Mardi, 3e semaine de l'Avent : La prostitution du coeur

Publié le par Diocèse de Gap et d'Embrun

Miséricorde – Mt 21, 31-32

 

Jésus dit aux grands prêtres et aux anciens du peuple : « En vérité, je vous dis que les publicains et les prostituées vous précèdent dans le Royaume de Dieu. Car Jean est venu vers vous dans un chemin de justice, et vous ne l’avez pas cru ; les publicains et les prostituées l’ont cru. Et vous, voyant cela, vous ne vous êtes pas davantage repentis finalement pour le croire. »

 

La prostitution du cœur

 

« Les prostituées vous précèdent dans le Royaume de Dieu. » Les chefs des prêtres ont très mal pris cette parole provocante. Bien évidemment, Jésus n’approuve pas la prostitution, mais il ne réprouve pas le pécheur. Il choque pour mettre sur la sellette cette vérité qui lui tient à cœur : la prostitution, elle est d’abord dans le cœur. Prostituer est synonyme de substituer. Or, beaucoup mettent à la place des valeurs qui font le sens de la vie, l’argent, les signes extérieurs de la réussite sociale, le pouvoir, le sexe et tant d’autres drogues.

Puisque personne n’est à l’abri de ces tentations, regardons ce qui n’est pas reluisant en nous afin d’être plus indulgent envers les autres. Dieu seul sonde les reins et les cœurs. Personne ne peut juger ce qui se passe dans le cœur de l’homme. Une chose est certaine, ce ne sont pas ceux qui apparaissent comme des pécheurs publics qui aiment le moins Dieu. C’est caricatural de déclarer : le péché est un manque d’amour. C’est au cœur du péché que la ribaude Marie-Madeleine a été déclarée par Jésus lui-même témoin de l’amour.

Jésus est loin de minimiser les péchés de la chair, mais il révèle qu’il n’y a rien de plus grave que certains péchés cachés et le manque de charité. Or, la miséricorde en est le plus beau fleuron. Aimer l’autre de l’amour dont Dieu nous aime.

Si les prostituées peuvent nous précéder dans le Royaume de Dieu, c’est qu’il arrive qu’elles aient plus de cœur que des gens drapés dans leur vertu mais sans cœur. Miséricorde ! Ce mot se décompose en deux parties, misère et cœur. Dieu au cœur de nos misères. Miséricorde. Un mot qui peut paraître désuet. Pour le rajeunir et lui donner toute sa signification, j’aime relire l’Hymne à la Charité de saint Paul. Traduire charité par son équivalent : miséricorde.

« Quand je parlerai en langues, celles des hommes et celles des anges, si je ne vis pas dans la miséricorde, je résonne comme une cymbale retentissante. »

 

Père Pierre Talec, 64 regards sur Jésus, Editions Salvator, 2005, 17 €, ISBN 2-7067-0415-2

 

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