Photos et homélie de l'ordination diaconale de Charles Troesch

Publié le par Diocèse de Gap et d'Embrun

Voici l'homélie de Mgr Jean-Michel di Falco Léandri ainsi que quelques photos de l'ordination diaconale, dimanche 22 février 2009, en l'église Saint-Roch.



Devant l'évêque et l'assemblée, Charles s'engage au célibat


Prostration durant la litanie des saints


La famille entoure Charles pendant la prostration


Pendant la prière consécratoire


Le jeune ordonné, revêtu de la dalmatique



Charles prête obéissance à l'évêque et à ses successeurs


A la sortie de la messe


Sur le parvis de l'église


Photo de famille !


Homélie de Mgr Jean-Michel di Falco Léandri

S’il est des moments ou un évêque se sent pleinement évêque, c’est bien lors de la célébration d’une ordination. C’est là qu’il éprouve le plus intensément la dimension paternelle de sa mission. L’évêque, comme le prêtre, renonce à la paternité charnelle, et Dieu lui offre le bonheur de nombreuses paternités spirituelles.
En fait, c’est dans le creuset de nos renoncements que Dieu vient loger l’abondance de ses bienfaits.
L’évêque est totalement père quand Dieu lui confie ses fils pour qu’ils deviennent les serviteurs de son Fils, de son  Eglise et de son Peuple. Alors, Merci, Charles, de me donner ce soir la joie de t’imposer les mains. Ce geste, qui pourrait paraître banal, est pourtant celui qui, depuis le Christ jusqu’à toi, Charles, telle une chaîne ininterrompue, a consacré au cours des siècles évêques,  prêtres et diacres « pour la gloire de Dieu et le salut du monde ».
Celles et ceux qui sont ici, ce soir, présents dans cette église sont venus pour toi. Ils ignorent en fait que c’est le Christ qui leur a fixé ce rendez-vous par ton intermédiaire. Ainsi commence ton ministère diaconal : « préparer les chemins du Seigneur ». Tes formateurs, les prêtres, diacres, religieux et religieuses  du diocèse, ta famille, tes amis et de nombreux fidèles laïcs t’accompagnent dans ton choix de mettre tes pas dans ceux du Christ. A cette occasion, le Seigneur viendra peut-être frapper à la porte du cœur de tes amis pour leur adresser un message.
Parmi tes amis, il peut y avoir aussi ceux qui sans oser l’avouer pensent : « Il est un peu fou, ce Charles ! Comment peut-il faire le choix de devenir diacre et un jour prêtre alors que la vie offre tant de plaisirs dont il sera privé ?» Ils n’ont pas tout à fait tort. Tu es un peu fou ! Il faut un petit brin de folie pour s’engager, en ces temps, à la suite du Christ. Cette folie s’appelle la folie d’aimer. Nous l’avons entendu tout à l’heure dans l’Evangile : « Mon commandement le voici : Aimez-vous les uns le autres comme je vous aimés. Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour les autres. »

Le petit Prince de Saint-Exupéry s’extasiait sur la beauté du désert. Il ajoutait : « Ce qui embellit le désert, c’est qu’il cache un puits quelque part. » La vie terrestre est un peu comme la traversée d’un désert. Beaucoup de nos contemporains ne savent pas que ce désert de la vie peut être beau, car ils ignorent que se cache quelque part une source merveilleuse : l’Amour. Tous les êtres humains en sont assoiffés, mais ils ne savent pas où la trouver. Alors il leur arrive de se précipiter sur des amours sans lendemain. Finalement, ils restent sur leur soif.
La parole de Dieu proclamée en ce jour nous indique la direction de l’Eau vive, l’amour vrai. En une seule parole, il donne la réponse à notre quête : « Comme le Père m’a aimé, moi aussi je vous ai aimés. » Ainsi l’homme peut trouver un remède à sa soif ardente. Jésus affirme qu’il existe une Source inépuisable, une Source qui ne s’use que si l’on ne s’en sert pas : nous aimer comme lui nous a aimés.
Oui, cette source existe, captée dans cet immense château d’eau qu’est l’humanité du Christ, du Verbe incarné. Encore faut-il que les branchements soient opérés pour que le monde soit irrigué par cette Eau vive et jaillissante. Voilà  une autre dimension de la mission du diacre et du prêtre.
Au cours de la célébration deux mots vont retentir, faut-il le reconnaître, ils n’ont pas bonne presse :           « Célibat et obéissance »
Célibat. Charles, tu exerceras ton ministère dans le célibat. Poussé par ton amour pour le Christ et vivant cet état avec un total dévouement, tu seras plus facilement attaché au Christ d’un cœur sans partage. Tu te donneras plus librement au service de Dieu et des autres, et tu seras plus disponible pour apporter ta contribution à l’édification de la « civilisation de l’amour et de la justice » si chère à notre  bien-aimé Pape Jean-Paul II.
S’engager dans le célibat, c’est aussi témoigner qu’il y a plusieurs façons d’aimer : celle qui se réalise dans le mariage et dans la fondation d’une famille, et celle qui se réalise dans le célibat comme serviteur de la famille de Dieu. Le choix du célibat ne s’appuie donc pas sur un « non » à l’amour humain, mais sur un « oui » à l’amour divin.
Obéissance ? Dans quelques instants, Charles, tu vas promettre obéissance à ton évêque et à ses successeurs. Ne te méprends pas, il ne s’agit pas d’une obéissance servile, d’une fausse soumission qui ne pourrait qu’engendrer l’hypocrisie, d’une obéissance qui consisterait à devenir l’exécutant des caprices d’un évêque qui, privé de tous conseils, gouvernerait seul son diocèse à la manière d’un dictateur. Nous ne sommes plus au temps de saint Ignace qui dans la treizième règle du sentire cum Ecclesia, tirée de ses fameux Exercices, déclare : « Pour ne nous écarter en rien de la vérité, nous devons toujours être disposés à croire que ce qui nous paraît blanc est noir, si l'Église hiérarchique le décide ainsi. » Pour que l'obéissance soit porteuse de vie et en favorise l'unité, un dialogue confiant est nécessaire entre les diacres, les prêtres et l'évêque ou ses proches collaborateurs.
Promettre obéissance, c’est accepter de placer sa confiance en son évêque, quelles que soient les faiblesses de celui-ci, et de croire en la confiance qu’il a pour ses prêtres. C’est reconnaître et accepter la responsabilité des  collaborateurs de l’évêque. C’est la volonté de coopérer, aux côtés de l’évêque, avec tous les membres du corps sacerdotal. C’est savoir se mettre à l’écoute des anciens tout en apportant le regard neuf, le dynamisme et le désir d’entreprendre de la jeunesse. L’obéissance se réalise aussi dans la manière d’accueillir la mission que seul l’évêque, au nom de l’Eglise, confie aux diacres et aux prêtres. Les diacres, comme les prêtres et les évêques ne se donnent pas leur mission, ils la reçoivent. Vivre l’obéissance, c’est consentir d’aller servir là où l’évêque envoie en fonction des nécessités pastorales. Vivre l’obéissance, ce n’est pas se positionner en donneur de leçon, en arrivant, nouveau dans un presbyterium, avec un plan de carrière, bardé des certitudes  d’un grand réformateur et restaurateur de l’Eglise. C’est aussi éviter le piège de l’orgueil, celui  d’une conception de l’exercice du ministère qui consiste à faire sa petite Eglise à soi, en rupture avec l’Eglise diocésaine, une Eglise dans l’Eglise, autrement dit attirer vers sa propre personne ce qui est destiné au Christ. C’est éviter le piège de se comporter tel un gourou. Un autre piège nous guette : celui de la nostalgie de raviver un passé révolu avec l’illusion de répondre ainsi aux ententes actuelles de nos contemporains.
Tu le vois, mon cher Charles, les pièges que tu devras éviter sont nombreux, mais avance avec confiance ! Le Christ est là pour te guider, ainsi que tes frères et sœurs dans la foi.

