Dimanche : ordination diaconale en vue du sacerdoce

Publié le par Diocèse de Gap et d'Embrun

 

Mgr Jean-Michel di Falco Léandri ordonnera Charles Troesch diacre en vue du sacerdoce le dimanche 22 février à 15h30 en l’église Saint-Roch de Gap.

  

L'église Saint-Roch à Gap


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Monseigneur, depuis quand le diocèse n'a-t-il pas connu d'ordination diaconale en vue du sacerdoce ?

 

Les dernières ordinations diaconales en vue du sacerdoce ont été célébrées par mon prédécesseur Mgr Georges Lagrange le 3 juin 2001. Il s’agissait de celles du Père Sébastien Dubois, curé actuel de Veynes, et d’Hubert Féron qui a quitté le diocèse.

 

Que représente cet événement alors qu'il est souvent question de « crise des vocations » ?

 

Vocation vient du mot latin « vocare » c'est-à-dire appeler. Je crois profondément que Dieu continue à appeler. Dans ce cas il ne s’agit pas d’une crise des « vocations » mais d’une crise des « réponses » à l’appel. Alors une question : L’appel parvient-il jusqu’à ceux qui sont susceptibles d’y répondre ? C’est au cœur de nos communautés chrétiennes que doit retentir l’appel de Dieu. Et nous, prêtres, de quelle manière sommes nous les relais de cet appel : pas seulement par ce que nous disons mais surtout par ce que nous sommes ? Je dis souvent avec humour que si je suis moi-même prêtre aujourd’hui c’est par jalousie. J’ai voulu savoir quel était le secret du bonheur du jeune prêtre de ma paroisse à Marseille. J’ai découvert que c’était son amour pour le Christ. J’ai voulu être comme lui.

Il y a actuellement deux jeunes en formation en vue du sacerdoce pour le diocèse de Gap et d’Embrun. L’un à Rome, l’autre à Rennes. C’est peu. En même temps c’est beaucoup, car c’est signe que le Christ peut toujours chambouler des vies.
 

Ordination de Hugues Chardonnet, diacre permanent, en 2006 à Briançon

 

 

Des ordinations de diacres permanents ont eu lieu récemment dans le diocèse. Pouvez-vous rappeler leur mission ?

 

Ni super-laïcs, ni sous-prêtres, les diacres permanents ont une fonction particulière dans l’Eglise : être des « veilleurs », à côté de l’évêque et des prêtres, être les signes d’une Eglise qui sert et se veut accueillante à tous.

La plupart d’entre eux sont mariés. Leur première vocation a été la fondation d’un couple et d’une famille. La vie conjugale et familiale du diacre est un lieu de maturation et d’expérience humaine, qui doit nourrir son ministère.

 

Beaucoup de diacres exercent une activité professionnelle. Leur métier est aussi le lieu où ils peuvent donner un témoignage spécifique et manifester leur proximité avec les autres dans la vie quotidienne. Le service d’Eglise des diacres prend des formes très variées. Cependant, on les rencontre souvent auprès des pauvres, des malades, des prisonniers, des gens « du seuil ». Ils sont aussi très présents au monde du travail et à la vie de la Cité. Ils aident l’Eglise à se manifester comme la servante de l’humanité.

 

Dans les célébrations, à la différence des prêtres, ils portent leur étole (genre de grande écharpe) en diagonale. Ils sont ordonnés pour aider l’évêque et les prêtres dans le service de la Parole, des sacrements et de la charité.

Par leur parole, leur présence et leur action, ils aident la communauté chrétienne à avoir souci des plus pauvres ou de ceux qui sont aux marges de l’Eglise. Les diacres reçoivent la charge d’annoncer la Parole de Dieu. C’est pourquoi, dans la célébration de l’Eucharistie, ils lisent l’Evangile et peuvent aussi assurer l’homélie. Ils célèbrent eux-mêmes le baptême ou le mariage. Lors de la messe, leur présence à l’autel signifie le lien entre l’Eucharistie et le service de tout homme.

 

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Charles Troesch

 

 

Charles, vous allez être ordonné dimanche. Comment est née votre vocation ? Comment s'est-elle développée ?


C’est assez jeune que j’ai ressenti l’appel du Seigneur. J’ai pu cheminer sur la route du Sacerdoce grâce à une paroisse dynamique constitué d’un groupe important d’enfants de chœur. Le service de l’autel est un foyer de vocation, j’en suis certain. Le scoutisme (comme scout et comme chef de louveteaux) m’a permis aussi de découvrir le partage et la vie en communauté. J’y ai appris le sens du service et de la prière. Ma vocation a été nourrie surtout par le contact de prêtres qui ont été de grandes figures pour moi. Les JMJ à Rome en 2000 ont aussi été un moment marquant pour ma vie spirituelle : pour la messe de clôture, on était 2.500.000 jeunes !

 

Dans notre diocèse, plusieurs diacres ont été ordonnés ces dernières années, mais aucun en vue de sacerdoce. Cela ne vous fait donc pas peur de devenir prêtre dans une Eglise ayant de moins en moins de prêtres ?

 

Il y a de plus en plus de prêtre dans le monde. C’est en Europe occidentale où le nombre diminue, comme celui des mariages et des naissances. Je ne vois pas pourquoi je devrais avoir peur car l’Eglise n’est pas limitée à une frontière, elle est universelle (c’est le sens du mot « catholique »). Nous voyons depuis peu dans notre diocèse arriver des prêtres venu d’autres pays (Madagascar, Pologne, Cameroun) pour exercer leur ministère ici, et c’est une chance pour nous. Un des premiers évêques d’Embrun était d’ailleurs Tunisien. Aussi, il y a plus de 120 séminaristes pour la région PACA. Même si la dernière ordination sacerdotale pour notre diocèse remonte à 2002, il faut garder l’espérance. Par la prière on obtient tout. Il faut prier pour les vocations sacerdotales. Jean Paul II l’a souvent rappelé, les vocations sacerdotales dépendent de la prière des fidèles (cf. Pastores dabo vobis).

 

La question de Dieu est toujours aussi présente aujourd'hui qu'hier. Comment pensez-vous œuvrer à la Nouvelle Evangélisation ?

La meilleure façon d’œuvrer à la Nouvelle Evangélisation, c’est de réaliser la mission que j’aurai reçue de mon évêque. Quelle que soit cette mission, si elle est vécue dans l'Eglise, et pour l'Evangile, elle portera du fruit. Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus, cloîtrée au Carmel de Lisieux a été déclarée Patronne des Missions. Elle qui n’a fait que prier, qui n’est jamais sortie de son couvent et qui est morte à 24 ans, c’est elle qui est patronne des missions et non un missionnaire qui à évangélisé à la sueur de son front. Alors grâce à la prière, j’essayerai de réaliser pour le mieux la mission que j’aurai reçue.


 

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