Mercredi, 5e semaine de Carême : Qui nous libèrera ?

Publié le par Diocèse de Gap et d'Embrun

La vérité vous rendra libres - Jean 8, 31-36

 

Jésus dit aux Juifs qui avaient cru en lui : « Si vous demeurez dans ma parole, vous êtes vraiment mes disciples, vous connaîtrez la vérité et la vérité rendra libres. » Ils lui répliquèrent : « Nous sommes la descendance d’Abraham et jamais personne ne nous a réduits en esclavage. Comment peux-tu prétendre que nous pouvons devenir des hommes libres ? » Jésus leur répondit : « En vérité, je vous le déclare, celui qui commet le péché est esclave du péché Or, l’esclave ne demeure pas toujours dans la maison. Le fils, lui, y demeure pour toujours. Ainsi, si c’est le Fils qui vous libère, vous serez effectivement des hommes libres. »



Qui nous libérera ?

 

La vérité nous rendra libres. D’abord par rapport à nous-mêmes. Mais quelle est notre vérité ? On croit se connaître ou connaître son caractère, avec ses qualités et ses défauts. Chacun en connaît un rayon, mais un rayon ne suffit pas à faire jaillir toute la lumière sur soi. De plus, on vit sous le regard de l’autre, quand ce n’est pas pour le regard de l’autre. A notre insu, nous nous conformons à ce qu’il attend de l’image que nous projetons. Mais elle ne livre jamais entièrement la vérité confuse que nous portons en nous-mêmes. Sous prétexte de dire la vérité, nous ne sommes pas tenus de déballer sur la place publique les secrets de notre vie privée. Alors, on se tait, on appelle ça pudiquement la discrétion.

Et les parcelles de vérité que l’on perçoit chez autrui ? De quel droit pouvons-nous les lui dire ? La vérité n’est pas toujours bonne à dire. On peut croire libérer l’autre en lui dévoilant notre pensée sur lui. Mais si on risque de le détruire, quel avantage, d’autant qu’il n’est pas prêt à entendre cette vérité ? Alors, tout peut se retourner contre nous, c’est ce qu’a vécu le Christ dans les tensions qui l’ont opposé aux Pharisiens.

Mais lui avait la force de faire éclater la vérité qu’il connaissait. Nous, nous ne sommes pas entièrement vrais. Nous dissimulons ce que nous pensons vraiment pour ne pas nous fâcher avec l’autre. Or, à force de se museler, on se trahit soi-même. Saint Pierre a beau dire : « La charité couvre une multitude de péchés », elle recouvre aussi bien des hypocrisies. Qui nous libérera de cette duplicité ? L’Évangile nous donne la réponse : le Fils de Dieu. Encore faut-il prendre le risque de vivre à son image. Cela peut nous coûter cher. Car lui, il en est mort.

 

Père Pierre Talec, 64 regards sur Jésus, Editions Salvator, 2005, 17 €, ISBN 2-7067-0415-2

 

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