Pour voter avec discernement...

Publié le par AS

A quelques jours des élections présidentielles 2007, le diocèse de Gap met en ligne l'intégrale de ses chroniques d'enseignement social afin d'éclairer le choix des électeurs. Ce texte, véritable panorama des positionnements de l'Eglise sur de nombreux sujets se veut accessible au plus grand nombre. C'est dans un esprit de service, en complément du document “Qu'as-tu fait de ton frère?” publié par la Conférence des Evêques de France, que s'inscrit cette démarche voulue par Mgr di Falco.

"Personne, après avoir allumé une lampe, ne la met en quelque endroit caché ou sous le boisseau, mais bien sur le lampadaire, pour que ceux qui entrent voient la clarté.” Luc 11:33

L'enseignement social de l'Eglise est cette lampe capable d'éclairer les questions les plus complexes de notre temps. Le pape Benoît XVI rappelait encore tout récemment : “Dans ce patrimoine précieux, provenant de la plus antique tradition ecclésiale, nous trouvons les éléments qui orientent, de manière très sage, le comportement des chrétiens face aux questions sociales brûlantes. Cette doctrine, mûrie tout au long de l'histoire bimillénaire de l'Église, se caractérise par son réalisme et son équilibre, aidant ainsi à éviter les compromis erronés ou les vagues utopies.” (Sacramentum Caritatis, 2007, n° 91)

Pourtant, on le sent bien, certains voudraient un peu vite “mettre la lampe sous le boisseau”, faisant de l'enseignement social de l'Eglise un point d'appui certes intéressant, recélant une certaine sagesse indéniable, mais limité à n'être qu'une référence parmi d'autres. Après tout de quoi se mêlent-ils ces papes, de quoi se mêlent-ils ces évêques ?

Il faut alors réentendre ce que le bienheureux pape Jean XXIII, esprit ouvert s'il en est, initiateur du Concile Vatican II, dit dans l'un de ses textes : « Que Nos fils veuillent bien noter que lorsque dans l'exercice des activités au coeur du monde ils ne suivent pas les principes et les directives de la doctrine sociale chrétienne, non seulement ils manquent à un devoir et lèsent souvent les droits de leurs propres frères, mais ils peuvent même arriver à jeter le discrédit sur la doctrine elle-même, comme si sans doute elle était noble en soi, mais dépourvue de toute vigueur efficace d'orientation. » (Encyclique Mater et Magistra, 1961)

L'enseignement social se veut donc très clairement être “la lampe qui est mise sur le lampadaire” pour éclairer nos choix politiques, économiques, sociaux, que nos responsabilités soient exceptionnelles ou ordinaires.

Benoît XVI va même plus loin, rappelant que certaines valeurs sont dites “non négociables”, comme représentant un socle minimum en deçà duquel l'engagement du chrétien n'est plus en cohérence avec sa foi au Christ. Ainsi, nous dit Benoït XVI, la célébration de la foi “n'est jamais un acte purement privé, sans conséquence sur nos relations sociales: il requiert un témoignage public de notre foi. Évidemment, cela vaut pour tous les baptisés, mais s'impose avec une exigence particulière pour ceux qui, par la position sociale ou politique qu'ils occupent, doivent prendre des décisions concernant les valeurs fondamentales, comme le respect et la défense de la vie humaine, de sa conception à sa fin naturelle, comme la famille fondée sur le mariage entre homme et femme, la liberté d'éducation des enfants et la promotion du bien commun sous toutes ses formes. Ces valeurs ne sont pas négociables.” (Sacramentum Caritatis, 2007, n°43)

Et le pape d'ajouter : “Les Évêques sont tenus de rappeler constamment ces valeurs; cela fait partie de leur responsabilité à l'égard du troupeau qui leur est confié.”  C'est donc tout logiquement que de nombreux évêques de France se sont exprimés à l'occasion de la campagne présidentielle 2007, et ils continueront à la faire, soyons-en persuadés !

Le choix, même éclairé, on le voit, ne sera pas facile. Alors que faire diront certains ? Dans la fraîcheur et la joie de la Résurrection du Christ que nous venons de fêter en Eglise, écoutons le pape Jean-Paul II nous répondre : « Repartir du Christ : « Et moi, je suis avec vous tous les jours jusqu'à la fin du monde » (Mt 28,20). Cette certitude, chers frères et sœurs, a accompagné l'Église pendant deux mille ans, (...) C'est dans la conscience de cette présence du Ressuscité parmi nous que nous nous posons aujourd'hui la question adressée à Pierre à Jérusalem, aussitôt après son discours de la Pentecôte : « Que devons-nous faire ? » (Ac 2,37) Nous nous interrogeons avec un optimisme confiant, sans pour autant sous-estimer les problèmes. Nous ne sommes certes pas séduits par la perspective naïve qu'il pourrait exister pour nous, face aux grands défis de notre temps, une formule magique. Non, ce n'est pas une formule qui nous sauvera, mais une personne, et la certitude qu'elle nous inspire : « Je suis avec vous ! » Il ne s'agit pas alors d'inventer un « nouveau programme ». Le programme existe déjà : c'est celui de toujours, tiré de l'Évangile et de la Tradition vivante. Il est centré, en dernière analyse, sur le Christ lui-même, qu'il faut connaître, aimer, imiter, pour vivre en lui la vie trinitaire et pour transformer avec lui l'histoire jusqu'à son achèvement dans la Jérusalem céleste. » (Novo millennio ineunte, 29, Jean-Paul II).

Xavier HINAULT

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F. 28/04/2007 07:16

Merci pour ce texte et pour le panorama politique clair et complet que vous avez constitué sur se site. Puis-je me permettre de signaler à Monseigneur l'évêque l'appel lancé sur internet par des catholiques aux évêques de France concernant le 2nd tour de l'élection et concernant l'avenir de l'action catholique dans le débat politique :http://www.hermas.info/article-6483831.htmlSa réponse éclairerait beaucoup de catholiques, comme le montre les idées et préoccupations qui émergent sur de nombreux blogs et sites chrétiens.Respectueusement.