Commentaire d'Evangile du 1er dimanche de Carême

Publié le par MB

« Ayant ainsi épuisé toutes les formes de tentation, le démon s'éloigna de Jésus jusqu'au moment fixé. » Ainsi se termine cet étonnant épisode d'Évangile, où nous ne savons pas trop si nous sommes dans le domaine du rêve ou de la réalité.

Ce qui me réconforte, c'est qu'en ce qui concerne les tentations, il n'est nullement question de chocolat ! Hélas, notre façon de manger du chocolat pourrait bien être concernée par les réponses de Jésus tenté par le démon !

Ce qui est en question, c'est notre propension à l'orgueil, à la suffisance, à ce désir d'être « seul maître à bord » !

Alors regardons faire le Christ , regardons Jésus se laisser tenter : il écoute, il soupèse, il discerne,… mais ne livre pas son cœur : à chaque fois, c'est le refus d'être seul maître à bord, comme il le fera au terme de son parcours : « non pas ma volonté, Père, mais la tienne ».

Et c'est la parole de Dieu qui se trouve au cœur de cet enjeu.

La parole de Dieu comme source de vie... à condition de ne pas se considérer « seul maître à bord », de ne pas se saisir de la parole de Dieu pour servir ses propres intérêts, comme est tenté de le faire le démon.

Ecoutons aussi la sagesse de l'Eglise, qui nous redit que l'interprétation des écritures ne révèle sa plénitude que dans un partage entre frères, au sein de la communauté , pour bien se garder de la dévoyer , de la ramener à soi - aux intérêts d'un seul...

C'est là, dans cette attitude de questionnement, de recherche partagée, de cheminement ensemble, que peut se vivre un chemin de paix.

Le chemin de la paix n'est pas un chemin de tranquillité nous le savons bien : il est souvent un combat ! Mais il veut nous libérer de tout ce qui peut tirailler nos vies intérieures.

Celui qui vit, hameçonné par l'égoïsme, comment ne peut-il pas connaître ces tiraillements, ces déchirements de son être, lorsqu'à tout moment, la réalité vient frapper a sa porte ? À moins de se murer dans une forteresse, dans un isolement mortifère… c'est bien là l'illusion du pouvoir : croire qu'il nous donnera tout, y compris le bonheur... Mais il coupe notre être de la relation vitale à l'autre, à Dieu, à soi-même.

Le désert nous oblige à porter le regard sur toutes les facettes de ce qui compose notre vie. Dans les moindres détails, dans notre façon d'exercer nos plus petites responsabilités, dans nos façons de consommer la moindre bricole. Saurons-nous discerner en ses menues choses si nous les vivons dans une perspective d'échange, d'interaction, de service, ou dans un repliement sur soi ?

Le Seigneur nous demande une chose : pratiquer la justice et avancer humblement avec Lui. Pas tout seul dans son coin ! Avec Lui, avec nos frères ; c'est là que nous frayerons un chemin de paix intérieure dans nos jungles personnelles.

L'enfer, ce n'est pas « les autres ». « Les autres » sont une chance pour chacun, à condition qu'il ne reste pas des «autres », mais qu'ils deviennent « des frères ».Résister aux tentations pourrait en quelque sorte se résumer à cela, y compris dans le partage du chocolat.

Exigence du désert, qui nous fera revenir vers les autres et vers Dieu avec un nouveau regard, et cette volonté, ce désir, de trouver la paix en soi... mais pas sans nos frères.

               Père Jean-Michel Bardet
               Curé de la cathédrale de Gap

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odin 05/03/2007 23:41

Je trouve la religion absurde, pourquoi des personnes ont besoin de croire en ces absurdités? Est-ce que l'être humain a besoin d'avoir un "maitre a penser" pour vivre ? Je pense que l'humain peut penser par lui même, et n'a pas besoin de vos endoctrinements, de vos règles. Vous avez tué, vous avez massacré, tout comme toute les autres religions.