Chers frères et sœurs, c’est à vous que je voudrais m’adresser maintenant. L’un de vos proches ou de vos amis va être admis à l’ordre du diaconat. Je voudrais vous rappeler à quel degré du ministère il va accéder.


Ayant reçu le don de l’Esprit Saint qui le fortifie, le diacre apportera de l’aide à l’évêque et à son presbyterium, dans le ministère de la Parole de Dieu, de l’autel et de la charité, en se montrant le serviteur de tous. Il proclamera l’Evangile, il préparera le Sacrifice eucharistique. Il lui reviendra, selon la mission reçue de l’évêque, d’instruire les croyants dans la foi, de présider aux prières, d’administrer le baptême, d’assister au mariage et de le bénir, d’apporter la communion aux malades et aux mourants, et de présider les funérailles. Consacré par l’imposition des mains transmise depuis les Apôtres, il s’acquittera, au nom de son évêque ou de son curé, du ministère de la charité.
Vocation vient du mot latin « vocare » c'est-à-dire appeler. Je crois profondément que Dieu continue à appeler. Dans ce cas il ne s’agit pas d’une crise des « vocations » mais d’une crise des « réponses » à l’appel. Alors une question : L’appel parvient-il jusqu’à ceux qui sont susceptibles d’y répondre ? C’est au cœur de nos communautés chrétiennes que doit retentir l’appel de Dieu. Et nous, prêtres, de quelle manière sommes nous les relais de cet appel : pas seulement par ce que nous disons mais surtout par ce que nous sommes.
Vous les jeunes qui êtes ici présents ce soir écoutez, écoutez la voix du Seigneur qui peut-être s’adresse à vous pour vous inviter à le suivre à l’exemple de Charles. Ne répondez pas trop vite négativement mais laissez grandir en vous cet appel.
Et toi, Charles, mon fils très cher, qui va être admis à l’ordre du diaconat, le Seigneur a donné l’exemple pour que tu agisses comme il a lui-même agi.
Quand tu seras diacre, c'est-à-dire serviteur de Jésus-Christ qui s’est montré serviteur au milieu de ses disciples, accomplis de tout cœur et dans l’amour la volonté de Dieu, servant avec joie en même temps le Seigneur et les hommes. Alors, lorsque tu te présenteras devant le Seigneur au dernier Jour, tu pourras l’entendre te dire : « Très bien, serviteur bon et fidèle, entre dans la joie de ton Maître ! »


                                               + Jean-Michel di FALCO LEANDRI
                                                 Evêque de GAP et d’EMBRUN


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Terras 06/05/2011 15:11



Bonjour je suis venue sur ce site pour revoir l'ordination du pére Sébastin Dubois et Hubert Feron, je suis déçue de ne pas l'avoir trouvé.


Cordialement Muriel



CHARLES BESSONNET 24/02/2009 09:55

Sincères félicitations au nouveau diacre et à son père éveque. Grande union de prière.Un vieux "Charles" qui est diacre depuis 63 ans et pretre depuis 62 ans.