Lundi, 4e semaine de l'Avent : Les merveilles de Dieu

Publié le par Diocèse de Gap et d'Embrun

Magnificat Luc 1, 46-56

 

Marie dit ; « Mon âme magnifie le Seigneur, et mon esprit exulte en Dieu mon sauveur, parce qu’il a jeté les yeux sur la bassesse de son esclave. Car voilà que désormais toutes les générations me proclameront bienheureuse ; parce que le Puissant a fait pour moi de grandes choses ; et saint est son nom, et sa miséricorde va de génération en génération sur ceux qui le craignent. Il a déployé la force de son bras, il a dispersé les hommes au cœur orgueilleux. Il a renversé les souverains de leurs trônes et élevé les humbles, il a comblé de biens les affamés et renvoyé les riches les mains vides. Il a secouru Israël, son serviteur, se souvenant de sa miséricorde, – selon qu’il l’avait annoncé à nos pères – en faveur d’Abraham et de sa descendance à jamais ! »

 

Le Seigneur fit des merveilles

 

Pouvez-vous dire sans réserve : « Le Seigneur fit pour moi des merveilles » ? Je ne peux m’empêcher d’avoir le cœur serré quand je vois, à travers le monde, tous ces enfants du Téléthon, corsetés sur leur fauteuil, et tant de maladies cruelles. Sans parler de toutes ces catastrophes qui s’abattent sur la Terre, accablant tant d’innocents. Et pourtant, quand la marée des jours et des jours déferle avec les années, ce qui m’apparaît au grand large de nos destinées, c’est la merveille du don de la vie. Elle n’occulte pas les nuits de la souffrance mais elle ne peut nous faire oublier tant d’amour reçu, donné, partagé. Tant d’heures inoubliables de joie, tant de beauté dans la Création et les créatures, tant de splendeur dans l’art, tant d’émotion dans la musique.

Notre action de grâce passe par le Magnificat de Marie. Elle est Notre-Dame de toute joie et, comme tous les hommes, elle a souffert, c’est pourquoi on l’appelle Notre-Dame des Sept Douleurs. Elle qui a fait son fiat à l’Annonciation, a-t-elle fait aussi son Magnificat à la Crucifixion ? Voir son petit devenu si grand, écartelé sur la Croix. Certes, il y a eu la Résurrection. Est-ce déjà cette lumière qui illuminait son cœur qui lui a fait chanter cette utopie du cantique d’Anne : « Les puissants renversés de leur trône ; les riches les mains vides ; les humbles élevés. » Où a-t-elle vu cela ? Où, après vingt siècles, voit-on cette promesse réalisée ? C’est là une projection de l’espérance dans l’avenir. Marie, Notre-Dame de l’Espérance. Paul Claudel l’a magnifiquement chantée dans La Vierge à Midi :

La femme dans la grâce enfin restituée. La créature dans son bonheur premier, dans son épanouissement final, telle qu’elle est sortie de Dieu au matin de sa splendeur originale.

 

Père Pierre Talec, 64 regards sur Jésus, Editions Salvator, 2005, 17 €, ISBN 2-7067-0415-2

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