Mercredi, 3e semaine de l'Avent : l'ADN de Jésus

Publié le par Diocèse de Gap et d'Embrun

La généalogie de Jésus – Mt 1, 1-17 (extraits)

 

Abraham engendra Isaac ; Isaac engendra Jacob ; Jacob engendra Juda et ses frères ; Juda engendra Pharès et Zara, de Tamar... Salmon engendra Booz, de Rahab ; Booz engendra Jobed, de Ruth ; Jobed engendra Jessé ; Jessé engendra le roi David... Après la déportation de Babylone... Matthan engendra Jacob ; Jacob engendra Joseph, l’époux de Marie, de laquelle naquit Jésus, appelé Christ.

 

Sauvés et pécheurs

 

Que tirer de cette généalogie de Jésus, dont la lecture est un peu fastidieuse il faut bien l’avouer ? Elle est essentielle, pourtant, car elle nous rappelle que Jésus n’est pas tombé du ciel comme une météorite. Les racines de son humanité plongent, comme les nôtres, dans un peuple, une histoire, une famille. Jésus a eu sa génétique, son ADN, son hérédité. Jésus, de ce point de vue, est donc en même temps un homme comme nous, et par son origine divine un homme différent de nous.

Envoyé par le Père, préservé de ce qui conditionne l’humanité, il a voulu non seulement la sauver, mais être solidaire du péché. Ainsi, dans cette généalogie, se trouvent Thamar suspecte d’inceste et Rahab, prostituée, alors que lui-même, Jésus, est né de Marie Immaculée. De même, il est de la lignée de David, adultère avec Bethsabée, et Salomon, homme à femmes, de surcroît idolâtre. Alors que lui, Jésus, est né Fils de Dieu, sans tache, et sauveur de nos péchés.

L’Avent nous invite à réaliser ce que nous proclamons au début de chaque Eucharistie : « Reconnaissons que nous sommes pécheurs. » Personnellement, je n’ai pas de peine à l’admettre et, en même temps, je demeure perplexe devant ce paradoxe : nous sommes sauvés et demeurons pécheurs. D’autre part, le baptême efface le péché originel et nous demeurons marqués par ses séquelles. On m’objectera l’argument classique de la liberté. Dieu nous propose le Salut mais ne nous l’impose pas. Mais, d’un autre côté, suis-je libre de naître pécheur ? Le mystère ne fait pas disparaître, pour l’homme qui réfléchit, ce qui est énigme. Il nous reste à faire confiance à ce que saint Paul déclare : « Là où le péché abonde, la grâce surabonde. » Noël, c’est le don de cette surabondance de Dieu en nous.

 

Père Pierre Talec, 64 regards sur Jésus, Editions Salvator, 2005, 17 €, ISBN 2-7067-0415-2

Publié dans Actualité

Commenter cet article