3.5.6. les rémunérations indécentes et la spéculation

Publié le par MG

La France a été secouée récemment par des affaires de rémunérations de dirigeants d’entreprises qui ont pu paraître « indécentes » au regard de la situation économique et sociale du plus grand nombre. L’Eglise sur ce sujet fait preuve d’une clarté évidente :

« Dans les pays économiquement développés, il n’est pas rare que des rétributions élevées, très élevées, soient accordées à des prestations peu absorbantes ou de valeur discutable, tandis que des catégories entières de citoyens honnêtes et travailleurs ne reçoivent pour leur activité assidue et féconde que des rémunérations trop infimes, insuffisantes ou, en tout état de cause, disproportionnées à leur apport au bien commun, au rendement de l’entreprise comme au revenu global de l’économie nationale. Aussi bien, Nous estimons être de Notre devoir d’affirmer une fois de plus que la rétribution du travail ne peut être ni entièrement abandonnée aux lois du marché ni fixée arbitrairement : elle est déterminée en justice et équité. (…) Il est clair que les principes exprimés ci-dessus valent partout et toujours. »  Encyclique Mater et Magistra, Jean XXIII, 1961

Concernant la propriété privée spéculative, l’Eglise se prononce également de façon très nette :

« le Concile a rappelé aussi non moins clairement que le revenu disponible n’est pas abandonné au libre caprice des hommes et que les spéculations égoïstes doivent être bannies. » Encyclique Populorum Progressio, Paul VI, 1967, 26

« La propriété des moyens de production, tant dans le domaine industriel qu’agricole, est juste et légitime, si elle permet un travail utile ; au contraire, elle devient illégitime quand elle n’est pas valorisée ou quand elle sert à empêcher le travail des autres pour obtenir un gain qui ne provient pas du développement d’ensemble du travail et de la richesse sociale, mais plutôt de leur limitation, de l’exploitation illicite, de la spéculation et de la rupture de la solidarité dans le monde du travail . Ce type de propriété n’a aucune justification et constitue un abus devant Dieu et devant les hommes. »  Jean-Paul II, CA 43



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