Messe des obsèques du Père Jean Ricou - Eglise Saint Roch - Vendredi 12 Juin 2009

Publié le par Diocèse de Gap et d'Embrun

La messe des obsèques du Père Jean Ricou, décédé mardi dernier au Foyer Saint Marcellin à l'âge de 86 ans, était célébrée ce matin vendredi 12 juin par Mgr Jean-Michel di Falco Léandri à l'église Saint Roch. Pour l'accompagner dans son dernier voyage, aux côtés de la famille du Père Jean Ricou et de nombreux paroissiens, de nombreux prêtres du diocèse étaient présents. Retour en images sur une célébration marquée par l'espérance de la résurrection.


 
Discours d'introduction de Mgr Jean-Michel di Falco Léandri au début de la célébration

 
Le Père Dixneuf revêt sur le cercueil l'aube et l'étole, signe du sacerdoce 

 
Homélie du Père Fournier

 
Lecture des intentions de prières

 
La foule de l'église Saint-Roch, paroissiens et amis

 
Une partie des prêtres du diocèse

 
Conclusion de la prière eucharistique 

 
Un des organistes de la chorale Saint-Roch

 
Bénédiction du cercueil par le Père Pecha

 
Recueillement près du cercueil de Mgr Félix Caillet

 
Au cours de la célébration 

 
Bénédiction du cercueil par les paroissiens et amis 



Voici l'homélie de la messe de sépulture prononcée par le Père Pierre Fournier, responsable diocésain de la catéchèse et du catéchuménat et ancien curé de l'église Saint-Roch, comme l'était le Père Jean Ricou :


Notre "A-Dieu" au Père Jean Ricou,

Dernièrement, le Père Ricou nous a laissé comme une ultime confidence. C’était le secret de son Alliance avec le Seigneur et de son parcours de vie au milieu de nous. Il a eu l’occasion de dire les circonstances de sa vocation de prêtre (dans le bulletin diocésain « Eglise dans les Hautes-Alpes » du mois d’avril 2009, dans le Dossier sur « Les vocations »). Son témoignage est présenté sous ce titre significatif : « La vocation : un appel intérieur d’un instant, une fidélité d’une vie » :

« Je garde, d’une manière très précise, la mémoire de ce Dimanche à Orcières. J’avais alors 9 ans. Je servais la Messe. J’étais proche du banc du Conseil paroissial. Pendant l’homélie (on disait : le « sermon »), je ne sais pas ce qui s’est passé, mais j’ai ressenti quelque chose en moi, un appel à « faire comme lui (le prêtre) ». Je ne sais pas comment cela s’est fait, mais mon curé, le Père Hippolyte Garnier, l’a compris. Il m’a accompagné vers le Laus, où je suis entré à la Maîtrise le 1er octobre 1932. ». Il ajoutait : « A partir de ce moment là, je n’ai plus eu d’hésitation ». C’était sa foi envers le Christ, comme saint Paul vient de nous le dire dans l’Epître aux Romains : « Si Dieu est pour nous, qui peut être contre nous ? Comment Dieu ne nous donnerait-il pas tout avec son Fils ? » (Rm 8, 28-35).

Dans son témoignage, le Père Ricou précisait aussi : « L’enracinement de ma vocation, c’est un enracinement familial… ». Jusqu’à ces dernières semaines, il a exprimé la dette qu’il estimait avoir envers sa famille et envers le diocèse. Lui qui a consacré sa vie au service de ses frères au sein de l’Eglise insistait : « Je dois tout au diocèse : les moyens de ma formation au Séminaire, et le soutien spirituel que j’ai reçu tout au long de ma vie de prêtre ».

 

Le Père Ricou a vécu profondément le lien de l’affection avec les membres de sa famille. Et il a vécu profondément le quotidien de la vie des prêtres, comme nous l’avons perçu : son attention aux personnes, son souci de proximité avec les paroissiens, son écoute de chacun et des familles dans les joies et dans les épreuves, la célébration des sacrements, son attention aux enfants au catéchisme et – pratiquement jusqu’au bout - à la catéchèse des enfants et des jeunes handicapés.

