Prêtres et laïcs s'échangent les voeux à Notre-Dame du Laus

Publié le par Diocèse de Gap et d'Embrun

Depuis quatre ans, à l'occasion des voeux du Nouvel An, Mgr Jean-Michel di Falco Léandri invite les prêtres, les diacres ainsi que les responsables laïcs des Services diocésains et des mouvements.

Les prêtres et diacres du diocèse entourent l'évêque pendant la prière eucharistique

Le vendredi 9 janvier 2009, prêtres, diacres et responsables laïcs des services diocésains se sont retrouvés  au Sanctuaire Notre-Dame du Laus.
L’eucharistie et le repas ont été précédés d’un temps d’échange durant lequel les responsables des services et mouvements ont présenté leur programme pour l'année à venir.
Après cette présentation,
les Pères Waldemar Patulski de Pologne, Nestor Bebissekeye du Cameroun, Jean-Marie Rakotosolofo et Albert Rabearison de Madagascar, ont parlé de leurs pays.

Lors de la
célébration de la messe autour de l'évêque, ces quatre prêtres ont commenté la Parole de DIeu dans une "homélie à quatre voix."

Enfin, une centaine de personnes se sont retrouvées à l'hôtellerie du sanctuaire pour partager le déjeuner.
























Pendant le déjeuner, dans la grande salle à manger de l'hôtellerie du sanctuaire

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Voici les quatres interventions des prêtres originaires d'autres pays :

Pour écouter en MP3 l'intervention du Père Nestor Bebissekeye sur le Cameroun,
Cliquer ci-dessous :

Pour écouter en MP3 l'intervention du Père Jean-Marie Rakotosolofo sur Madagascar,
Cliquer ci-dessous :
Intervention-Pere-Jean-Marie-Rakotosolofo.mp3 Intervention-Pere-Jean-Marie-Rakotosolofo.mp3

Pour écouter en MP3 l'intervention du Père Albert Rabearison sur Madagascar,
Cliquer ci-dessous :
Intervention-Pere-Albert-Rabearison.mp3 Intervention-Pere-Albert-Rabearison.mp3

Pour écouter en MP3 l'intervention du Père Waldemar Patulski sur la Pologne,
Cliquer ci-dessous :
Intervention-Pere-Waldemar-Patulski.MP3 Intervention-Pere-Waldemar-Patulski.MP3

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Lecture de l'Evangile par l'abbé Renaud de Dona-Fredeveille,
diacre et aumônier militaire au 4° régiment de Chasseurs de Gap


Evangile de Jésus-Christ selon Saint Luc



Jésus était dans une ville quand survint un homme couvert de lèpre ;
celui-ci, en voyant Jésus, tomba la face contre terre et lui demanda :
« Seigneur, si tu le veux, tu peux me purifier. »
Jésus étendit la main, le toucha et lui dit :
« Je le veux, sois purifié. » A l'instant même, sa lèpre le quitta.
Alors Jésus lui ordonna de ne le dire à personne :
« Va plutôt te montrer au prêtre et donne pour ta purification ce queMoïse a prescrit ;
ta guérison sera pour les gens un témoignage. »

On parlait de lui de plus en plus.
De grandes foules accouraient pour l'entendre et se faire guérir de leurs maladies.
Mais lui se retirait dans les endroits déserts, et il priait.
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Les homélies des Pères Nestor Bebissekeye, Jean-Marie Rakotosolofo,
 Albert Rabearison et Waldemar Patulski. 




Homélie du Père Nestor Bebissekeye


Jésus et l'homme atteint de la lèpre ou Jésus face à l'exclusion (Lc 5,12-16).

Contrairement à certains passages des Evangiles dans lesquels des lieux sont précisés, des personnes nommées, ici rien de tel. Luc parle d'une ville et d'un homme atteint de la lèpre. Il pourrait donc s'agir de n'importe quelle ville, quel homme miné par la maladie qui a ici un nom ou un visage, à savoir la lèpre.

