Vendredi Saint : Ecce homo

Publié le par Diocèse de Gap et d'Embrun

La Passion selon Saint Jean - 19, 1-6

Pilate emmena Jésus et le fit flageller. Les soldats, ayant tressé une couronne avec des épines, la lui posèrent sur la tête et ils jetèrent sur lui un manteau de pourpre. Ils s’approchaient de lui et disaient : « Salut, le Roi des Juifs !» Alors, ils se mirent à lui donner des coups. Pilate étant sorti à nouveau, déclara aux Juif : « Voilà que je vais vous l’amener dehors. Sachez bien que je ne trouve aucun motif d’accusation contre lui. » Jésus sortit, la couronne crépines sur la tête, revêtu du manteau de pourpre. Pilate leur dit : « Voici l’homme. » Aussitôt, les grands-prêtres et leurs gens se mirent à crier en le voyant : « Crucifie-le ! Crucifie-le ! » « Prenez-le vous-mêmes, crucifiez-le, quant à moi je ne trouve pas de motif d’accusation contre lui. »

 


Ecce homo

 

Voici l’homme ! Dans quel état ils l’ont mis ! Ceci est son corps livré pour vous. Ceci est son sang livré pour vous. Ceci. Quoi, ceci ? La chair tuméfiée du crucifié. Dieu n’a rien trouvé de mieux pour se donner à l’homme ! Rien de plus vrai que le Verbe fait chair. Dieu, assurément, aurait pu nous sauver d’un coup de pichenette par pure grâce. Le salut sans douleur. Son humanité aurait-elle été crédible sans l’offrande de son corps jusqu’à la mort ? Sa mort sur la Croix manifeste qu’il n’a pas triché avec l’humanité en échappant aux souffrances que chaque homme porte dans sa chair et à l’inéluctable de la mort.

« Je complète en ma chair ce qui manque aux souffrances du Christ » s’écrie saint Paul. Rien ne manque à Dieu, évidemment, si ce n’est notre libre participation à sa Passion. La foi nous propose d’offrir nos souffrances dans l’esprit où le Christ a offert les siennes. Non pas que la souffrance ait valeur en soi. Elle ne peut pas être une fin puisqu’elle est un mal, un scandale et même objet de révolte dans la mesure où un dieu bon laisse le mal nous faire mal. Nous avons donc mieux à offrir à Dieu. Ce qui lui plaît, c’est l’amour avec lequel nous nous battons pour faire triompher les forces de vie sur les forces de mal.

En ce vendredi saint, notre prière n’aurait aucun sens christique si, apitoyés sur Jésus en Croix, nous ne prenions pas la souffrance de tant d’inconnus sur Terre en nous. C’est une manière de rendre sa Passion vivante car, nous le savons, tout homme battu, c’est Dieu abattu.

Homme dénudé Christ dépouillé Dieu défiguré

Homme giflé Christ flagellé Dieu affligé

Homme maltraité Christ fouetté Dieu crucifié

Homme humilié Christ outragé Dieu abandonné

 

 

Père Pierre Talec, 64 regards sur Jésus, Editions Salvator, 2005, 17 €, ISBN 2-7067-0415-2

 

Publié dans Actualité

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de Varax Sophie 10/04/2009 16:19

Ce qui est inquiétant c'est d'entendre Mgr DI Falco avouer que cela ne lui fait plus rien de voir un Christ en Croix!Aussi par souci de l'émotion et du ressenti, il n'hésite pas à casser les représentations mentales du brave peuple dont il pense qu'il est aussi froid que lui, en faisant ses petites expériences sémantiques: donner un mot pour un autre(une soi-disant "pieta"); opérer gratuitement un déplacement de sens (exit la Croix et son immense symbolisme)...Très excitant, n'est-ce pas de surfer sur les chambardements culturels actuels? plus excitant et en tout cas moins courageux que de remettre des crucifix dans vos écoles catholiques qui auraient bien besoin de retrouver leur identité.Ah! esprit du Monde, quand tu nous tiens!!