Les Sermons de Pagnol à Gap

Publié le par AS


Les sermons de Pagnol

Un spectacle familial pour Noël,
au profit du pèlerinage des jeunes du diocèse de Gap, en avril 2007 en Pologne

au Cinéma Le Royal, Rue Pasteur à Gap

Samedi 23 décembre à 20h30

par Yves Carlevaris
(auteur de nombreux sketches pour Marc Jolivet, Annie Cordy, Henri Des, Sophie Forte et adaptateur au théâtre)

Prix d’entrée : 5 euros

Pagnol, auteur des Sermons, est peut-être celui qui en a entendu le moins. Fils d’un instituteur d’Aubagne anticlérical, il fréquenta ‘’la laïque’’ où il était de bon ton de ‘’bouffer du curé’’. Faire passer l’Eglise pour l’opium du peuple s’inscrivait au programme des cours. Mais Joseph Pagnol était un anticlérical digne et intelligent et comme son père, Marcel est un homme sans dissimulation, un homme vrai.

Ses entretiens avec la nature lui apprirent les maîtres mots. Il les entendit dans le silence car la nature parle tout bas. Sa première enfance s’intéressait déjà au dialogue secret des arbres et des mots. La courtoisie, la cordialité, la politesse expriment sa charité chrétienne. Il a analysé le cœur des hommes en descendant dans son propre cœur.

Il a l’art de faire rire les foules, le secret de les émouvoir. Ce satirique de bonne humeur, à la bonhomie enjouée, fait dire la vérité à ses héros, même quand nous croyons qu’ils mentent. Il demeure peuple en devenant auteur. Mistral chante, Daudet raconte, Giono déclame, Pagnol parle. Grand manieur d’images, il révèle avec les mots les vibrations du cœur.

Les sermons de  Pagnol sont extraits de ses  films ou de ses œuvres théâtrales. Le théâtre peut être une prédication. Le sermon est une action dramatique : un coup de théâtre, où le divin doit l’emporter  sur l’humain. Marcel Pagnol ne badine pas en chaire. Il jette dans les cœurs la miséricorde et le pardon de Dieu. Il persuade parce qu’il est persuadé. Il trouve le mot qui frappe, la tournure qui exalte. C’est l’éloquence des collines, simple, familiale, plébéienne, où les paroles, surgies des profondeurs du cœur humain, ne s’usent jamais, tant elles sont humbles et concrètes. Les curés de Pagnol ne s’expriment ni comme des  tribuns, ni même comme des députés : ils disent les quatre vérités. Ils sont là pour faire du bien. 

Dieu prend les hommes par le cœur. Pagnol le sait. Très bon joueur, l’auteur de ‘’Marius’’ a toujours du cœur dans son jeu. Il joue cœur et il gagne.

(d’après Norbert Calmels)

 


 

 

 


Les 5 sermons :

1 Pénitence sans punition : extraite de ‘’l’Elixir du révérend père Gaucher’’, conte des Lettres de mon moulin, adapté au cinéma par Pagnol.

2 Le grand fontainier : extrait de ‘’Manon des Sources’’.

3 L’écrasante absence de Dieu : Au flan des Alpilles, dans le château de Trinquelage, Dom Baladère a célébré a toute allure les trois messes basses de Noël. On réveillonne. Dom Baladère meurt d’une indigestion. Pagnol imagine le retour de Dom Baladère après cent ans de Purgatoire.

4 Le sermon rentré est en réalité une allocution de mariage tirée de la pièce ‘’Arlette et l’amour’’. Tout en préparant la parole de Dieu, le curé prépare en même temps sa gloriole.

5 Viens te faire propre : Le Curé de Cucugnan de Pagnol parle un peu comme le Curé de Cucugnan de Daudet.

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