

Cette partition, cette œuvre de Gabriel Nivers se trouve depuis 2006 à la Bibliothèque diocésaine Mgr Depéry, située à Notre-Dame du Laus. Elle fait l’objet d’une chronique sur RCF Hautes-Alpes (jeudi 26 à 8 h 40 et vendredi 27 avril à 7 h 50).

Renseignements au 04 92 50 95 59 ou au 04 92 40 00 26 ou par messagerie électronique : archiviste.diocesain.gap@wanadoo.fr.

                            Luc-André Biarnais
                            Bibliothèque diocésaine Mgr Depéry

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