2.3. Les valeurs fondatrices d'une société humaine

Publié le par MG

2.3.1. Le bien commun
A la base de tout l'effort de construction de la communauté humaine, l'Eglise pose le principe du Bien Commun :

« Parce que les liens humains s'intensifient et s'étendent peu à peu à l'univers entier, le bien commun, c'est-à-dire cet ensemble de conditions sociales qui permettent, tant aux groupes qu'à chacun de leurs membres, d'atteindre leur perfection d'une façon plus totale et plus aisée, prend aujourd'hui une extension de plus en plus universelle, et par suite recouvre des droits et des devoirs qui concernent tout le genre humain. Tout groupe doit tenir compte des besoins et des légitimes aspirations des autres groupes, et plus encore du bien commun de l'ensemble de la famille humaine. » GS 26

2.3.2. La destination universelle des biens
Afin de promouvoir une approche équilibrée de la propriété privée, qui n'est pas absolue, et de fonder la solidarité entre les hommes, l'Eglise pose le principe de la destination universelle des biens :

« Le récent Concile l'a rappelé: "Dieu a destiné la terre et tout ce qu'elle contient à l'usage de tous les hommes et de tous les peuples, en sorte que les biens de la création doivent équitablement affluer entre les mains de tous, selon la règle de la justice, inséparable de la charité. " Tous les autres droits, quels qu'ils soient, y compris ceux de propriété et de libre commerce, y sont subordonnés : ils n'en doivent donc pas entraver, mais bien au contraire faciliter la réalisation, et c'est un devoir social grave et urgent de les ramener à leur finalité première. » Paul VI, PP 22

2.3.3. La solidarité
Conséquence directe du principe de la destination universelle des biens, l'Eglise appelle tous les hommes à la solidarité envers tous les membres de la famille humaine :

« La solidarité n'est pas un sentiment de compassion vague ou d'attendrissement superficiel pour les maux subis par tant de personnes proches ou lointaines. Au contraire, c'est la détermination ferme et persévérante de travailler pour le bien commun, c'est-à-dire pour le bien de tous et de chacun parce que tous nous sommes vraiment responsables de tous. » Jean-Paul II, SRS 38

« La solidarité nous aide à voir l' « autre » - personne, peuple ou nation - non comme un instrument quelconque dont on exploite à peu de frais la capacité de travail et la résistance physique pour l'abandonner quand il ne sert plus, mais comme notre « semblable », une « aide » (cf. Gn 2, 18. 20), que l'on doit faire participer, à parité avec nous, au banquet de la vie auquel tous les hommes sont également invités par Dieu. » Jean-Paul II, SRS 39

Véritable fondement de la vie sociale, cette solidarité doit s'exercer à tous les niveaux :

« Les problèmes socio-économiques ne peuvent être résolus qu'avec l'aide de toutes les formes de solidarité : solidarité des pauvres entre eux, des riches et des pauvres, des travailleurs entre eux, des employeurs et des employés dans l'entreprise, solidarité entre les nations et entre les peuples. La solidarité internationale est une exigence d'ordre moral. La paix du monde en dépend pour une part. » Encyclique Evangelium Vitae, Jean Paul II, 1995, 1941

2.3.4. Subsidiarité
Le principe de subsidiarité engage chaque élément de la société humaine à reconnaître les éléments dont il a la responsabilité comme ayant une capacité d'autonomie propre qui doit être favorisée et défendue :

« Dieu n'a pas voulu retenir pour Lui seul l'exercice de tous les pouvoirs. Il remet à chaque personne les fonctions qu'elle est capable d'exercer, selon les capacités de sa nature propre. Ce mode de gouvernement doit être imité dans la vie sociale. Le comportement de Dieu dans le gouvernement du monde, qui témoigne de si grands égards pour la liberté humaine, devrait inspirer la sagesse de ceux qui gouvernent les communautés humaines. Ils ont à se comporter en ministres de la providence divine. Le principe de subsidiarité [...] trace les limites de l'intervention de l'État. Il vise à harmoniser les rapports entre les individus et les sociétés. Il tend à instaurer un véritable ordre international. » CEC 1883-1885

2.3.5. Participation
Alors que surgissent de nouvelles idées en vue d'une participation plus active des citoyens à tous les niveaux, l'Eglise veut redire son attachement au principe de la participation de tous aux décisions, y compris notamment des plus défavorisés. L'Eglise appelle à ne pas avoir peur de l'implication du plus grand nombre dans les affaires publiques :

« Il faut louer la façon d'agir des nations où, dans une authentique liberté, le plus grand nombre possible de citoyens participe aux affaires publiques. Il faut toutefois tenir compte des conditions concrètes de chaque peuple et de la nécessaire fermeté des pouvoirs publics. Mais pour que tous les citoyens soient poussés à participer à la vie des différents groupes qui constituent le corps social, il faut qu'ils trouvent en ceux-ci des valeurs qui les attirent et qui les disposent à se mettre au service de leurs semblables. » GS 31-3

