Editorial de Noël

Publié le par AS

Nous n'allons pas laisser étouffer le fabuleux Mystère de Noël, le Mystère du Verbe fait chair, sous les tonnes caviar, les wagons de dindes, les cadeaux enrubannés, les boîtes de foie gras ou les chapelets de boudins blancs. 

Non ! Nous allons essayer de vivre un vrai Noël. Nous allons nous placer devant Dieu, en cette nuit où naît le jour le plus lumineux, où se réalise l'événement le plus fabuleux de toute l'histoire de la planète : Dieu qui vient chez nous. 

Si l'Emmanuel est né de nuit, n'est-ce pas aussi pour naître dans toutes les nuits de nos soucis, de nos deuils, de nos maladies ? Combien de veufs, de veuves, de fils et de filles vont se sentir proches ce soir du véritable Jésus, parce que, comme lui, ils se sentent livrés à tous les courants d'air, au froid de l'absence, pauvres comme la paille de l'étable ? 

Ne passons pas à côté de ce mystère : l'Emmanuel, Dieu qui vient chez nous, pour qu'un jour nous allions chez lui. Dieu qui « s'humanise » pour que l’homme se divinise. Dieu qui s'invite sur la terre pour nous inviter dans son Royaume d'Éternité. 

Dorénavant nous ne sommes plus seuls: puisque Dieu a choisi d'être définitivement avec nous, jamais plus sans nous. 

Le Christ , par sa venue, a ensemencé la planète avec la plante merveilleuse de l'amour. 

Je vous annonce une grande joie: aujourd'hui vous est né un sauveur, disait l'ange aux bergers de Bethléem. Noël, malgré le refus d'hébergement et le dénuement de la crèche, malgré les immenses souffrances de tant d'enfants dans le monde, ne peut que réjouir profondément un cœur chrétien. 

Se souvenir de la présence à nos côtés de l'Emmanuel, savoir que nous sommes programmés pour être fils avec le vrai Fils, ne peut que nous aider à ouvrir notre coeur. 

Alors, s'il en est ainsi, n'hésitons pas à vivre cette période également dans la convivialité d'un bon repas, et dans la gentillesse de cadeaux réciproques. 

Le Verbe s'est fait chair. Que notre joie intérieure se fasse aussi charnelle, j’ajouterai dans les limites du raisonnable, bien sûr ! 

 

+ Jean-Michel di FALCO LEANDRI
    Evêque de Gap

 

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