"Sacramentum Caritatis", l'Exhortation apostolique de Benoît XVI

Publié le par AS

Le pape Benoit XVI vient de publier l'exhortation apostolique « Sacramentum Caritatis » (Le Sacrement de l'Amour) consacrée à l'Eucharistie. Ce texte a fait la « une » de plusieurs journaux, qui n'auront probablement pas retenu l'essentiel (pour écouter Mgr di Falco sur Radio Vatican à ce sujet, cliquez ici)...

Ce texte est le second texte important de Benoît XVI, après l'encyclique “Deus Caritas Est” (Dieu est Amour). Il est tout a fait significatif de remarquer que Benoit XVI rappelle à nouveau l'importance pour le chrétien de l'Enseignement Social de l'Eglise (ESE), tout comme il l'avait fait dans sa première encyclique. On peut rappeler ici ce qu'il disait déjà il y a un an : « Dans la situation difficile où nous nous trouvons aujourd’hui, à cause aussi de la mondialisation de l’économie, la doctrine sociale de l’Église est devenue un repère fondamental, qui propose des orientations valables bien au-delà de ses limites » (DCE 28) A nouveau donc, encouragé par les Pères du synode d'octobre 2005, Benoit XVI “enfonce le clou” en consacrant un paragraphe entier à l'Enseignement Social dans ce nouveau texte qui n'est pas à proprement parler un texte “social” mais bel et bien un texte de nature « spirituelle ».

Pourquoi le pape nous parle-t-il de l'enseignement social dans un texte qui à priori n'est pas fait pour çà ? Cela est très révélateur du sens profond de l'Enseignement Social de l'Eglise qui est un enseignement dont l'enracinement est résolument de nature « spirituelle ». Ce faisant, Benoît XVI s'inscrit dans la droite ligne de Jean Paul II qui aborda l'enseignement social dans plusieurs de ses encycliques consacrées à des sujets qui à priori n'avaient rien à voir avec les questions sociales. Il n'y a donc pas de « dichotomie » dans la pensée du pape, avec d'un côté la foi, les réalités spirituelles et de l'autres les réalités sociales. Au contraire, c'est tout un : le pape s'occupe du « social » comme découlant directement de la foi au Christ, le pape nous enseigne par ailleurs que toutes les « réalités sociales » ne sont appréhendées de façon satisfaisante seulement si elles sont envisagées dans une perspective proprement « spirituelle », éclairées par la foi au Christ. Cette façon de comprendre les choses est finalement la juste réponse à ce que dénonçait le Concile Vatican II : « Le divorce entre la foi dont ils se réclament et le comportement quotidien d'un grand nombre est à compter parmi les plus gaves erreurs de notre temps. » (Vat II - GS 43)

Arrêtons-nous à présent sur quelques enseignements essentiels que contient le paragraphe 91 de ce nouveau texte du pape.

Tout d'abord Benoit XVI nous enseigne que l'Eucharistie n'est pas accessoire pour le chrétien présent au coeur du monde. Au contraire, nous dit Benoït XVI, « le mystère de l'Eucharistie nous rend aptes et nous pousse à un engagement courageux dans les structures de notre monde, pour y apporter la nouveauté de relations qui a sa source inépuisable dans le don de Dieu. » L'Eucharistie est donc la source d'une force, d'une énergie, d'une clairvoyance originales pour le chrétien qui en vit. Et ce fruit de l'Eucharistie n'est pas « accessoire » mais essentiel, essence-ciel, pour le chrétien qui veut espérer être à la hauteur de la situation complexe dans laquelle nous vivons et de ses enjeux.

De plus, la participation à l'Eucharistie nous engage, nous oblige à la cohérence ainsi que le rappelle Benoît XVI : « La prière que nous reprenons à chaque Messe: « Donne-nous notre pain de ce jour », nous oblige à faire tout notre possible, en collaboration avec les institutions internationales, publiques et privées, pour que cesse ou au moins pour que diminue dans le monde le scandale de la faim et de la sous-alimentation dont souffrent des millions de personnes, surtout dans les pays en voie de développement. » Bien plus : « Le chrétien laïc en particulier, formé à l'école de l'Eucharistie, est appelé à assumer directement sa responsabilité politique et sociale. »

C'est dans cet esprit que s'inscrit notre chronique d'enseignement social destinée à éclairer le choix de chacun à l'occasion des élections présidentielles.

