Le Grand Silence à Gap !

Publié le par AS

Le documentaire sur les Chartreux réalisé par Philip Grôning est sur les écrans à  Gap, au cinéma le Club, ce vendredi à 20h30, samedi à 14h, dimanche à 16h et lundi à 17h !


Les moines de l’ermitage de la Grande Chartreuse près de Grenoble obéissent à la règle de Saint Bruno  : ils ont renoncé au monde et se sont consacrés à l’étude dans la solitude et la prière. Le cinéaste a été autorisé, 13 ans après en avoir fait la demande, à vivre et à filmer à l’aide d’une caméra numérique pendant six mois au monastère.

Pendant près de trois heures, le réalisateur nous présente le monastère, sans commentaire, sans musique, sans aucun ajout artificiel. Un véritable « film-réalité » dont l’aspect brut permet de faire ressortir la pureté des lieux et des âmes qui y vivent, loin du monde et pourtant bien dans le monde… Un paradoxe magnifiquement présenté sur ces séquences donnant à ressentir le temps et à voir la beauté.

Dans une lettre envoyée au cinéaste après avoir été invité à l’avant-première projetée à Grenoble pour les familles des moines, Mgr Jean-Michel di Falco Léandri insiste sur le silence de ce film, qui « bruisse de mille paroles qui viennent frapper à la porte de notre cœur et de notre âme ». « Le silence n’est pas synonyme de désert et de solitude, écrit l’évêque de Gap, mais au contraire, le lieu où peuvent se produire les plus grandes et les plus belles rencontres ».

Pour Mgr di Falco, « ce film est une preuve, s’il en est, que l’Eglise est bien plus éloquente lorsqu’elle donne à voir ce qu’elle vit que lorsqu’elle parle sur ce qu’elle vit. Tout se passe bien au-delà des mots ». Il conclut en remerciant les moines de la Grande Chartreuse d’avoir accepté « avec beaucoup de simplicité et d’humilité de se donner à voir, non pour eux-mêmes, mais pour la plus grande gloire de Celui auquel ils ont consacré leur vie ».

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Tél. Cinéma le Centre : 04 92 52 25 32
Salle rue Bon Hotel

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eric brucker 27/01/2007 11:57

Silence coupable:Ce film a-t-il été réalisé par un phénoménologue athée ?La caméra semble maniée par un naturaliste qui observe des vieillards et deux jeunes égarés dans leurs tâches quotidiennnes d' une maison de retraite où l' on prie un peu...-seule une scène où quelques moines font des glissades comme des gosses permet de sortir d' un mortel ennui- et quelques paroles fortes d' un moine aveugle...on a même droit aux photos d' identité des moines- parfaitement inexpressives- pour ne pas dire pire!Rien qui donne envie de participer, même fugitivement, à la vocation extraordinaire de cette ordre religieux, qui après avoir subi huit incendies jusqu'en 1676 fut expulsé en 1792 et en 1903 et ne revint qu' en 1940.Le cinéaste réussit même à ne faire que des zappings sans beauté sur leur vie liturgique et à ne filmer aucun de ces sourires intérieurs très denses qui caractérisent toute vie de prière et de contemplation intense!Les moines auraient mieux fait d'attendre 15 ans de plus un autre cinéaste!Enfin trois malheureux versets ultra-connus de l'Ecriture sont radotés plusieurs fois, mais aucune citation des méditations spirituelles remarquables de chartreux publiés.Bref, je comprends mal que ce film soit encensé....Bof, les chartreux subiront encore d'autres épreuves....

Julien Dupont 26/01/2007 10:05

Dans le « monde » ecclésial, beaucoup en parlent, et peu ont déjà fait la démarche d’aller le voir. Il faut dire qu’il faut beaucoup de courage pour s’imaginer passer plus de 160 minutes "dénudé".RadicalitéCette expérience du dénuement, c’est celle des chartreux qui depuis presque un millénaire vivent sous le soleil de Dieu. Travail, prière et vie quotidienne se déroulent dans ce qu’il y a de plus minime, pour laisser une grande place à la grâce du tout Autre.SilencePour vivre ce don, le silence prend toute sa place. Que dire devant tant de merveilles ? Dans ce film plus que tout autre, chaque son a une amplitude précise, une résonance équilibrée qui permet de vivre à la mesure de l’immensité de Dieu. C’est un des signes de la radicalité de cette vie de moine, mais il est donné ici dans ce qu’il y a de plus concret, de plus simple et de plus dur.TemporalitéAvec le silence, le rythme de la vie monastique –et des saisons– est omnipotent dans cette œuvre, et permet ainsi de transcender le temps. Ce temps justement, qui semble nous échapper dans notre vie si pressée est ici présent, tout naturellement. Il n’y a rien qui presse, si ce n’est la préparation de notre rencontre avec Dieu, aux derniers jours.C’est en quelque sorte l’expérience du mystère pascal que nous sommes invités à faire, par cette oeuvre cinématographique. Ainsi, il nous ai donné de comprendre, peu à peu, le sens du mystère de Dieu. Il n’y a rien de caché. Tout se donne, mais progressivement. Ainsi, je suis bien d’accord pour dire à la suite de Synopsis que ce film se situe « à un niveau où les hommes de tous les temps reconnaissent la meilleure part d'eux-mêmes : leur intériorité ».