Samedi, 2e semaine de Carême : La compassion

Publié le par Diocèse de Gap et d'Embrun

L’Enfant prodigue – Luc 15, 1-24

 

« Un homme avait deux fils. Le plus jeune dit à son père : père, donne-moi ma part d’héritage. Le père leur partagea sa fortune. Peu de temps après, le cadet, ayant tout ramassé, partit vers un pays lointain. Il dépensa tout son argent dans une vie de désordre. Une grande famine survint dans ce pays et il commença à se trouver dans la misère. Il trouva un emploi chez quelqu’un de ce pays. Il gardait les cochons dans les champs. Il aurait bien voulu se remplir le ventre de ce que mangeaient les porcs mais personne ne lui en donnait. Rentrant alors en lui-même, il se dit. Combien de salariés de mon père ont du pain à profusion tandis que moi, ici, je crève de faim. Je vais revenir vers mon père et lui dire : père, j’ai péché contre toi et le ciel. Je ne mérite plus d’être appelé ton enfant. Traite-moi comme l’un de tes salariés. Il alla vers son père. Comme il était encore loin, son père l’aperçut et il fut pris de compassion. Il courut se jeter à son cou, et l’embrassa tant et plus. Son fils lui dit : père, j’ai péché contre toi et contre le ciel, je ne mérite plus d’être appelé ton fils. Alors, le père dit à ses serviteurs : vite, apportez la plus belle tunique et habillez-le. Mettez-lui un anneau au doigt et des sandales aux pieds. Allez chercher le veau gras, tuez-le, mangeons et faisons la fête car mon fils, que voici, était mort, et il est revenu à la vie ; il était perdu et il est retrouvé. »

 

 

La compassion

 

Il en a marre de cette vie plan-plan à la maison. Excusez ce langage cavalier, mais il fait tellement bien comprendre pourquoi cet adolescent prolongé a pris ses cliques et ses claques. Ouf ! Un peu d’aventure. Facile d’avoir des copains quand on a de l’argent dans l’escarcelle. Très vite, le voilà blackboulé. Il n’a plus le sou. Dans ce cas, on peut faire l’éloge de l’art de la fugue puisqu’elle a conduit à la conversion. Ce garçon a réalisé que fuir, c’était se trahir lui-même. Alors, comme quelqu’un qui a perdu connaissance un moment, il est revenu à lui-même. Il a reconnu son erreur et son errance, l’illusion d’un ailleurs où l’herbe serait plus verte. Il rentre en lui-même, se laisse retourner, et prend le chemin du pardon. Voilà une démarche possible de la conversion.

C’était évidemment son intérêt de retrouver le confort douillet de sa famille. Mais peut-on douter qu’il a eu un grand chagrin d’avoir fait de la peine à son père ? Il l’aime et c’est d’abord ce qui motive son retour. Ce n’est pas seulement la vertu et la morale qui incitent à se convertir, c’est l’amour qui fait changer de vie. Son père, guetteur d’amour, l’attend. Il croit toujours en lui. Il l’espère, l’accueille, et l’embrasse. Croyez-vous que ce père aurait pu avoir cette attitude s’il n’avait pas été, comme le souligne la parabole, « touché de compassion » ? La compassion, ce sont les cinq sens de l’amour.

1. Il est touché, donc sensible

2. Ce qui suppose de voir, or son père l’aperçoit de loin

3. Bien entendu, il l’écoute sans lui faire de reproches

4. Il a senti la souffrance de son fils

5. Il goûte alors cette joie qui explose dans la fête

Dieu, lui aussi qui est un père, veut nous embrasser dans les efforts que nous faisons pour revenir à lui. Que signifie pour vous de sous laisser embrasser par Dieu ?

 

Père Pierre Talec, 64 regards sur Jésus, Editions Salvator, 2005, 17 €, ISBN 2-7067-0415-2

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