Jeudi, 1ère semaine de Carême : Transfigurer la banalité

Publié le par Diocèse de Gap et d'Embrun

Cherchez et vous trouverez - Mt 7, 7-12

 

« Demandez, on vous donnera ; cherchez, vous trouverez ; frappez, on vous ouvrira. En effet, quiconque demande reçoit. Qui cherche trouve. A celui qui frappe, on ouvrira. Ou encore quel père, si son fils lui demande du pain, lui donnera une pierre ? Ou s’il demande un poisson, lui donnera-t-il un serpent ? Si donc vous qui êtes mauvais, vous savez donner des choses bonnes à vos enfants, a fortiori votre Père qui est aux Cieux donnera-t-il des choses bonnes à ceux qui le lui demandent. Ainsi, ce que vous voulez que les hommes fassent pour vous, vous-mêmes faites-le pour eux. Voici la Loi et les Prophètes. »


Transfigurer la banalité

 

Vous cherchez quoi au juste ? Je parie : d’abord un sens à votre vie. Et vous trouvez quoi ? Peut-être le dérisoire d’un quotidien trop ordinaire peu apte à vous épanouir, ce qui fait de vous un être de désir, insatisfait de ce que la vie sous apporte parce que vous attendez peut-être trop d’elle. Il se peut aussi que vous vous donniez une telle importance dans vos responsabilités que vous ne voyez plus l’inanité de ces enjeux, que la société concourt d’ailleurs à gommer. Vous ne voyez plus que la réussite sociale, cela ressemble parfois à du vernis sur les ongles. Le dérisoire, c’est le décalage disproportionné entre l’essentiel et le superficiel, entre ce qui a valeur d’éternité et ce qui passe avec la figure de ce monde. Seul l’amour peut triompher du dérisoire, ce qui ne veut pas dire qu’il résout tous les problèmes. Il a le pouvoir de transfigurer la banalité qui vous vide. Vous cherchez quoi dans l’amour ?

La connivence avec l’être aimé ? Mais peut-être ne trouvez-vous que l’impossible union fusionnelle ou la résignation de vivre ensemble. Aimer les siens, son conjoint, l’affection de ceux à qui vous vous donnez. Mais trouvez-vous en échange la gratitude ? Vous voulez, dans le monde, avoir une solidarité efficace et vous ressentez votre impuissance à la porter. Ne vous désespérez pas : un verre d’eau peut contenir l’amour de Dieu qui peut tout.

Mais Dieu ? Est-ce que vous le cherchez ? Qui et que trouvez-vous ? L’église avec ses institutions, ses dogmes, sa morale. Ne vous raidissez pas. C’est grâce à ce vieux corps fatigué et ridé que vous est offerte la Parole de Vie, sans laquelle Dieu ne serait qu’un fantôme sans cordes vocales, alors que sa parole est source. Je vous souhaite de l’entendre filtrer en vous et de la chercher avec cette conviction : « Tu ne me chercherais pas... si, du moins un peu, tu ne m’avais trouvé ». Joie, trois fois joie...

 

Père Pierre Talec, 64 regards sur Jésus, Editions Salvator, 2005, 17 €, ISBN 2-7067-0415-2

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