Un des secrets du Père Ricou ? il était profondément imprégné de la spiritualité de saint François d’Assise. Il a été longtemps, et discrètement là comme ailleurs, aumônier du Tiers-Ordre Franciscain. Les participants de ce Tiers-Ordre ont toujours remarqué avec quelle fidélité consciencieuse il préparait les méditations spirituelles et les échanges. Sa fréquentation de saint François d’Assise était pour lui une référence, un modèle et une source de délicatesse, de simplicité, de bienveillance, de relation fraternelle, de sens de l’intériorité contemplative et de la rencontre des autres, de sens de l’humilité et du service, sans oublier le sens de l’humour.

 

Dans cette perspective franciscaine, tout au long de son ministère, le Père Ricou a été très attentif :

à ses frères prêtres. Pendant longtemps, il a été l’animateur d’une Association sacerdotale. Régulièrement, avec beaucoup de ponctualité, il faisait signe aux membres de l’Union Apostolique pour une rencontre amicale entre prêtres, pour la messe concélébrée, la réflexion autour d’un thème de vie spirituelle ou pastorale, ou autour d’un article de la revue « Prêtres diocésains ». Il ne manquait pas de donner des nouvelles de l’Union Apostolique diocésaine vers les responsables au niveau national et il nous répercutait les orientations proposées. Il a assuré ce service spirituel des prêtres avec un remarquable sens de la fraternité sacerdotale.

Dans le domaine de la charité fraternelle, il y a toujours eu, pour ainsi dire, le « miracle du pain quotidien» ou « de la table » ! A la table des prêtres Rue de l’Imprimerie, avant même que l’on remarque soi-même qu’on n’avait plus de pain, quelle surprise de voir que le Père Ricou s’en était déjà aperçu, et qu’il était déjà en train de nous tendre la corbeille de pain ! Comment donc faisait-il pour avoir une telle qualité d’attention ? N’était-ce pas une forme de miracle ou de sainteté de l’attention envers l’autre ?

aux Gens du Voyage qui séjournaient dans les environs. Ils ont séjourné notamment sur le terrain paroissial à Saint-Roch, près de cette église. Longtemps aumônier diocésain des Gens du Voyage, il a été actif avec les pouvoirs publics pour qu’ils aient une aire d’accueil avec de meilleures conditions de vie quotidienne. Ils avaient envers lui beaucoup d’estime, et beaucoup de considération quand ils venaient pour le rencontrer, ou pour préparer un baptême, un mariage ou une sépulture. Pour eux, il était le « gadgé » de Dieu, le « sédentaire » de l’Eglise qui sait accueillir et soutenir.

 

Né en milieu rural, pétri de la vie besogneuse de la population alpine, le Père Jean Ricou a toujours aimé faire écho à la saveur de la culture locale, la saveur du terroir haut-alpin, notamment à travers le parler local, le « patois » ou le « Provençal alpin ». Avec Paul Pons, paroissien de Saint-Roch et animateur passionné des félibres, il a beaucoup travaillé pour faire agréer, auprès des instances compétentes du Vatican, l’expression liturgique de la Messe en Provençal alpin. Il était heureux que le Seigneur puisse être célébré avec la richesse de la langue du Peuple de Dieu enracinée dans cette tradition rurale. Comme Jésus parlait l’araméen, la langue du peuple au quotidien, le Père Ricou mettait sa joie à faire monter vers Dieu la prière, la louange et la supplication de l’Eglise avec les accents du terroir. Il se situait là dans la continuité d’autres prêtres Haut-Alpins comme l’Abbé François Pascal, l’Abbé Paul Guillaume, et bien d’autres…

 

L’Evangile de saint Jean vient de nous redire le Visage du Christ Bon Berger, le Visage du Christ qui connaît si bien ses brebis. Le Père. Ricou a vécu sa vocation de prêtre, de pasteur, à la manière du Christ Bon Berger (Jean 10). Le Psaume nous a fait entendre un profond acte de foi : « Mon Berger, c’est le Seigneur ! Traverserais-je les ravins de la mort, je ne crains aucun mal ! » (Ps 22). Que le Seigneur bon Berger accompagne maintenant le Père Ricou vers Lui, sur les chemins de la résurrection !


                                                     Père Pierre Fournier

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