Comme les autres maladies et pathologies, la lèpre est une des réalités toujours présentes dans le monde des hommes qu'il faut considérer avec toute son épaisseur historique, ainsi que la guérison qui s'en suit en tant que libération signifiée et célébrée. Dès qu'il est question de guérison opérée par Jésus, il est aussi question de ceux qui souffrent dans leur corps d'une part, d'autre part du rapport que Jésus entretient avec eux, d'autant plus qu'Il proclame que chaque homme souffrant ayant besoin de compassion et de l'aide, c'est Lui, comme si Lui-même était ce malheureux. Donc en chaque malade, le Christ est présent. Du coup, Il ne vient pas à nous tout seul mais avec tous les malades du monde entier, de tous les continents. Il accueille toutes les misères des hommes.

Dès lors, il ne faut pas superbement, soit enjamber, soit survoler la densité humaine de ce symbole et vouloir coûte que coûte et tout de suite rejoindre une réalité spirituelle. En d'autres termes, il s'agit d'abord de prendre en compte le sens matériel de la maladie, ici la lèpre avec ses principales caractéristiques telles que la souffrance, la mutilation et l'exclusion, voire le rejet. Ce qui rejoint fort justement Jésus lui-même : n'a-t-Il pas été rejeté et pendu au bois du supplice ?

Nous n'avons pas le droit de restreindre l'ampleur admirable du symbole essentiel de la foi en le réduisant soit à un acte de dévotion, soit à une pratique cultuelle d'autant plus réussie qu'elle sera davantage centrée sur un renouvellement intérieur ou bien sur une spiritualisation pure. Au contraire, c'est toute la totalité de la vie spirituelle et corporelle présente et à venir qui est concernée.

“Faites cela en mémoire de Moi”. Chaque geste (fait) de Jésus est un mémorial pour tout chrétien, pour l'Eglise. Il s'agit donc de refaire ce geste  de guérison jusqu'à ce qu'Il vienne. La pratique sans ombre, ni honte, de la solidarité réelle avec et en faveur des pauvres, des malades en général des lépreux et des exclus en particulier, conditionne la vérité même de la foi et de notre foi aujourd'hui.

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Homélie du Père Jean-Marie Rakotosolofo


Le Seigneur a besoin de nous pour nous sauver, pour notre salut !

« Seigneur, si tu le veux, tu peux me purifier… Je le veux, sois purifié ». A partir de ce petit mot de l’Evangile de ce jour, je voudrais partager avec vous ma conviction et mon témoignage de foi de chrétien que je suis. « Un chrétien vous parle ».

Dans cet Evangile, il y a une opération qui s’est bien réalisée, «  la guérison d’un lépreux », c’est un miracle. Selon ma conception, cette opération a été faite grâce, tout b’abord, aux deux volontés : la volonté du malade et celle du Christ, et puis à l’initiative du malade et au pouvoir du Christ, Maître de toute chose. Les deux volontés se rencontrent et le pouvoir agit, l’opération se réalise !

J’avoue que cet évangile m’intrigue ! Cela me déconcerte même dans la mesure où, si nous remarquons bien, il y a plein de paradoxes dans la Bible. D’un  coté, on nous dit que le salut de Dieu ne dépend pas de nos mérites, c’est toujours Dieu qui fait le premier pas, c’est un don, donc c’est gratuit ! De l’autre, ce n’est pas faux non plus d’affirmer que Dieu a besoin de nous, Il a besoin de notre initiative et de notre démarche !Un proverbe malgache dit : «  Le Dieu Créateur ne veille pas sur celui qui dort », c’est-à-dire sur celui qui ne travaille pas !

Ici, selon cet évangile, l’opération a été faite grâce aux deux volontés, aux deux initiatives. Le malade demande et exprime à Jésus son désir d’être purifié, guéri. Ce n’est pas seulement grâce à la volonté et au pouvoir de Jésus. C’est cela qui m’intrigue ! Il y en a qui affirment  bien que tout a bien été fait, tout est fini, le salut est déjà là car le Christ disait :  « Tout est achevé ». Que faire, alors ?