Ceci n'est pas sans rappeler ce que disait le pape Jean-Paul II dans sa lettre Mane Nobiscum Dominum (Reste avec nous Seigneur) écrite à l'occasion de l'année de l'Eucharistie (2003) : « Il y a encore un point sur lequel je voudrais attirer l'attention parce que sur lui se joue d'une manière notable l'authenticité de la participation à l'Eucharistie, célébrée dans la communauté: c'est l'élan qui s'en dégage en vue d'un engagement effectif dans l'édification d'une société plus équitable et plus fraternelle. » (MND 28) Difficile d'être plus clair ! Autrement dit, si nous communions au Corps et au Sang du Seigneur, nous sommes « mis au pied du mur » : nous sommes appelés à vivre en fidélité au sacrement reçu dans notre quotidien social, économique et même politique... sous peine d'incohérence. Et nous ne pouvons invoquer notre incapaicité puisque c'est l'Eucharistie, le Corps du Christ Lui-même qui nous « rend apte ». C'est en ce sens que Jean-Paul II affirmait «  Le Christ nous a rachetés ! Cela signifie : il nous a donné la possibilité de réaliser l'entière vérité de notre être ; il a libéré notre liberté de la domination de la chair. (...) . Le commandement de Dieu est certainement proportionné aux capacités de l'homme, mais aux capacités de l'homme auquel est donné l'Esprit Saint(...)» (VS 103)

Benoît XVI nous rappelle également et nous redit, comme il l'avait déjà dit dans sa première encyclique, toute la valeur et la capacité d'orientation de l'ESE. « Dans ce patrimoine précieux, provenant de la plus antique tradition ecclésiale» nous dit le pape, « nous trouvons les éléments qui orientent, de manière très sage, le comportement des chrétiens face aux questions sociales brûlantes. Cette doctrine, mûrie tout au long de l'histoire bimillénaire de l'Église, se caractérise par son réalisme et son équilibre, aidant ainsi à éviter les compromis erronés ou les vagues utopies. »

C'est donc très logiquement que Benoît XVI invite chacun à nouveau à approfondir sa connaissance de l'enseignement social. Ce faisant il s'inscrit une fois encore dans la lignée de ses prédecesseurs, Jean Paul II ou encore Jean XIII, qui n'ont eu de cesse d'appeler à mettre l'enseignement social au coeur des propositions de formation dans les communautés chrétiennes, les paroisses, les diocèses, les mouvements et groupes divers. Benoît XVI nous rappelle, « comme le Synode l'a demandé, qu'il est nécessaire que, dans les diocèses et dans les communautés chrétiennes, on fasse connaître et on promeuve la doctrine sociale de l'Église. »

A nous tous et à chacun d'entendre ces messages, à nous tous et à chacun d'approfondir cet enseignement. La chronique proposée sur ce site à l'occasion de la campagne présidentielle y participe. Chacun pourra aussi utilement se reporter au document de synthèse de l'enseignement social de l'Eglise publié en 2005 en français.

Puissent ces enseignements du pape Benoît XVI, donnés en communion avec les Pères du récent synode, ne pas rester lettre morte ! Puissent ces enseignements du pape nous pousser à toujours davantage vivre en cohérence avec l'Eucharistie, le Corps et le Sang du Christ , que chaque dimanche nous recevons !

Xavier HINAULT
Groupe Gaudium et Spes 05

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Vincent 11/04/2007 13:41

Constats :
 

Avant même le 1er tour, les instituts de sondage et surtout les diffuseurs (presse écrite, radio, TV) ne nous présentent pas toutes les éventualités et les sondages dans leur intégralité.
 

