Mercredi, 2e semaine de l'Avent : "Venez à moi !"

Publié le par Diocèse de Gap et d'Embrun

Venez à moi – Mt 11, 28-30

 

En ce temps-là, Jésus prit la parole : « Venez à moi, vous tous qui peinez sous le poids du fardeau, et moi, je vous procurerai le repos. Prenez sur vous mon joug, devenez mes disciples, car je suis doux et humble de cœur, et vous trouverez le repos. Oui, mon joug est facile à porter, et mon fardeau, léger. »

 

Homélie du Pape Benoît XVI,

Messe chrismale 2007

 

L’écrivain russe Léon Tolstoï raconte, dans un court récit, l’histoire d’un souverain sévère qui demanda à ses prêtres et à ses sages de lui montrer Dieu afin qu’il puisse le voir. Les sages ne furent pas en mesure de satisfaire son désir. Alors un pasteur, qui était à peine rentré des champs, se proposa d’assumer la tâche des prêtres et des sages. Le roi apprit de lui que ses yeux n’étaient pas suffisants pour voir Dieu. Alors, il voulut cependant au moins savoir ce que Dieu faisait. « Pour pouvoir répondre à ta question – dit le pasteur au souverain – nous devons échanger nos vêtements ». Avec hésitation, mais toutefois poussé par la curiosité pour l’information attendue, le souverain y consentit ; il remit ses vêtements royaux au pasteur et se fit revêtir du simple habit de l’homme pauvre. Et voilà alors la réponse qu’il entendit : « C’est cela que Dieu fait ». De fait, le Fils de Dieu – vrai Dieu né du vrai Dieu – a abandonné sa splendeur divine : « ... il se dépouilla lui-même, en prenant la condition de serviteur. Devenu semblable aux hommes et reconnu comme un homme à son comportement, il s’est abaissé lui-même... jusqu’à mourir sur une croix » (cf. Ph 2, 6sq). Dieu a accompli – comme le disent les Pères – le sacrum commercium, l’échange saint : il a assumé ce qui était à nous, afin que nous puissions recevoir ce qui était à lui, devenir semblables à Dieu.

Saint Paul, à propos de ce qui se passe lors du baptême, utilise explicitement l’image du vêtement : « En effet, vous tous que le baptême a unis au Christ, vous avez revêtu le Christ » (Gal 3, 27). Voilà ce qui s’accomplit dans le baptême : nous nous revêtons du Christ, Il nous donne ses vêtements et ceux-ci ne sont pas quelque chose d’extérieur. Cela signifie que nous entrons dans une communion existentielle avec Lui, que son être et le nôtre confluent, s’interpénètrent réciproquement. « Ce n’est plus moi qui vit, mais le Christ qui vit en moi » – c’est ainsi que saint Paul décrit l’événement de son baptême dans la Lettre aux Galates (2, 2). Le Christ a revêtu nos vêtements : la douleur et la joie de l’être humain, la faim, la soif, la fatigue, les espérances et les déceptions, la peur de la mort, toutes nos angoisses jusqu’à la mort. Et il nous a donné ses « vêtements ». Ce qu’il expose dans la Lettre aux Galates comme simple « fait » du baptême – le don du nouvel être – Paul nous le présente dans la Lettre aux Ephésiens comme un devoir permanent : « Il s’agit de vous défaire de votre conduite d’autrefois, de l’homme ancien qui est en vous... Adoptez le comportement de l’homme nouveau, créé saint et juste dans la vérité, à l’image de Dieu. Débarrassez-vous donc du mensonge, et dites toute la vérité à votre prochain, parce que nous sommes membres les uns des autres. Si vous êtes en colère ne tombez pas dans le péché... » (Ep 4, 22-26).

[…]

Saint Grégoire de Nazianze s’est demandé une fois pourquoi Dieu avait voulu se faire homme. La partie la plus importante, et pour moi la plus touchante de sa réponse est : « Dieu voulait se rendre compte de ce que signifie pour nous l’obéissance et il voulait tout mesurer sur la base de sa propre souffrance, cette invention de son amour pour nous. De cette façon, Il peut directement connaître en lui-même ce que nous ressentons – combien il nous est demandé, combien d’indulgence nous méritons – en calculant, sur la base de sa souffrance, notre faiblesse » (Discours 30 ; Disc. théol. IV, 6). Nous voudrions parfois dire à Jésus : Seigneur, ton joug n’est pas du tout léger. Il est même terriblement lourd dans ce monde. Mais, ensuite, en Le regardant, Lui qui a tout porté – qui a éprouvé en lui l’obéissance, la faiblesse, la douleur, toute l’obscurité –, toutes nos plaintes se taisent. Son joug est d’aimer avec Lui. Et plus nous L’aimons, plus nous devenons avec Lui des personnes qui aiment, plus son joug apparemment lourd devient léger pour nous.

Prions-le de nous aider à devenir avec Lui des personnes qui aiment, pour ressentir ainsi toujours davantage comme il est beau de porter son joug. Amen.

 

Du site internet www.vatican.va

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