Lettre de soeur Brigitte Perrin, envoyée en mission en Bolivie par la Congrégation des Soeurs de la Providence

Publié le par Diocèse de Gap et d'Embrun

Il y a quelques mois, soeur Brigitte Perrin, de la Congrégation des Sœurs de la Providence de Gap, communauté établie dans le diocèse depuis 1825, s'était portée volontaire à l'appel de sa congrégation pour partir en Bolivie. De nombreux paroissiens et amis l'avait entourée en l'église Saint-Roch de Gap lors de la messe d'envoi en mission le dimanche 30 août dernier. Dans une lettre du 25 septembre, elle nous fait part de ses premières impressions :

"Voici trois semaines maintenant que j’ai atterri en terre latino-américaine, jusqu’en Bolivie. El Alto est une ville qui construit chaque jour. C’est une grande périphérie sur un plateau de La Paz. Le travail peut se trouver à La Paz, mais surtout en dehors de la ville.

El Alto est une ville puissante avec la violence, les vols, la pauvreté, les nombreuses églises, la foi occasionnelle et confuse, l’insécurité, le chômage, les familles nombreuses, un gouvernement qui promet et ne réalise pas toujours ce qu’il dit.

El Alto est un diocèse jeune, qui célèbre cette année ses quinze ans, qui s’organise aussi chaque jour par la présence des différentes congrégations, quelles qu’elles soient. Les vocations sacerdotales ne semblent pas croître beaucoup dans ce diocèse. La pastorale des vocations doit également vivre un réveil spirituel en tenant compte de la réalité religieuse. Une attention particulière doit se mettre en place pour éveiller les vocations de baptisés et que chacun puisse vivre pleinement la fidélité à l’appel reçu.


La communauté des sœurs de la Providence de Gap est implantée à El Alto depuis 1996, dépendant davantage de la Province d’Idiazabal – Espagne.
Si un collège, de la maternelle au niveau bac de plus de 1000 élèves par sélection (matin et soir) et une petite école de 450 élèves, de la maternelle au brevet, ainsi qu’un centre social, ont grandi, c’est grâce au soutien de la Province d’Espagne, de leurs amis et bienfaiteurs et d'une aide de l’état Basque et Bolivien.

La catéchèse se fait aussi dans les écoles. Sœur Aurora (première vocation bolivienne pour les sœurs de la Providence), est professeur de religion au collège.
L’engagement à la paroisse englobe toutes les pastorales, comme j’ai pu l’écrire à l’un ou l’autre déjà. C’est surtout le samedi que sont réunis les enfants pour la catéchèse du primaire, la préparation au baptême et la Première Communion. Les parents font également des rencontres le samedi après-midi pour des formations aux engagements avec leurs enfants. Les jeunes cheminant vers la confirmation se retrouvent le dimanche avant la messe. Les liturgies sont animées par des équipes. Je ne dirai pas que cela ressemble à la France.



En Amérique Latine, il y a une conférence liturgique par pays et des feuilles dominicales sont préparées par cette conférence.
Bien que des chants soient proposés, à la paroisse c’est souvent en AYMARA qu’ils sont exprimés. Le 13 septembre, pour nous accueillir, c’était le groupe des femmes Aymara – qui se réunit tous les lundis soir – qui  avait la responsabilité de l’animation. Si les textes étaient proclamés en castillan, une lecture a été proclamée en Aymara. C’est la langue de beaucoup d‘indigènes de la région. La procession des offrandes m’a renvoyé au 30 août avec le bâton du pèlerin, les sandales, la Bible et les fleurs. Des symboles et plus que des symboles pour nous sœurs de la Providence : un programme à vivre. Je suis frappée de découvrir combien la Providence est au centre de toutes les rencontres et célébrations. A chaque eucharistie, le prêtre prie pour les sœurs de la Providence, amis et bienfaiteurs. Il ajoute ensuite une intention pour les malades et autres…. Je ne sais si chaque rencontre de catéchisme commence, tous les enfants et catéchistes ensemble, par un temps de prière et un chant à la Providence également. L’esprit de Jean Martin Moyë, notre fondateur, est réellement présent. C’est ainsi que la communauté accueille un groupe de laïcs pour approfondir l’esprit qui nous anime.

Au cours des partages communautaires, un point a attiré mon attention : l’engagement de chacune doit réellement être vécu au nom de la communauté, comme sœur de la Providence. La Providence est vraiment ce qui caractérise la présence des sœurs à la paroisse. Lorsqu’une sœur ne peut être présente à son compromis, c’est une autre qui assume l’encadrement et le soutien du groupe. Aucune ne se dit responsable et « propriétaire » du groupe pour lequel elle est davantage engagée. C’est vraiment un point fort et une spécificité que je n’ai rencontré dans aucune communauté ailleurs. Il y a une ouverture profonde en ce sens qui me touche beaucoup. Oui l’engagement est vraiment lié à la communauté. Une autre manière d’être engagée comme sœur de la Providence au sein d’une paroisse. L’objectif fort est d’être présence aux côtés de ce peuple et qu’il arrive à ouvrir son cœur en vérité. Une réalité qui n’est pas évidente pour ce peuple qui se sent toujours opprimé avec la pensée profonde que l’Espagne lui a imposé beaucoup de choses. Je crois cependant que ce peuple est un peuple avec sa culture profonde et forte et qu’il ne la cache pas, au contraire. C’est sa richesse et il est important qu’il en prenne conscience. Cela fait aussi parti de notre mission de sœur de la Providence de faire en sorte que ce peuple s’accepte comme il est sans se juger et s’abaisser. J’ai envie de crier :
MERCI SEIGNEUR POUR CETTE REALITE OU TU M’AS ENVOYEE.



Voilà je vais m’arrêter là pour aujourd’hui en vous souhaitant une bonne lecture, que celle-ci ne vous fatigue pas, mais qu’elle vous permette d’être plus proche de ce peuple opprimé, surtout les indigènes qui appuient et soutiennent Evo Morales.

De tout cœur avec vous, je vous embrasse en Celui qui est toujours à nos côtés et nous permet d’aller toujours plus loin là où nous sommes."

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