Lundi, 1ère semaine de Carême : Qu'est-ce qu'un prêtre ?

Publié le par Diocèse de Gap et d'Embrun

Les ouvriers peu nombreux - Luc 10, 1-9

 

Le Seigneur désigna soixante-douze autres disciples. Il les envoya deux par deux le précédant dans toute ville et village où il devait se rendre lui-même. II leur dit : « La moisson est abondante mais les ouvriers peu nombreux. Priez donc le maître de la moisson d’y envoyer des ouvriers. Allez ! Je vous envoie comme des agneaux au milieu des loups, n’emportez ni bourse ni besace ni sandales et ne saluez personne en chemin. Dans quelque maison que vous entriez, dites d’abord : Paix à cette maison. Et s’il y a un homme de paix, celle-ci reposera sur lui. Sinon, elle reviendra sur vous. Demeurez dans cette maison. Mangez et buvez ce que l’on vous servira, car le travailleur mérite salaire. Ne passez pas de maison en maison... »

 


Qu’est-ce qu’un prêtre ?

 

« La moisson est abondante, les ouvriers peu nombreux ». Parole longtemps appliquée aux prêtres. Les ouvriers, dans le champ de l’Église, ce sont d’abord tous les baptisés selon leurs talents et charismes. Depuis Vatican II, laïcs, religieuses, diacres, ont de vrais engagements : catéchèse, catéchuménat, liturgie, action catholique, etc. C’est heureux ! Ils ne sont plus seulement des auxiliaires des prêtres, mais des chargés de mission à part entière exerçant des responsabilités réelles. Toutefois, un nouveau paradoxe est apparu qui risque d’être un traquenard. Devant la pénurie des prêtres, nombre de laïcs sont devenus des substituts du prêtre, des remplaçants qui donnent l’impression que l’on peut s’en passer.

On voit des laïcs aumôniers d’hôpital, de collèges, des paroissiens en aube présider les enterrements, des fidèles porter la communion, des diacres prêcher et baptiser. Tout cela est bien mais ne retourne-t-on pas à une situation inversée : les prêtres deviennent les auxiliaires des laïcs ? Le prêtre est relégué essentiellement à son rôle d’homme du culte, il n’a qu’à prononcer : « ceci est mon corps, ceci est mon sang ». Certes, il demeure le célébrant du sacrement de la réconciliation, mais comme les chrétiens ne se confessent plus beaucoup, ce n’est pas cela qui le surmène. Il demeure aussi pasteur, sacrement d’unité de la communauté, celui qui oriente la pastorale et en discerne les enjeux. Encore faut-il qu’il n’y ait pas trop de rivalités de pouvoir entre prêtres, laïcs et religieuses. Resteraient des questions délicates à évoquer : comment les prêtres sont-ils traités par leurs fidèles et leur hiérarchie’ ? Face à la modernité, ne faudrait-il pas spécifier encore plus la place et le rôle du prêtre dans l’Église ?

Qu’est-ce qu’un prêtre ? Quelle est sa mission spécifique ? On demande tout aux prêtres. Qui leur demande de progresser dans la vie spirituelle ? Qui leur demande Dieu ? Qui ose leur dire « j’ai soif de Dieu » ? Qui, à l’instar de la femme de Samarie, leur demande une gorgée d’eau vive ? Le Carême, ce peut être un temps privilégié de réflexion - car il est temps - que les chrétiens se prononcent eux-mêmes sur ce qu’ils attendent du prêtre car l’appel de Dieu ne se réduit pas à une invitation personnelle « viens, suis-moi », c’est aussi le peuple lie Dieu dans son ensemble qui appelle. Viens, suis-nous...

 

Père Pierre Talec, 64 regards sur Jésus, Editions Salvator, 2005, 17 €, ISBN 2-7067-0415-2


 

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