Messe dans le cadre du Festival International de Folklore de Gap

Publié le par AS

Le Festival International de folklore a été accueilli lors de la messe dominicale du 17 juillet 2005 en la Cathédrale de Gap. Une messe d’action de grâce, qui a réuni des groupes venus d’Arménie et de Provence, sans oublier le Pays Gavot, organisateur de cet événement désormais bien ancré dans la vie culturelle des Hautes-Alpes. Devant une assemblée aux mille couleurs, le Père Jean-Michel Bardet, curé, a insisté sur l’importance de la transmission de la tradition de génération en génération pour qu’elle reste vivante, a l’exemple de ces groupes folkloriques. Voici son homélie (photos : Michel Pean)

 

Une Cathédrale bien remplie, aux mille couleurs...

 

« Nous serions donc en train d’assister à une messe folklorique : qu’est-ce à dire ? Une messe dotée d’un exotisme particulier ? Il y a là comme une connotation péjorative, comme s’il y avait quelque chose de pas très sérieux ! Une messe saurait-elle être folklorique ? Assurément non !

Mais le folklore ne se définit vraisemblablement pas comme une réalité d’amusement pittoresque. Il n’y a qu’à regarder le sérieux et le travail considérable de tant de personnes qui, par amour d’une région, d’un patrimoine, d’une langue, d’une culture, réalisent tant d’efforts pour faire vivre ou revivre une tradition.

Une messe serait-elle dans ce cas folklorique ?

Peut-être davantage, à moins qu’il ne s’agisse de conserver comme dans un musée, quelques traces d’un passé révolu : alors cette messe ne sera décidément pas folklorique.

 

Un groupe de folklore avait fait le déplacement depuis l'Arménie 


Pourtant, un mot vient d’être prononcé : celui de tradition. La tradition n’existe que si elle est vivante, que si elle évolue, s’anime, portée par la vie de ceux qui l’habite de l’intérieur. Si le folklore porte sur lui ces attributs de la Tradition vivante, alors cette messe deviendra folklorique.

 

Rappelons nous ce qu’un jour saint Paul disait à ses amis : « Je vous ai donc transmis ce que j’avais moi-même reçu », évoquant la mort et la résurrection du Christ, les apparitions faites aux Apôtres, et le don de l’Esprit Saint.

Une tradition est digne de ce nom lorsqu’elle est accueillie, digérée, et retransmise, lorsqu’elle fait vivre ceux qui la reçoivent et la transmettent, lorsqu’elle devient ce continuum, cette âme qui relie la succession des générations en prenant le visage du temps présent.

Ainsi s’ agence la liturgie au fil des siècles, ce lien par excellence de la transmission, portant sur elle les attributs du monde présent, emportant avec elle quelques éléments des siècles passés, mais transmettant en elle l’essentiel capable de faire vivre des hommes, des femmes de toute langue, culture et nation au cours des générations.

 

A la sortie de la messe...

L’Evangile, la Bonne Nouvelle de Jésus Christ, a besoin d’une tradition pour que nous, hommes et femmes d’aujourd’hui, puissions transmettre à nos frères de demain, ce trésor de l’Espérance chrétienne.

Notre messe met en œuvre tout un folklore, mais elle n’en sera pas pour autant folklorique, si nous nous abstenons d’être des conservateurs, des collectionneurs ou encore des amnésiques irrespectueux.

Notre rassemblement sera tradition vivante si, au sortir de cette église, nous savons vivre l’Espérance que nous aurons reçue et accueillie tous ensemble.

Que vive davantage en nous ce que le Seigneur nous donne : c’est la première raison d’être de notre présence à la messe ce matin. Et réjouissons-nous avec nos frères et sœurs artistes, chanteurs, musiciens, de cette chance qu’il nous est donné de vivre. »

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