 
 

Selon eux, il n’y a que Nicolas Sarkozy qui soit assuré d’être présent au 2ème tour et encore il ne pourrait être opposé qu’à Ségolène Royal.
 

 
 

Pourquoi exclure de la diffusion ou même des enquêtes de sondage un 2ème tour Bayrou / Royal ou Bayrou / Sarkozy, ou encore Le Pen / Sarkozy ou Bayrou / Le Pen ou Royal / Le Pen ? Est-ce si fantaisiste d’envisager que Sarkozy soit absent du 2ème tour  ou Le Pen présent à ce 2ème tour ?
 

 
 

Analyse :
 

Il me semble que nombre de propriétaires de diffuseurs (presse écrite, radio, TV) liés étroitement à l’UMP choisissent se complaisent à envisager un duel DROITE / GAUCHE au 2ème tour afin de privilégier la victoire de Nicolas Sarkozy opposé à Ségolène Royal.
 

Il me semble qu’ils se complaisent à laisser la France dans cet état perpétuel d’opposition entre deux partis qui gouvernent depuis 30 ans et ne veulent pas d’une recomposition du paysage politique qui pourrait aller à l’encontre de leurs intérêts capitalistes.
 

 
 

Pourquoi ne diffusent-ils pas d’autres résultats possibles que les sondages effectués révèlent. Je ne suis pas à leur place mais je crains qu’à travers une diffusion tronquée des sondages, ils veulent assurer à Nicolas Sarkozy une élection royale.
 

 
 

ET POURTANT :
 

 
 

Selon une enquête Ipsos de mardi dernier, Sarkozy l'emporterait largement sur Royal (54% contre 46%)....
 

MAIS SARKOZY serait largement battu par Bayrou (53,5% contre 46,5%). 
 

 
 

Encore faudrait-il que celui-ci accède au second tour.
 

Et le fait de diffuser largement ce sondage ne risquerait-il pas de développer le VOTE UTILE  pour battre Sarkozy, ce qu’ils ne souhaitent pas naturellement ?
 

 
 

ALORS ?
 

Je ne souhaite pas voir Nicolas Sarkozy  Président : Monsieur « MOI Je sais tout » qui promet tout à tout le monde.
 

J’en ai marre de la notion Droite / Gauche.
 

Le social n’est pas l’apanage de la Gauche. La sécurité n’est pas l’apanage de la Droite. Tous les citoyens ont parfois besoin, à un moment ou un autre, pour eux-même ou l’un de leurs proches, d’un accompagnement social. Tous les citoyens ont besoin de vivre dans un quartier où la sécurité est présente.
 

Il est temps de fédérer les énergies pour une France plus juste, humaine où l’économie ne doit pas être au service des fonds de pensions, des intérêts exclusifs des actionnaires mais au service du BIEN-ETRE DES HABITANTS.
 

Je souhaite que Nicolas Sarkozy – l’ami de Doc Gynéco, de Pagny, de Johnny Halliday –fumeurs de shit et parfois expatriés, de Pascal Sevran, de la famille Bouygues, du groupe Dassault.
 

Je partage mon soutien avec les 13 % d’électeurs qui avaient déjà voté UDF aux élections régionales de 2002 après la présidentielle. Et ce nombre de sympathisants ne fait que croître tant nous sommes nombreux à VOULOIR LE CHANGEMENT.
 

Je reconnais en François BAYROU une stature d’Homme d’Etat, posé, raisonnable, non agité, qui accepte le débat contradictoire.
 

Je reconnais en lui une volonté de RASSEMBLER et non d’opposer les habitats de notre pays.
 

Je lui reconnais sa volonté de non-compromission avec l’appareil UMP.
 

Je voterai François BAYROU au premier tour et vous invite à en faire de même pour faire gagner la France, pour nous faire gagner.
 

Et nous donnerons ensuite à l'UDF, aux législatives qui se dérouleront les semaines suivantes, la majorité qui lui permettra de gouverner CAR  nous sommes logiques et intelligents.Battons Nicolas Sarkozy pour faire gagner la FRANCE.