« Il est pleinement conforme à la nature de l'homme que l'on trouve des structures politico-juridiques qui offrent sans cesse davantage à tous les citoyens, sans aucune discrimination, la possibilité effective de prendre librement et activement part tant à l'établissement des fondements juridiques de la communauté politique qu'à la gestion des affaires publiques, à la détermination du champ d'action et des buts des différents organes, et à l'élection des gouvernants. » Vatican II, GS 75-1

2.3.6. Justice, Liberté, Vérité et Amour !
Mais toutes ces valeurs ne sauraient construire la société humaine si elles ne se vivaient pas dans la Justice, la Vérité, la Liberté et finalement l'Amour :

« Une société n'est dûment ordonnée, bienfaisante, respectueuse de la personne humaine, que si elle se fonde sur la vérité [...]. Cela suppose que soient sincèrement reconnus les droits et les devoirs mutuels. Cette société doit, en outre, reposer sur la justice, c'est-à-dire sur le respect effectif de ces droits et sur l'accomplissement loyal de ces devoirs ; elle doit être vivifiée par l'amour, attitude d'âme qui fait éprouver à chacun comme siens les besoins d'autrui, lui fait partager ses propres biens et incite à un échange toujours plus intense dans le domaine des valeurs spirituelles. Cette société, enfin, doit se réaliser dans la liberté, c'est-à-dire de la façon qui convient à des êtres raisonnables, faits pour assurer la responsabilité de leurs actes. » Jean XXIII, PT I

« L'amour - caritas - sera toujours nécessaire, même dans la société la plus juste. Il n'y a aucun ordre juste de l'État qui puisse rendre superflu le service de l'amour. Celui qui veut s'affranchir de l'amour se prépare à s'affranchir de l'homme en tant qu'homme. Il y aura toujours de la souffrance, qui réclame consolation et aide. Il y aura toujours de la solitude. De même, il y aura toujours des situations de nécessité matérielle, pour lesquelles une aide est indispensable, dans le sens d'un amour concret pour le prochain. [...]Cet amour n'offre pas uniquement aux hommes une aide matérielle, mais également réconfort et soin de l'âme, aide souvent plus nécessaire que le soutien matériel. L'affirmation selon laquelle les structures justes rendraient superflues les oeuvres de charité cache en réalité une conception matérialiste de l'homme : le préjugé selon lequel l'homme vivrait « seulement de pain » (Mt 4,4; cf. Dt 8, 3) est une conviction qui humilie l'homme et qui méconnaît précisément ce qui est le plus spécifiquement humain. » Benoît XVI, DCE 28


 

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chapelotte 24/02/2007 17:42

après lecture du blog ,je retiens un seul commentaire ::
comment etre chretien et voter a droite  etc   etc
merci tout de meme pour cette reflextion de l' eglise
j' aime notre dame du laus ,et c'est elle qui me demnde
de bien réfléchir sur cette élection 
                   en union de prières  claude 39

HiKy 19/02/2007 19:00

J'ai trouvé cette adresse dans le journal 20min.
Je ne comprends pas comment des hommes qui se disent chrétiens, qui disent suivre les traces de Jésus, osent inciter les autres au débat politique.
Jésus n'a-t-il pas dit qu"il ne faut pas faire partie du monde, comme lui ne faisait pas partie du monde " (Jean 17:16)?
Je trouve honteux cette prise de position de la part de l'Eglise et je comprends les nombreuses personnes qui s'en éloignent...
J'espère en tout cas que mon commentaire sera validé.

fabienne 16/02/2007 17:34

sincèrement, aprés la réafirmation de toutes ces valeurs, dont vous faites etat dans cet article, je souhaiterais que l'un d'entre vous m'explique comment on peut être Chrétien et de droite:
propagande, censure, rascisme,libéralisme outrancier, moins de couverture sociale, moins de solidarité aux plus pauvres, augmentation du revenu du capital, expulsions
vraiment, je ne comprends pas

Guy Derbez 15/02/2007 13:50


Merci pour cette bonne initiative. Certes , rien n'est parfait, et l'Eglise n'echappe pas à sa condition d'entreprise humaine (et inspirée?)....Mais au moins elle permettra au travers de ce site d'enrichir la reflexion de tous ceux qui souhaitent quitter le caniveau télévisuel ....Guy DERBEZ SEYNE les Alpes

fabienne 15/02/2007 10:44

Je suis Chrétienne, Catholique et tous les jours dans la Bible et les Evangiles je lis des textes qui nous enseignent non seulement un engagement personnel de reflexion sur soi-même mais surtout un engagement POLITIQUE au sens noble du terme , compassion, prise en compte de la souffrance de l'autre, partage soutien du plus pauvre, participation, comme Christ dans le temple face aux marchands, face aux puissants, à l'écoute des autres....
merci enfin à l'Eglise de s'engager dans un débat essenciel face à un monde qui ne cesse de "vouloir reprendre ce discour" mais ne l'applique jamais
Oui, le rôle de l'Eglise et du Chrétien est de s'engager pour que le débat POLITIQUE soit à la hauteur de l'Homme et non pas au raz des paquerette MERCI