Je vous raconte un événement marquant à Madagascar. Ceci s’est passé en 2002. Il y avait une grève générale pendant plusieurs mois. C’était le départ de l’ancien président, qui était là depuis plus d’une vingtaine d’années,  et l’arrivée du nouveau. L’ancien ne voulait pas partir et le nouveau voulait s’investir !

Selon la réalité, il y a un dénominateur commun, pour le peuple : quoi qu’il arrive, on a besoin de changement de président ! Tout le monde s’y mettait, même l’Eglise, en tant que « Mère éducatrice et enseignante », selon Vatican II, s’est engagée aussi pour aider le peuple. Les deux candidats faisaient, chacun, leur campagne électorale dans des ambiances troublantes. En tant que chrétien et en voyant l’Eglise engagée, le nouveau candidat, pendant sa campagne, a profité de cette situation en choisissant un verset de la parole de Dieu, comme slogan : «  Croyez seulement » !

Ce slogan, on l’a fait entrer dans la tête des gens ! Partout, on en parle ! Tout le monde se disait : «  voilà celui qui va nous sauver, et celui qui va faire quelques chose pour le pays… » Alors que l’ancien président a encore été élu, mais avec des fraudes ! Face à cette situation, le nouveau n’acceptait plus le deuxième tour en affirmant que ce n’était pas normal ! La grève continue tout en vérifiant les scrutins. Le matraquage « Croyez seulement » s’amplifie encore et toujours !

Finalement, à force de croire et malgré tout, le nouveau arrive au pouvoir ! On était très content ! Il continue toujours à répéter son slogan « croyez seulement » et il ajoutait quand même, « travailler ensemble » ! Tout le monde a cru ! Mais, on a cru seulement, sans faire quelque chose, pour ne pas dire sans avoir rien fait après l’élection, car on a cru en lui ! On attendait tout de lui ! Quelques années plus tard, croyez-moi, il y en avait beaucoup qui se trouvèrent dans la pauvreté et dans la misère même !

C’est vrai qu’il a fait beaucoup de chose au début, il y avait pas mal de choses à mettre en place, mais le peuple devient de plus en plus pauvre ! Le peuple qui a cru en lui ne trouve plus quoi avaler ! Pourquoi ? Peut-être, on a oublié l’enseignement de Saint Jacques, chap. 2,  sur la foi et les œuvres (actes) : si la foi n’a pas les œuvres, elle est tout a fait morte. On a oublié de mixer les deux pour que l’opération s’effectue !

On a oublié que, je pense, pour nous sauver, Dieu a besoin de nous, de notre volonté, de nos désirs, de notre consentement et pas seulement de notre foi. Un Père de l’Eglise nous disait que Dieu, qui nous a créés sans avoir demandé notre avis, ne nous sauvera sans nous !

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Homélie du Père Albert Rabearison


La lèpre ! C'est une maladie qui existe encore à notre époque. A Madagascar, il y a deux grands centres pour recevoir et soigner les lépreux. Un de ces centres se trouve dans notre diocèse. Personnellement, j'ai déjà eu l'occasion de le visiter. Je trouve que les lépreux sont des gens qui souffrent physiquement et moralement. Ils sont exclus de la communauté des hommes, de la famille. Ils doivent habiter dans ces hôpitaux ou séjourner à l'extérieur des villages. Ils sont obligés à vivre cet isolement social. Détresse physique, solitude morale, abandon par la société, la famille : toute la misère du monde dans la vie d'un même homme !

Voilà un lépreux prosterné devant Jésus et la foi est déjà incluse dans la demande qu'il lui adresse : “Seigneur, si tu le veux, Tu peux me guérir !” Il ne dit pas : “Si Tu peux”, mais bien : “si Tu veux, Tu peux faire pour moi ce que déjà Tu as fait pour tant d'autres ! Tu as le pouvoir sur le malheur et le mal ; il te suffit de vouloir et ma lèpre s'en ira tout  de suite pour toujours.”

