L'Eglise peut-elle faire l'économie d'une communication de type publicitaire ?

Publié le par AS

Le 29 novembre dernier, Mgr Jean-Michel di Falco Léandri est intervenu au cours d'un colloque organisé par BD Consultant à Lyon sur le thème « L'Eglise peut-elle faire l'économie de la publicité ? ». Différents intervenants avaient été invités à y exposer leur point de vue.

Le cardinal Barbarin au cours de son intervention, entouré du directeur de BD Consultant, Alain Grandjean, de Mgr di Falco et du Père Michel Kubler, rédacteur en chef de La Croix


Dans son intervention, l’évêque de Gap a commencé par répondre négativement à la question posée, « l'Eglise n’ayant rien à vendre mais tout à donner ». Par ailleurs, a-t-il souligné, « quelle institution peut revendiquer autant de prescripteurs habités ou en tout cas qui devraient l'être ? Ils étaient 12, pour la plupart incultes mais habités par une foi à soulever les montagnes. Aujourd’hui, 1 milliard 800 de chrétiens dans le monde. Alors avoir recours à la publicité c’est accepter de faire un terrifiant constat d’échec. Celui de l’incapacité de réaliser ce à quoi saint Pierre invite les croyants : ‘Chacun de vous doit être en mesure de rendre compte de l’Espérance qui l’habite’. Est-ce constat qui a conduit Jean-Paul II à parler de nouvelle évangélisation ? Je le croirais volontiers ».

Dans un deuxième temps, Mgr di Falco a nuancé sa réponse en soulignant l’exemple des JMJ de Paris, en 1997, durant lesquels une campagne de publicité avait été faite. Dans les couloirs du métro, non pas une invitation à participer à l’événement, mais des phrases sans doute énigmatiques pour quelques-uns signées d’un certain Jésus : ‘Aimez-vous les uns les autres’, ‘Heureux les pauvres’, ‘Aimez vos ennemis’, etc.… « La surprise, l’étonnement, la curiosité suscités étaient plus forts que tout autre message. L'Eglise a davantage communiqué en donnant à voir comment les jeunes vivaient leur foi qu’en faisant des discours ».

Faisant ensuite allusion au « matraquage » d’images souvent violentes dans les publicités, l’évêque de Gap s’est alors posé la question de savoir comment l’Eglise peut faire passer, dans un tel contexte, un message « décalé, nuancé, j’ose dire souvent trop lisse ». « Il ne faut pas toutefois tomber dans le piège du ‘vouloir faire croire’ en traitant l’Eglise comme un produit et en recherchant quel est le meilleur emballage pour promouvoir ce produit ! Elle ne doit pas chercher à ‘faire croire’ mais à être  un signe de sa foi en Jésus-Christ. L'Eglise communique aussi en donnant à voir ce qu’elle vit ».

En conclusion, Mgr di Falco pense important que l’Eglise fasse connaître son message en le mettant sur la place publique par le biais de la publicité. « Il ne s’agit pas de faire de la publicité institutionnelle mais de provoquer par la Parole de Dieu en respectant sa force, sa puissance et en mettant le grand public en contact avec cette parole. En quelque sorte en donnant à la parole de Dieu une chance dans la vie de nos contemporains ».

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