Hommage au Père Jean Ricou, rappelé à Dieu mardi 9 Juin 2009

Publié le par Diocèse de Gap et d'Embrun

La vocation : un appel intérieur d’un instant, la fidélité de toute une vie. C’est ainsi que l’on pourrait caractériser l’engagement sacerdotal du Père Jean Ricou, rappelé à Dieu mardi 9 juin 2009 à l'âge de 86 ans. Ordonné prêtre en 1948 à 25 ans, le Père Jean Ricou n'a eu de cesse de servir fidèlement l'Eglise et son diocèse, prêchant sans cesse et avec humilité la charité à l'égard des autres. Voici le regard qu'il portait il y a seulement deux mois sur sa vocation :



                                                                           Père Jean Ricou, 22 février 2009 à l'ordination diaconale de Charles Troesch

« Je garde, d’une manière très précise, la mémoire de ce dimanche à Orcières. J’avais alors 9 ans. Je servais la messe... j’étais proche du banc des fabriciens (la Fabrique, nom que portait à l’époque le conseil paroissial). Et pendant l’homélie (on disait le « sermon »), je ne sais pas ce qui s’est passé mais j’ai ressenti quelque chose en moi, un appel à ‘faire comme lui’ (le prêtre). Je ne sais pas (et mes parents n’ont jamais su non plus) comment cela s’est fait, mais mon curé, le Père Hippolyte Garnier, l’a compris... Il m’a accompagné vers le Laus où je suis rentré le 1er octobre 1932.

L’enracinement de ma vocation, c’est un enracinement familial. Le père de ma mère était sacristain et il avait émis le désir d’être inhumé en une place où il n'y aurait aucun obstacle entre lui et le tabernacle. On faisait en famille la prière du soir, non sans rouspéter et demander à la maman de prendre plutôt la courte que la longue ! Très vite, j’ai servi la messe le dimanche et à tour de rôle le matin avant d’aller à l’école.
 


                                                                                               Le Père Jean Ricou, foyer Saint-Marcellin, 26 mars 2009

Depuis ce dimanche, je peux dire que je n’ai jamais eu d’hésitation. Ma vie de prêtre est une vie de bonheur mais à travers des épreuves. Mes plus grandes souffrances ont été dues aux tensions dans l’Église, dans le diocèse, dans les paroisses. Je l’ai déjà dit à plusieurs reprises : j’aime le diocèse. J’ai tout reçu de ma famille mais j’ai aussi tout reçu du diocèse. Et je lui dois tout. Aujourd’hui, je ne comprends pas tout ce qu’on peut dire : « le Pape-ci, le Pape-çà ! » Mais qu’on le laisse tranquille ! Je dis que je n’ai été qu’un petit curé de campagne... J’ai très souvent fait du rase-motte. Mais j’aime l’Église, j’aime mon diocèse. Oh il m’arrive de rouspéter bien-sûr ! Mais bon sang, est-ce que nous croyons que l’Eglise a les paroles de la vie éternelle ?

Quelle est ma vocation aujourd’hui ? Au moins cette année, je n’ai pas d’efforts à faire pour me priver de manger de la morue. Mon carême, c’est plutôt ma lassitude. Et je prie. »

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