Vendredi, 1ère semaine de l'Avent : Jésus s'en va...

Publié le par Diocèse de Gap et d'Embrun

Les deux aveugles – Mt 9, 27-31

 

Alors que Jésus passait plus loin [d’aucuns traduisent s’en allait], deux aveugles le suivirent, criant et disant : « Aie pitié de nous, Fils de David ! » Quand Jésus fut arrivé à la maison, les aveugles s’avancèrent vers lui et il leur dit : « Croyez-vous que je puis faire cela ? » Ils lui disent : « Oui, Seigneur. » Alors, il leur toucha les yeux en disant : « Selon votre foi qu’il vous soit fait ! » Et leurs yeux s’ouvrirent. Et Jésus les gronda : « Attention ! Que personne ne le sache ! » Mais une fois sortis, ils le divulguèrent dans tout le pays.

 

Jésus s’en va...

 

Jésus s’en va. Cette mention n’est pas une simple transition pour passer d’un récit à un autre. Pas de détail anodin dans les Evangiles. Chaque mot peut faire jaillir une méditation sans cesse renouvelée.

Jésus s’en va. Pour rentrer à la maison, précise l’Évangile. Vraisemblablement, nous sommes à Capharnaüm. Jésus loge chez André et Pierre le temps de ses pérégrinations. Ce mot « maison » a une portée symbolique. Jésus entre en son intérieur pour agir si nous-mêmes nous savons l’accueillir dans notre intérieur. C’est donc dans cette maison que les aveugles ont suivi Jésus pour le rejoindre.

Suivre ! Sans même le savoir, voici ces deux malvoyants devenus disciples. En effet, suivre, c’est le verbe que Jésus emploie lorsqu’il appelle ses disciples. Toutefois, ces deux hommes ne sont pas décidés à lui consacrer leur vie. Ce qu’ils veulent, c’est clair : voir clair. Or, ils ont entendu parler de Jésus comme le fils de David. Ils en déduisent donc : c’est le Messie. Il pourra donc faire des miracles. Ils tentent leur chance et même, ils crient. Ils font confiance à Jésus qui les guérit.

Nous aussi, nous sommes des malvoyants de Dieu. On ne voit pas très clair dans ses mystères. Ne renonçons pas à le chercher comme à tâtons. Profitons de ce temps de l’Avent pour chercher Dieu à la trace. Un peu comme on détecte les empreintes de pattes d’oiseaux sur le sable mouillé de la mer, celles des goélands qui se sont envolés. Et Dieu, ne s’envole-t-il pas de notre vie ?

Jésus s’en va... On peut effectivement avoir l’impression qu’il s’éloigne de nous car la foi, elle aussi, connaît une usure. La prière peut devenir lassante et la relation à Dieu s’en ressentir. Mais les plus exigeants des chrétiens ne s’habituent pas aux questions que leur posent les mystères de la foi. Questions que beaucoup enterrent. Où se cache ce qui nous aveugle au fond de nous-mêmes ? Nous ne voyons pas clair ni en Dieu, ni en nous, mais nous pou­vons toujours crier : « Seigneur, atteins jusqu’à l’aveugle en moi. »

 

Père Pierre Talec, 64 regards sur Jésus, Editions Salvator, 2005, 17 €, ISBN 2-7067-0415-2

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