Habemus Papam !

Publié le par AS

Le cardinal allemand Joseph Ratzinger a été élu pape, dans l'après-midi du 19 avril 2005, prenant le nom de Benoît XVI. Il est donc le 265ème successeur de Saint-Pierre. Les 115 cardinaux électeurs réunis en conclave ont élu le préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi après 4 scrutins. La fumée blanche est sortie de la cheminée placée sur le toit de la chapelle Sixtine peu avant 18h, le nouveau pape est apparu quant à lui quelque 45 minutes plus tard.

 

Première apparition de Benoît XVI, aussitôt après son élection comme 265ème successeur de saint Pierre



Jusqu’à présent doyen du collège des Cardinaux, l'allemand Joseph Ratzinger a eu un rôle capital pendant la période de 'pré-conclave'. Il a ainsi présidé la messe des funérailles de son prédécesseur Jean-Paul II, les congrégations des cardinaux, la messe d'ouverture du conclave et le conclave lui-même. Les cardinaux semblaient être nombreux à l’avoir apprécié, au point que les 'vaticanistes' italiens avaient même sérieusement avancé son nom depuis près de deux semaines.

 

 

 

 

"Habemus Papam !", "Nous avons un Pape !" : Annonce de l'élection du nouveau Pape, après l'apparition de la fumée blanche au-dessus de la chapelle Sixtine


« C’est une joie, pour nous les catholiques, d’accueillir ce nouveau pape », a affirmé Mgr di Falco quelques instants après l’annonce de la nouvelle. « Nous l’accueillons dans la confiance, sûrs de ses qualités humaines et spirituelles. Nous sommes heureux de retrouver un ‘père’ après la mort de Jean-Paul II ». Et de préciser que dans les bureaux de la Congrégation pour la doctrine de la foi que le nouveau pape présidait il y a encore quelques jours, ses employés l’avaient surnommé « il santo » (« le saint »).

 

Dans un communiqué publié dans la soirée du 19 avril, Mgr Jean-Pierre Ricard, président de la Conférence des Evêques de France, a insisté sur le fait que « à nous, catholiques, le Pape est donné comme point d’appui de notre foi : enraciné, par l’Esprit, dans la Parole du Christ, il nous conduira vers le Père ! (…) Jamais nous n’avons eu autant besoin du successeur de Pierre pour bâtir une fraternité universelle dans la vérité, pour ouvrir l’Eglise sur le monde et la guider vers la sainteté ».

 

Premier discours de Benoît XVI

 

« Chers frères et chères soeurs, après le grand pape Jean Paul II, Messieurs  les cardinaux m'ont élu moi, un simple et humble travailleur dans la vigne du Seigneur. Le fait que le Seigneur sache travailler et agir également avec des  instruments insuffisants me console et surtout, je me remets à vos prières, dans  la joie du Christ ressuscité, confiant en Son aide constante. Nous allons de l'avant, le Seigneur nous aidera et Marie, Sa Très Sainte  Mère, est de notre côté ».

 

 

 

Biographie de Benoît XVI

 

Joseph RATZINGER naît le 16 avril 1927 à Marktl am Inn, dans le diocèse de Passau (Bavière, Allemagne), d'un père commissaire de gendarmerie, issu d'une vieille famille d'agriculteurs.

De 1946 à 1951, il étudie la philosophie et la théologie à l'université de Munich et à l'école supérieure de philosophie et de théologie de Freising. Le 29 juin 1951, il est ordonné prêtre et commence son activité d'enseignement. En 1953, il soutient sa thèse sur " Peuple et maison de Dieu dans la doctrine de l'Église de saint Augustin " et devient docteur en théologie. Quatre ans plus tard, il obtient une maîtrise d'enseignement avec une recherche consacrée à la théologie de l'histoire de saint Bonaventure. Joseph RATZINGER poursuit son enseignement dans les universités allemandes les plus prestigieuses : Bonn (1959-69), Münster (1963-66) et Tübingen (1966-69). En 1969, il devient professeur ordinaire de dogmatique et d'histoire des dogmes à l'université de Ratisbonne et vice-président de la même université. A partir de 1962, il intervient comme expert théologique de l'Archevêque de Cologne, le Cardinal Joseph FRINGS, au concile Vatican II.

Le 24 mars 1977, Paul VI le nomme Archevêque de Munich et Freising. Il est créé Cardinal par Paul VI au consistoire du 27 juin 1977. Il devient membre du conseil de la deuxième section de la Secrétairerie d'Etat, de cinq congrégations (Eglises orientales, culte divin, évêques, évangélisation des peuples, éducation catholique), des conseils pontificaux pour la promotion de l'unité des chrétiens et de la culture et des commissions pontificales pour l'Amérique latine et " Ecclesia Dei ".

