Lundi, 5e semaine de Carême : L’adultère est dans le cœur

Publié le par Diocèse de Gap et d'Embrun

La femme adultère – Jean 8, 1-11

 

Dès l’aurore, Jésus revint au Temple. Tout le peuple venait à lui. Il s’assit et se mit à enseigner. Scribes et Pharisiens amenèrent une femme surprise en adultère. Ils la placèrent au milieu du groupe. Maître, lui dirent-ils, cette femme a été prise en flagrant délit d’adultère. Dans la Loi, .Moïse nous a prescrit de lapider ces femmes-là. Toi, qu’en dis-tu ? Ils parlaient ainsi pour lui tendre un traquenard afin de pouvoir l’accuser. Jésus, lui, se baissant, se mit à tracer du doigt des traits sur le sol. Comme ils continuaient à l’interroger, Jésus se redressa. Il leur dit : « Que celui d’entre vous qui est sans péché lui jette la première pierre. » Puis, à nouveau, il se remit à tracer des traits sur le sol. Après avoir entendu ces paroles, ils se retirèrent l’un après l’autre, à commencer par les plus âgés. Jésus resta seul, Comme la femme était toujours là au milieu, Jésus se redressa et lui dit : « Femme, où sont-ils donc ? Personne ne t’a condamnée ? » Elle répondit. « Personne, Seigneur » Jésus lui répondit : « Moi non plus, je ne te condamne pas. Va, et dorénavant, ne pèche plus. »



L’adultère est dans le cœur

 

Le seul mot que l’on sait d’elle : adultère ! Comme si cette femme n’était que cela. Comme si ce qu’elle avait vécu de beau se réduisait à ce misérable travers. Que sait-on du regard de Dieu sur l’être humain, même quand il nous paraît exécrable ? L’adultère dans le couple, certes, est une des trahisons les plus dures à supporter car il profane le caractère sacré du don que l’on fait de sa personne à l’autre. Il porte atteinte à la parole donnée. Il trompe la confiance que l’autre met en vous. Singulièrement pour un chrétien, il rompt le symbole de l’union indissoluble des époux qui représente l’alliance indéfectible de Dieu avec l’humanité.

La notion d’adultère est plus large que le domaine des relations sexuelles. En effet, en saint Matthieu 16, 1, Jésus traite les Pharisiens « de générations adultères. » Non pas que ceux-ci trompent leur femme. L’adultère est dans le cœur. Il trompe Dieu en donnant de son amour un autre visage que celui de la fidélité. Dès lors, ils se trompent eux-mêmes. On n’a pas besoin du sexe pour commettre l’adultère. On peut se trahir soi-même en couchant avec le pouvoir, ou l’argent quand il polarise toute votre vie.

Pour autant, que les plus chastes d’entre nous ne se rengorgent pas dans un orgueil déplacé. On peut aussi coucher avec la vertu et devenir impitoyable avec les autres. Alors, la pierre qu’on leur lance, elle est dans notre cœur. Ne lapide pas ton prochain par les pavés que tu lui envoies. Ecoute plutôt la leçon de cet Evangile : toi-même, ne recommence pas à être dur.

 

Père Pierre Talec, 64 regards sur Jésus, Editions Salvator, 2005, 17 €, ISBN 2-7067-0415-2

 

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