Homélie pour les obsèques du Père André Patallier

Publié le par AS

Encore sous le choc de la nouvelle de ton départ, dans la solitude et la discrétion, nous sommes là autour de toi, André, dans cette église de Fontgillarde, trop petite aujourd’hui comme souvent pour des célébrations dominicales ou lors des grandes fêtes de l’année.

Ta famille, tes amis, la communauté paroissiale du Queyras, tes confrères prêtres sont là : les uns ont vécu avec toi les liens familiaux, les autres ont tissé avec toi des liens amicaux, d’autres ont vécu leur vie chrétienne, et avec toi, nous les prêtres – ceux ici présents et ceux qui sont unis à notre assemblée par la pensée et la prière - nous avons partagé le souci du pasteur.

Il me revient à l’esprit et dans la mémoire du cœur, tes conseils de « sage » ou  « d’ancien » avec des années d’expérience, ton souci d’une présence au monde, aux autres, ton sens de l’écoute et de l’accompagnement pour un mieux être humain et une foi bien incarnée dans le langage du monde d’aujourd’hui.

Tu as donné vingt-cinq ans de ta vie de prêtre plus particulièrement ici dans ce coin du Queyras, ces petits villages de la vallée de l’Aygue Agnelle , mais aussi dans les autres paroisses . Tu t’es inséré dans cette population que tu as su apprendre à connaître et que tu as accompagnée sur le chemin du quotidien de la vie, avec ses peines et ses joies.

Il existait un réel esprit de famille dans cette communauté de Fontgillarde, où l’on aimait bien venir pour la messe du dimanche, pour une messe minuit à Noël ou pour tant d’autres occasions. Avec ton souci d’ouverture à l’autre, d’attention à celui qui vient en vacances pour qu’il trouve autre chose que dans la grande ville, tu as toujours poussé à la recherche du geste qui montrerait un peu de la chaleur du cœur des chrétiens d’ici. Et là, tu demandais à chacune et à chacun de mettre en œuvre son ou ses talents, qu’il les fasse fructifier.

Tu aimais bien surprendre,  toi « l’épicier qui dit la messe » : cela te faisait rire de bon cœur, je m’en souviens. Avec ton sens du dialogue, ta recherche de la vérité dans les actes, les paroles et les comportements – pour toi-même et pour les autres -, le goût d’une certaine indépendance, ton point de vue lucide, exigeant et critique sur l’autorité, tu nous as montré un exemple, tu as tracé un chemin, avec tes talents – que maintenant tu rends à ton Maître et Lui te donnera la récompense

Jusqu’au bout, malgré les limites et les souffrances de ton corps,  avec peut-être un peu d’entêtement mais si peu ! – tu as voulu rester au milieu de ton peuple – que tu aimais bien et qui savait te manifester également son attachement filial à travers de nombreuses marques de délicatesse.

Tu as voulu être un serviteur fidèle de l’Amour du Christ , de son Evangile qui fait de nous des croyants. Tu as annoncé le message de la foi au Ressuscité, tu t’es attaché à montrer comment retrouver et vivre l’essentiel de cette foi dans les tâches quotidiennes comme dans les célébrations, la prière et la réflexion.

André, de tout notre cœur et dans l’espérance, nous te confions à Dieu . Merci pour tout ce que tu nous as transmis aux uns et aux autres : nous tâcherons d’embellir encore ce message que nous avons reçu par toi pour nos frères et sœurs en humanité, pour nos frères et sœurs, enfants du même Père.

Entends le Maître te dire : «  André, bon et fidèle serviteur, viens te réjouir avec moi. »

Père André Bernardi, curé-doyen de Guillestre
Fontgillarde – le 9 septembre 2006

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