Le 25 novembre 1981, Jean-Paul II appelle le Cardinal RATZINGER à Rome pour le nommer préfet de la congrégation pour la doctrine de la foi puis président de la commission biblique pontificale et de la commission théologique pontificale internationale. Il est par ailleurs nommé rapporteur à la Ve assemblée générale du synode des évêques (1980) sur le thème de la famille chrétienne, et président délégué de la VIe assemblée synodale (1983) sur la réconciliation et la pénitence. Le 6 novembre 1998, il est élu vice-doyen du collège des Cardinaux.

Dans le même temps, il préside la commission pour la préparation du catéchisme de l'Église catholique (1986-1992).

Depuis le 30 novembre 2002 il est doyen du sacré collège des Cardinaux, chargé notamment d'assurer le gouvernement de l'Eglise catholique pour les affaires courantes pendant la vacance du siège apostolique et de présider l'assemblée des cardinaux. 

 

 

 

Réactions internationales

 

L'un des plus prompts à réagir fut le chancelier allemand Gerhard Schröder, qui salue en Benoît XVI le "digne successeur" de Jean Paul II. "Que le nouveau pape vienne d'Allemagne est un grand honneur pour notre pays", a-t-il déclaré.

Son ministre des Affaires étrangères, Joschka Fischer, a émis le souhait de pouvoir "travailler avec lui sur des questions concernant l'Europe, la paix et les droits de l'homme aussi bien que nous l'avions fait avec son prédécesseur".

Le président américain George Bush a salué l'élection d'un "homme d'une grande sagesse et d'un grand savoir (...) au service du Seigneur".

Jacques Chirac a adressé ses "félicitations les plus chaleureuses" au nouveau pape. "La France, fidèle à son histoire et aux principes qui dictent son action, poursuivra le dialogue confiant qu'elle a toujours entretenu avec le Saint-Siège, en particulier dans les
combats communs au service de la paix, de la justice, de la solidarité et de la dignité de l'homme", a écrit le président dela République française.

Dans un communiqué, le secrétaire général de l'Onu, Kofi Annan, rappelle que les "Nations unies et le Saint-Siège partagent un engagement fort pour la paix, la justice sociale, la dignité humaine, la liberté de culte et le respect mutuel entre les religions du monde".

Au milieu d'un concert de félicitations venues d'Espagne, d'Italie ou du Portugal, le premier ministre néerlandais s'est fait l'un des plus fervents défenseurs du nouveau souverain pontife. "Il a été présenté trop souvent comme un père Fouettard et un 'panzer-cardinal' par ses détracteurs (...). Mais il est et restera un théologien très, très important qui a participé à Vatican II. C'est un penseur objectif, il connaît la théologie,mieux que (Karol) Wojtyla. Je pense que nous pouvons compter sur des surprises", a déclaré Jan Peter Balkenende.

Au Proche-Orient, un bon accueil a été réservé à Benoît XVI, premier pape allemand depuis Victor II (1055-57). Dans un communiqué, le ministre israélien des Affaires
étrangères Silvan Shalom "exprime l'espoir que ce pape, compte tenu de son expérience historique, soit particulièrement attaché à une lutte sans compromis contre l'antisémitisme".

Le grand rabbin de Tel Aviv, Israël Meir Lau, survivant de l'Holocauste nazi, a dit avoir rencontré Ratzinger l'an dernier lors d'un symposium sur l'antisémitisme à New York, où le cardinal avait fermement condamné les manifestations antisémites.

Le président palestinien, Mahmoud Abbas, a lui aussi félicité Mgr Ratzinger pour son élection. "Nous espérons que les relations historiques entre la Palestine et le Vatican seront aussi solides que par le passé et que le soutien du Vatican à une paix juste en Terre sainte se poursuivra", a déclaré Abbas, cité par un conseiller.

Plusieurs églises africaines ont salué "avec beaucoup de joie  l'élection du nouveau pape", à l'image de l'église de la République démocratique  du Congo (RDC) qui a décelé dans le choix du cardinal Ratzinger "un grand signe de continuité". Plusieurs dirigeants africains ont adressé leurs félicitations au nouveau pape, parmi lesquels les présidents kényan, Mwai Kibaki, et congolais, Joseph  Kabila, ainsi que le roi du Maroc.

En Australie, le premier ministre, John Howard, et les responsables de l'Eglise catholique se sont félicités du choix du conclave. En Nouvelle-Zélande, l'évêque d'Auckland a estimé que les descriptions de Benoît XVI comme "le cardinal de l'inquisition" étaient un mythe.

En Asie, les Philippines, plus grand pays catholique du monde, se sont félicitées de l'élection de Benoît XVI, qualifié par la présidente Gloria Arroyo de "phare" pour les fidèles.

La Chine s'est dite prête "à améliorer les relations avec le Vatican à deux conditions fondamentales: le Vatican doit rompre ses prétendues relations diplomatiques avec Taïwan (...) et ne doit pas s'ingérer dans les affaires intérieures de la Chine, y compris sous prétexte d'affaires religieuses". Une allusion au fait qu'à côté de l'Eglise catholique chinoise officielle existe une Eglise clandestine dite du silence, qui entretient des liens plus ou moins distendus  avec le Vatican en fonction de ses moyens. 

 

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