Mardi, 4e semaine de l'Avent : L'avenir du christianisme

Publié le par Diocèse de Gap et d'Embrun


« Que sera cet enfant ? » – Luc 1, 57-66

   

Quant à Élisabeth, le temps fut révolu où elle devait enfanter et elle donna naissance à un fils. Ses voisins et ses parents apprirent que le Seigneur avait magné sa miséricorde à son égard, et ils s’en réjouissaient avec elle. Or, le huitième jour, ils vinrent pour circoncire l’enfant et ils voulaient l’appeler Zacharie, du nom de son père. Et prenant la parole, sa mère dit : « Non, mais il s’appellera Jean. » Et on lui dit : « Il n’y a personne de ta parenté qui soit appelé de ce nom. » Et on demandait par signes au père comment il voulait qu’on l’appelle. Ayant demandé une tablette, il écrivit : «Jean est son nom » ; et ils furent tous étonnés. Sa bouche s’ouvrit à l’instant même et sa langue se délia, et il parlait, bénissant Dieu. La crainte s’empara de tous leurs voisins et, dans toute la région montagneuse de Judée, on s’entretenait de toutes ces choses. Et tous ceux qui en entendirent parler les mirent dans leur cœur en disant : « Que sera donc cet enfant ? » Et de fait la main du Seigneur était avec lui.

 

L’avenir du christianisme

 

Zacharie se demande ce que sera son enfant, Jean Baptiste. L’Évangile le désigne comme le plus grand des prophètes, annonçant un autre enfant, Jésus. La place que les évangiles accordent à l’enfant est un fait unique dans l’histoire des religions. Ce n’est pas par hasard si Dieu lui-même a voulu être enfant en Jésus-Christ car l’enfant porte en lui la croissance, l’avenir, l’espérance. Mais surtout, l’enfant personnifie une innocence souvent mise en défaut.

N’est-ce pas le signe que Jésus voulait fonder un christianisme toujours en devenir ? L’enfant de la crèche a grandi et trouvé sa taille adulte dans l’Église. C’est elle, maintenant, signe du corps du Christ, qui porte l’avenir du christianisme. Elle enfante les chrétiens. Cet avenir est assuré grâce au souffle de liberté qui envahit l’Evangile. Aucune prescription légaliste d’aucune sorte, ni alimentaire, ni vestimentaire. Aucune exigence identitaire n’empêche la religion chrétienne de s’adapter à la modernité car, pour le chrétien, reste au centre de la foi cette parole de Paul : « La lettre tue, l’esprit vivifie. »

La fidélité à l’esprit de l’Évangile suppose, certes, des valeurs intangibles mais, pour autant, elle ne peut se figer dans le culte du passé. Dieu vient de l’avenir. La foi a un horizon car le christianisme n’est pas conservateur. Encore faut-il que fidèles et pasteurs progressent sans cesse dans le sens du renouveau. On compare souvent l’Église à la barque de saint Pierre. Une image est davantage dans l’air du temps : l’Église ressemble à ces mobile-homes que l’on voit se déplacer relativement facilement. L’Église doit bouger. Ce qui fait entre autres, le dynamisme du christianisme, c’est de pouvoir le vivre, au sens le plus vrai du psaume, comme un cantique nouveau. C’est le sens de la fête de Noël, appel toujours à renaître, espoir d’un monde neuf.

 

Père Pierre Talec, 64 regards sur Jésus, Editions Salvator, 2005, 17 €, ISBN 2-7067-0415-2

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