L'homme est pressé, décidé, insistant. Il a porté son mal depuis des années, mais maintenant il ne peut plus se résigner puisque Jésus est là, le Tout-Puissant est présent.

A cette foi impatiente du lépreux, Jésus répond immédiatement. Il étend la main : Il veut toucher l'intouchable, abolir toute distance et faire sauter tous les tabous ; Il veut que l'homme sente une main fraternelle posée sur lui. Alors seulement le lépreux entend ces mots, qu'il avait lui-même soufflé à Jésus : “Je le veux, sois purifié !”, et la parole de Jésus accomplit ce que son geste déjà signifiait : l'homme est guéri au contact du Sauveur.

Mes frères et soeurs, la parole de Jésus sauve et recrée, elle n'a rien perdu de sa puissance. Une des caractéristiques de la culture malgache est la fonction fondamentale de la parole. L'importance donnée à la parole est qu'elle est devenue pour l'homme, le moyen d'entrer en relation avec le divin et de participer à son action créatrice. En effet, la parole est l'expression par excellence de la force de l'être dans sa plénitude. Elle possède une vertu magique et réalise la loi de participation. A Madagascar, on compte beaucoup sur la parole et sur sa force créatrice dans chaque action de l'homme et dans son mouvement dans la nature. Cette importance de la parole est basée sur trois motifs :
− Le fait que la parole renvoie à Dieu, elle a son origine en Dieu ;
− Le fait que l'homme participe au moyen de la force créatrice divine en tant que créature privilégiée par excellence ;
− Le fait que la parole a une familiarité avec le monde matériel.

La distinction entre notre parole et celle de Dieu reste dans ceci : que Dieu quand Il dit une chose, l'achève en même temps, l'achève pour le fait même qu'Il l'a dit. Quand Il annonce un dessein  du salut, suscite un chemin de l'histoire pour le réaliser et le porter à l'accomplissement. La Parole de Dieu est action et ses oeuvres sont une Parole. Inscrite dans l'humanité, la Parole suscite le chemin de l'histoire, et l'a fait avancer dans un mode graduel jusqu'à son accomplissement : l'incarnation de la Parole. C'est l'histoire sainte parce qu'elle est tissée dans les oeuvres de Dieu. Elle n'est pas pourtant indépendante de l'homme : l'efficacité de la Parole ne détruit pas la liberté d'une réponse, mais plutôt la crée. Tout à fait parce que la Parole donne à l'homme le pouvoir de répondre à Dieu et c'est l'histoire du salut : elle naît dans la rencontre de l'homme avec la Parole créatrice de Dieu. Et cette Parole n'est autre que le Fils de Dieu fait homme et qui habite parmi nous.

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Homélie du Père Waldemar Patulski

Jésus était dans une ville quand survint un homme couvert de lèpre ; celui-ci, en voyant Jésus, tomba la face contre terre et lui demanda : « Seigneur, si tu le veux, tu peux me purifier ». 

Miséricorde de Dieu. Dieu, qui nous donne la santé. La santé du corps et, plus important, de l'âme. Remercions le Seigneur de son infinie miséricorde ! Remercions-Le pour notre baptême, qui nous permet de le voir déjà, grâce aux vertus que ce sacrement met en nous : la foi, l'espérance, et la charité ! La foi demeure, et jusqu'à la fin, elle demeurera notre compagne de tous les jours.

Mais à la fin, il ne restera que l'amour ! Car, au début, l'amour était déjà présent. L'Amour de Dieu, d'abord, cet Amour puissant et irrésistible. Ensuite notre propre amour, cet amour qui n'a pas pu ne pas se fondre dans l'amour de Dieu et qui a été le moteur et l'énergie qui nous a conduit jusqu'au baptême, cet unique baptême dans la mort du Christ !

"Sous les yeux de ses disciples, écrit Saint Jean dans son Évangile, Jésus a fait beaucoup d'autres miracles qui ne sont pas consignés dans ce livre. Ceux-ci l'ont été pour que vous croyiez que Jésus est le Fils de Dieu, et qu'en croyant, vous ayez la vie en son nom."


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Publié dans Actualité

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