Souhaits de bienvenue de l'évêque aux vacanciers

Publié le par AS

« Ils ont des yeux et ne voient pas, des oreilles et n’enten­dent pas »

 

 

La montagne, souvent, les touristes y viennent pour se reposer ou se divertir. Il n’est pas rare d’en voir se déverser de la benne d’un téléphérique ou d’un autobus face à un merveilleux décor : des cathédrales qui dres­sent leurs flèches dans le ciel. Des cathédrales que nul homme ne construira jamais. Dieu seul pouvait les éle­ver pour chanter sa gloire.

 

 

On trouve en général plusieurs sortes de touristes dans ces lieux. Il y a le genre bourrasque, qui se précipite au pas de course au point de panorama conseillé par le guide, l’œil déjà rivé au viseur. Dans un concert de déclencheurs, il enferme la nature dans sa boîte, croyant ainsi se l’approprier. Un clic à droite, un autre à gauche, en haut, en bas, dessus, dessous, et hop ! déjà il est reparti. Qu’a-t-il vraiment vu ?

 

 

Il y a aussi le professionnel. Il lui faudra faire plusieurs voyages pour transporter son matériel. Puis c’est le repérage, le calcul du temps d’exposition, l’installation du pied. Il ne peut s’en passer, pas plus d’ailleurs que de son déclen­cheur souple. Ça y est, tout est prêt, zut ! Un nuage. Il attend, recadre et enfin « clic », la photo du siècle est prise.

 

 

Il y a ceux qui, aussitôt arrivés, font le tour du sommet comme s’ils étaient à la recherche d’un objet perdu. En fait, ils recherchent un emplacement pour s’installer, non pour admirer, mais pour fermer les yeux. Il paraît qu’on bronze mieux et plus vite à 2000 m. Alors, après s’être badigeonnés d’huile, ils se déposent en douceur sur le grill.

 

 

Je me souviens aussi de ces deux Japonais. Infidèles à leur réputation, ils n’ont pas d’appareils photos. Ils arrivent, ouvrent leur pliant, fixent leur chevalet, installent leur boîte de couleurs. Puis après un long regard silencieux pour mieux se laisser imprégner, ils fixent sur le papier, en de légères aquarelles, leurs sensations.

 

 

Il y en a d’autres enfin qui ferment les yeux, mais il ne faut pas se tromper. Leur attitude est celle de la contempla­tion. Ils ferment les yeux pour mieux voir, mieux éprou­ver l’imposante présence de la montagne.

 

 

J’aime personnellement ces moments, parce qu’ils sont un temps de retrouvailles. Retrouvailles avec soi-même, retrouvailles avec Dieu. Non pas que nous nous soyons perdus de vue au cours de l’année, mais là, nous passons de longs moments ensemble. Et puis, je ne sais pas pourquoi, la présence de Dieu se fait plus sensible dans de tels lieux. Et si c’était parce que, dans ces coins isolés, il n’y a que l’essentiel ?... Le superflu, qui trop souvent fait obstacle à Dieu, n’y trouve pas sa place.

 

 

Si je vous parle de cela en ce début d’été, c’est parce que je souhaite que, vous aussi, où que vous soyez, en vacances ou chez vous, vous puissiez vous créer un petit coin de désert. Profitons-en, notre diocèse regorge de lieux magnifiques et propices à une telle méditation !

 

 

Le temps des vacances est une invitation pour affiner notre regard sur les autres et sur nous-même. Dieu, lui, n’est pas en vacances. Donnons-lui de notre temps !

 

 

 

                          + Jean-Michel di FALCO LEANDRI

 

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