Editorial de Mgr di Falco sur le référendum du 29 mai

Publié le par AS

Je ne sais pas si vous avez remarqué, mais c’est toujours lorsqu’on doit partir, pressé, souvent déjà en retard, que le téléphone sonne. C’est ce qui m’est arrivé un matin, alors que je devais prendre le train. Ma conversation terminée, je sors en courant de chez moi, saute dans un taxi.

- Je dois être à la gare dans dix minutes. Ça roule bien ce matin ? C’est possible ? 

- Ne vous inquiétez pas, détendez-vous, nous y serons, me dit le chauffeur d’une voix amicale.

Après un moment de silence, il me demande :

- Vous êtes médecin ? Enseignant ? Commerçant ?

- Non.

- Qu’est-ce que vous faites ? Vous êtes marié ? Vous avez des enfants ?

- Ben non !

Il se retourne comme un peu surpris et me dit :

- Mais de quoi voulez-vous qu’on parle alors ?

Je lui dis que je suis prêtre.

- Ah eh bien, mon père, me dit-il, vous avez devant vous un catholique. 

Après quelques mots sur l’éducation religieuse que lui a donnée sa mère lorsqu’il était enfant, il me dit :

- Ça ne vous ennuie pas si on ne parle pas de religion mais de politique ? J’aimerais bien vous poser une question : d’après vous, les chrétiens doivent voter oui ou non au référendum ?

Et voilà, posé en quelques mots, le cadre du débat Evangile et politique. Si je le reprends aujourd’hui, c’est qu’il est arrivé souvent ces dernières semaines que l’on pose cette question à l’Eglise. Les évêques ne sortent pas de leur responsabilité spirituelle en lançant un appel au débat vrai, au respect de l’adversaire, à la recherche obstinée d’issues aux problèmes de la société.

Soyons net.

L’Évangile n’est pas un programme politique. Il est vrai que la tentation est grande parfois pour certains de se l’approprier, pour le ramener à cela. Agir ainsi, c’est trahir l’Evangile, le dénaturer.

Alors pour les chrétiens, un seul Dieu, oui ! Une seule foi, oui ! Un seul choix politique, non ! Les bons ne sont pas tous d’un côté et les mauvais de l’autre. Cependant, si l’Evangile n’est pas un programme politique, on peut aussitôt ajouter qu’au nom même de l’Evangile il y a des choix politiques auxquels les chré­tiens ne peuvent pas donner leur adhésion parce que ces choix contredisent les exigences de la Parole de Dieu. La mort de Jean-Paul II a été l’occasion de rappeler que l’Eglise n’hésite pas à peser de tout son poids pour que l’homme soit respecté dans sa dignité.

On pourrait alors se poser la question : quels rôles peuvent aujourd’hui jouer les chrétiens dans la construction européenne ? Le cardinal Tauran répondait récemment à cette question : « Les chrétiens, habitués à vivre leur foi dans des communautés formées de personnes de toutes origines, peuvent aider les européens à vivre ensemble et à s’accepter différents. Ils peuvent contribuer ainsi à l’émergence d’une Europe dont l’unité ne soit pas synonyme d’uniformité...

 

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