Mardi, 2e semaine de l'Avent : Pour Dieu, rien n'est irrécupérable

Publié le par Diocèse de Gap et d'Embrun

La brebis perdue – Mt 18, 12-14

 

Que vous en semble ? Si un homme a cent brebis et qu’une d’elles vienne à s’égarer, ne laissera-t-il pas les quatre-vingt-dix-neuf sur les montagnes pour aller à la recherche de l’égarée ? Et s’il lui arrive de la trouver, en vérité, je vous dis qu’il s’en réjouit plus que des quatre-vingt-dix-neuf qui ne se sont pas égarées. De même, ce n’est pas la volonté de votre Père qui est dans les cieux que périsse un seul de ces petits.

 

L’agneau de Dieu

 

La parabole de la brebis perdue a un petit air bucolique. Elle ne correspond guère au drame de certains égarés de notre société. Le moins que l’on puisse dire : ils n’ont rien de l’innocence de l’agneau. Il arrive que la brebis perdue soit parfois galeuse, dangereuse. Je pense aux délinquants asociaux, trafiquants, drogués, aux cas pathologiques : violeurs, assassins, pédophiles, etc. À quoi pense ce berger qui, pour récupérer un mouton écervelé, laisse errer tout le troupeau au risque d’être attaqué par les loups. C’est fou ! Il semble que Jésus, invoqué comme l’agneau de Dieu portant les péchés du monde, soit, lui aussi, perdu dans cet univers de violence. À quoi songe-t-il pour ne pas intervenir ? A la folie d’un amour dont on peut espérer qu’il sauve du péché.

La Révélation du Salut universel en Jésus-Christ laisse toujours la porte ouverte à l’espérance. Lui seul peut opérer ce salut, même de l’être le plus dépravé. La parabole de la brebis perdue est indissociable de la parole de Jésus à Zachée : « Je suis venu chercher et sauver ce qui était perdu. » Notez bien l’imparfait. S’il n’y a pas d’exclus pour Dieu, il n’y a pas non plus de reclus à perpétuité dans les geôles de son passé.

Rien pour Dieu n’est irrécupérable. On ne peut cependant nier qu’il y a de quoi être horrifié par certains crimes. Que la pelade des brebis galeuses ne nous cache pas notre propre fragilité et nos lèpres intérieures. Alors, posons, nous aussi, des gestes de miséricorde dans notre entourage le plus familier. C’est un pas que l’Avent nous propose durant cette attente espérante de Noël : « Seigneur, que ta miséricorde vienne... »

 

Père Pierre Talec, 64 regards sur Jésus, Editions Salvator, 2005, 17 €, ISBN 2-7067-0415-2

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